Daniela Guillén s’apprête à relever un beau défi ce week-end. Après avoir pris la deuxième place du Grand Prix des Pays-Bas à Arnhem ce dimanche, l’Espagnole s’est emparée des commandes du championnat du monde WMX et dispose désormais de six points d’avance sur Kiara Fontanesi avant la grande finale en Australie.
Mais avant de se tourner pleinement vers Darwin, Daniela Guillén va faire un détour par les États-Unis. Les 28 et 29 août prochains, la pilote espagnole disputera pour la première fois une épreuve du championnat féminin américain, à Ironman, dans le cadre de la finale du championnat de Motocross US. Un calendrier particulièrement chargé pour Guillén, qui enchaîne donc les deux championnats avec, au bout, un titre mondial à aller chercher.
Complètement relancé après avoir été longuement abandonné, le championnat féminin aux États-Unis se dispute désormais sur deux manches de 12 minutes et un tour – et en marge de l’outdoor 250 et 450 -, avec un premier débat le vendredi et le second le samedi. Pour l’heure, Lachlan Turner domine les débats en ayant remporté 4 des 5 premières épreuves.
« On sort d’une épreuve intense sur le championnat du monde et participer, une semaine plus tard, à un autre championnat face aux meilleures pilotes américaines signifie sortir un peu de ma zone de confort et devoir m’adapter rapidement à un format et à un style de course différents. »
Pour cette première, Daniela Guillén évoluera sur une 250 GasGas préparée par le Wildcat Race Team, qui l’accueillera au sein de sa structure à Ironman. Le choix de la marque lui permettra de conserver une certaine continuité, elle qui évolue sur GasGas depuis 2023. Cette participation est en outre rendue possible grâce au soutien de KTM et de la Fédération Espagnole (RFME).
Lorenzo Locurcio, propriétaire du Wildcat Race Team: « Chez Wildcat Racing, nous sommes très fiers d’accueillir Daniela Guillén au sein de notre structure pour la finale du championnat américain. Pour nous, c’est une formidable opportunité de travailler aux côtés d’une pilote au talent exceptionnel et au potentiel international évident. Nous sommes déterminés à lui fournir une moto compétitive et toute la structure nécessaire pour qu’elle puisse démontrer son véritable potentiel et évoluer au plus haut niveau. »
Pour Daniela Guillén, l’objectif sera avant tout de profiter de l’expérience et d’en emmagasiner un maximum sur le sol Américain. « Ce seront mes débuts avec le team Wildcat Racing, donc j’ai vraiment hâte de travailler avec eux et de profiter au maximum de cette opportunité. Mon principal objectif est de faire de belles manches, d’apprendre autant que possible et de montrer mon vrai niveau. »
Daniela Guillén s’est envolée pour les USA ce 25 août, accompagnée de Paco Rico, responsable de l’équipe espagnole de motocross au sein de la RFME. Si Ironman constituera une première en championnat AMA pour l’Espagnole, le circuit ne lui est toutefois pas totalement inconnu. Daniela avait découvert les lieux en 2025 à l’occasion de son déplacement aux États-Unis avec l’équipe espagnole – pour le Motocross des Nations.
« Ça peut sembler n’être qu’un petit détail, mais le fait d’y être déjà allée, d’avoir vu le circuit et de le connaître, même si je n’avais fait que marcher autour, est un avantage pour pouvoir m’adapter un peu plus rapidement. »
Paco Rico estime également que cette expérience américaine peut avoir une importance particulière pour la suite de sa carrière. « Aller aux États-Unis pour rouler est l’un des rêves de Daniela. C’est aussi l’occasion de voir à quoi ressemble le championnat là-bas et de mieux évaluer la possibilité d’y évoluer à l’avenir. »
Près de neuf ans après ses débuts américains
Cette nouvelle aventure américaine possède également une dimension particulière dans la carrière de Daniela Guillén. En novembre 2017, alors âgée de seulement 11 ans, l’Espagnole avait disputé ses premières courses sur le sol américain à Gatorback, en Floride. Elle avait alors participé à différentes catégories féminines et masculines, en motocross comme en Supercross. Et pour sa première expérience outre-Atlantique, la jeune Guillén avait marqué les esprits en décrochant la victoire dans les deux catégories auxquelles elle avait pris part.
« Pour moi, c’est très important de revenir aux États-Unis, surtout après autant d’années. En 2017, j’avais vécu une expérience incroyable, avec la pole position et la victoire dans les deux catégories auxquelles j’avais participé. Depuis, j’ai toujours voulu y revenir. »
Près de neuf ans plus tard, le contexte sera évidemment très différent. Daniela Guillén retrouvera les USA avec plusieurs saisons à jouer le titre mondial derrière elle et, surtout, avec le statut de leader du championnat du monde féminin.
« Je reviens aujourd’hui à un moment complètement différent de ma carrière, avec beaucoup plus d’expérience et après plusieurs années à évoluer au plus haut niveau en championnat du monde. Je pense que tout ce que j’ai appris durant cette période va beaucoup m’aider à relever ce nouveau défi. »
Priorité au titre de championne du monde toutefois.
Cette escapade américaine intervient évidemment dans une saison où l’objectif principal reste le championnat du monde WMX.
Après Arnhem, Daniela Guillén a justement pris les commandes du championnat. Deuxième du Grand Prix des Pays-Bas, l’Espagnole compte désormais six points d’avance sur Kiara Fontanesi à l’approche de la finale Australienne. Ironman représentera donc une parenthèse internationale avant de revenir à l’objectif numéro un : décrocher le titre mondial trois semaines plus tard à Darwin.
Notons que Daniela n’est pas la première pilote du mondial féminin à traverser l’Atlantique cette année, puisque la double championne du monde WMX en titre Lotte Van Drunen avait participé aux rounds de Thunder Valley et High Point.
















