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Eli Tomac “je me demandais si mon retour en piste en valait finalement la peine”

Images: Align Media

11 mois et trois semaines. Jamais – depuis sa montée en 450 en 2014 – Eli Tomac n’avait passé autant de temps sans remporter la moindre épreuve. Victime d’une rupture du tendon d’Achille alors qu’il était en lice pour le titre l’an dernier, le pilote Star Racing Yamaha a décidé de faire un retour en piste pour prendre sa revanche cette saison. Malgré quelques podiums, les résultats n’ont pas été à la hauteur des ambitions du garçon, jusqu’à ce samedi. Vainqueur de l’épreuve de Saint Louis, Eli Tomac efface les déconvenues de ces dernières semaines et aborde la fin de saison en confiance; Si Jett est un cran au-dessus, rien n’est jamais joué d’avance. Micro.

Eli, félicitations. Tu as super bien roulé ce samedi soir. Cette victoire, elle représente quoi pour toi et pour l’équipe ?

Ça fait vraiment du bien de ramener une victoire à l’équipe. J’étais dans une mauvaise passe ces dernières semaines, un peu dans un trou et je galérais avec pas mal de choses, avec des pépins physiques, j’avais du mal à rouler correctement à l’entraînement et lors des courses. Ce soir, l’ancien moi était de nouveau en piste. J’ai pu faire tout ce que je devais faire: de bons départs, j’ai bien roulé, j’ai fait de belles qualifs’, et tout ce qui va avec. C’était important pour nous tous au sein de l’équipe. Je n’étais pas franchement satisfait de mes résultats avant ce week-end.

Tu mentionnes avoir été dans un trou ces derniers temps. Ce soir, tu as été au top. Elle se fait où, la différence ?

En fait, il était surtout question de réunir toutes les pièces du puzzle, réellement. Il fallait faire le job, et ça fait vraiment du bien. Pour être franc, j’ai vraiment pas mal galéré sur les tracés plus mous de ces dernières semaines. Là, j’étais plus à l’aise, j’ai pu m’exprimer pendant les finales et j’ai fait ce qu’il fallait; c’est top.

Les conditions plus molles de ces dernières semaines ont-elles rendu ta progression plus difficile durant la semaine ?

Oui; je galérais vraiment dans ces conditions. La réalité, c’est que je me suis tordu la cheville il y a trois semaines et depuis, j’ai eu beaucoup de mal à avoir le bon équilibre sur la moto. Ce soir, le vent a finalement tourné, et j’ai retrouvé mes sensations et mon équilibre. Peut-être que ça vient aussi de là, cette victoire. Ces conditions plus molles rencontrées jusqu’ici rendaient les choses encore plus difficiles pour moi, avec mes problèmes de cheville.

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Ça représente quoi pour toi, de gagner une épreuve triple crown ? Ce n’est pas le format que tu vises, mais tu dois montrer que tu es encore là.

C’est ça. J’étais vraiment frustré des résultats que je décrochais cette année, et j’en étais arrivé au point où je me demandais si mon retour en piste en valait finalement la peine. Gagner, c’était l’objectif numéro un pour mon retour en compétition. Prouver que j’étais encore capable de gagner, en quelque sorte. Que ce soit une épreuve triple-crown ou une finale normale, je prends.

À quel moment de la saison as-tu commencé à te poser cette question ?

Ça fait partie du jeu, en fait. Les gens disent ça, tu l’entends, et tu finis même par t’y habituer et surtout, tu finis par ne plus entendre ce genre de chose et ça ne t’atteint plus. Tu arrives à mettre de côté les gens qui disent ça.

En seconde manche, tu étais dans la roue de Jett. As-tu pu apprendre quelque chose en le suivant, en observant ses traces ?

Oui. Dans cette manche, j’ai vu qu’il était meilleur dans les dernières portions, avec les whoops. J’ai tenté d’apprendre certains trucs de lui, et j’ai testé de nouvelles trajectoires mais du coup, j’ai un peu perdu le contact en fin de finale. Je savais que j’étais bon dans toutes les autres portions de la piste, mais à l’approche de la dernière manche, je savais que je devais m’améliorer dans cette fameuse portion, avec les whoops.

Tu sautais bien plus que tu dribblais les whoops, et tu semblais perdre du temps sur Jett à chaque fois. Tu ne t’es pas dit que tu allais les dribbler ?

Je m’étais dit que j’allais les dribbler dans la troisième finale, mais ils étaient encore plus défoncés et finalement, j’ai bien vu que sauter dedans fonctionnait bien. Sur l’instant présent, je voulais simplement faire quelque chose qui fonctionnait bien dans les whoops à chaque tour. Ceci dit, je savais très bien que Jett les dribblait; il sautait dedans au début puis il les dribblait ensuite, et c’était plus rapide. Pourtant, j’ai continué à les sauter lors de la troisième finale car ils étaient moins arrondis, ça passait plus vite et il y avait une ornière sur le côté droit et ça marchait plutôt bien dans cette configuration; voilà pourquoi j’ai sauté dans les whoops au lieu de dribbler.

Eli Tomac “je me demandais si mon retour en piste en valait finalement la peine”
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