Florian Miot « Je veux prouver ce que je vaux »

Florian Miot « Je veux prouver ce que je vaux »

Il avait été intransigeant sur les championnats de France et d’Italie en 2019 et s’était adjugé deux couronnes nationales en 125. En 2020, le jeune espoir Français Florian Miot réalisait sa troisième – et dernière – saison sur l’Europe 125. Capable de jouer les victoires de manche mais trop irrégulier sur la durée, le garçon n’a pas rencontré les résultats escomptés sur l’Europe. Avec la récente fermeture de son équipe – Globe KTM Diga Junior – Florian Miot a trouvé refuge chez Par Homes RFX Husqvarna pour faire ses débuts en Europe 250 en 2021. Nouvelle équipe, nouveau pays, nouvelle cylindrée, nouveau challenge …. Micro

Florian, ton frère m’a parlé de votre rivalité étant gamins. En étant le plus jeune des frères, comment as-tu vécu cette rivalité, et est-elle encore présente aujourd’hui ?

Rivalité, oui et non. On se servait l’un l’autre pour progresser comme tous les frères. Chacun voulait et veut aller plus vite que l’autre. Elle est toujours présente quand on roule ensemble; on veut toujours battre son frère.

Après ton titre de champion de France Juniors, tu as connu une intersaison difficile, une séparation avec un team, des doutes .. Du haut de tes 16ans, difficile d’imaginer d’en arrêter là, comme ça ?

Oui c’était difficile d’imaginer arrêter mais beaucoup de gens nous ont aidé à rebondir, surtout ma famille.

En 2019, tu deviens donc champion de France Juniors en dominant le championnat de la tête et des épaules. Malheureusement, sur l’Europe 125, la même régularité n’était pas au rendez-vous alors que la vitesse pour jouer devant était présente. On explique ça comment ?

L’année 2019, c’est l’année ou je suis devenu champion de France et d’Italie, mais malheureusement sur l’Europe, ça n’a pas été simple.

C’était la première année où je me suis retrouvé tout seul, sans mon père et mon frère. Ça a été difficile pour moi car j’ai été très mal encadré, mais je n’en dirais pas plus; je n’ai pas le droit malheureusement.

Tout ce que je peux dire, c’est que de passer de 4 à 5 entraînements par semaine avec mon père à devoir se contenter de seulement 1 ou 2 entraînements par semaine chez les autres – tout en se retrouvant seul avec les mécaniciens – c’était difficile.

À ma première épreuve de l’Europe aux Pays-Bas, je me suis blessé, je me suis fracturé la motte de beurre (un os du poignet) et à partir de ce moment-là, je n’ai plus été considéré de la même façon dans le team, j’avais l’impression d’être un moins-que-rien…

De là, un hiver compliqué en 2019/2020.

Quand j’ai quitté le team MJC Yamaha, tout le monde a critiqué mon père en pensant qu’il voulait nous rassembler, mais ce n’était pas la réalité des choses.

Mon père a toujours voulu notre bien, et on n’a jamais été aussi bien que quand il avait son team. Là, on avait tout pour réussir. Malheureusement, par manque de temps libre, il ne pouvait plus se permettre de le continuer car personne n’était réellement là pour l’aider.

Par la suite, on nous a promis la lune dans une équipe à moi et à mon frère. C’était loin d’être la lune; c’était plus une éclipse.

Après l’hiver 2019, on était un peu dans le flou; tout était à refaire. Mon père a trouvé des contrats à droite et à gauche, et entre deux, Globe Diga Junior KTM avait une place pour moi. Mon frère avait roulé pour eux avant, et mon père avait gardé de très bons contacts avec le team.

@Eric Laurijssen

Tu signes un beau podium en Angleterre pour l’ouverture de saison 2020; mais pour la reprise en Italie, rien ne s’est passé comme prévu.

Arrivé en 2020, je signe un podium en Angleterre, alors que je connaissais à peine la moto. Après quoi, il y a eu le confinement et j’ai passé 4 mois chez moi à ne pas pouvoir faire grand-chose.

Retour en piste pour l’Europe à Faenza et là, dès les premiers essais, je me fais mal à la cheville et au poignet mais je décide de garder ça pour moi, et j’essaye de rouler. Je fini les manches dans la douleur, je roule les trois épreuves comme ça et le samedi, je passe une radio qui dévoile une fracture de la cheville.

Je reviens ensuite à Lommel avec seulement 2 entraînements de 30 minutes depuis Faenza. Je fais 2-5 lors de la première épreuve, 3-6, puis 4-DNF. J’abandonne lors de la dernière manche dans le dernier tour sur une chute après avoir cassé la chaîne, sinon, j’aurai pu monter sur le podium.

Je pense que si je ne m’étais pas blessé en Italie, j’aurai pu jouer les top 5, avoir des chances de faire un podium final, de me battre pour le titre. Malheureusement, c’est le sport.

J’ai quand même pu faire mes preuves en montrant que je pouvais jouer la gagne même en revenant après 7 semaines d’immobilisation et seulement 2*30 minutes de moto.

Il me semble que ton équipe Globe Diga KTM avait un guidon pour toi pour 2021, avant de fermer la porte au dernier moment. Comment s’est fait ce rebondissement avec RFX Husqvarna et Neil Prince ?

Après Lommel, l’équipe me fait signer pour la saison 2021 et me renvoie chez moi pendant un mois et la, plus de nouvelle jusque décembre. On  a entendu des bruits de couloir disant que l’équipe était sur le point de fermer, mais nous, on n’était pas au courant de ça. Début décembre, on reçoit finalement un e-mail pour nous dire que l’équipe arrête.

À partir de là, notre Sponsor Doma qui nous aide depuis nos débuts contacte Neil Prince (RFX Husqvarna), Neil contacte Husqvarna et ses sponsors pour voir si je peux intégrer l’équipe. Tout le monde était OK à condition de faire l’Europe, et le championnat Anglais.

Sinon, j’avais aussi eu une autre proposition pour rouler dans un team Belge avec l’aide de KTM Belgique.

@Eric Laurijssen

Nouvelle équipe, nouvelle cylindrée, tu pars vivre à l’étranger. Quels changements cette nouvelle signature va-t-elle engranger ?

Je vais désormais vivre à temps plein en Angleterre, ce qui va être bénéfique pour apprendre la langue, et une autre culture. Le matériel et le programme physique sont vraiment au top.

Ca fait désormais deux semaines que je vis là-bas et j’apprends plutôt vite. L’équipe est au top, la moto me convient bien, chez RFX Husqvarna, ils sont aidés par WP, Michelin, et j’ai un moteur de dingue.

Je vais faire le championnat Anglais et l’Europe, et qui sait, peut être quelques épreuves de mondial si je signe de bons résultats.

Mon objectif sur l’Europe sera d’essayer d’être régulier, et dans le top 5. Je pense en être capable, car cette cylindrée me convient bien.

On connaît ton aisance dans le sable. On travaille sur les points faibles en priorité pour combler un retard, où on renforce encore plus les points forts – comme le sable – pour tenter des coups d’éclats sur ces épreuves ?

On travaille sur tout ! C’est vrai que tout le monde dit que je suis rapide dans le sable, mais je ne suis pas mauvais dans la terre. Mon plus gros défaut a été le physique, c’est la chose qui représente le plus gros du travail.

Avant, je roulais sur mes acquis sans forcément m’entraîner sur mes défauts – le physique – et à l’heure d’aujourd’hui, j’ai enfin compris qu’il fallait que je travaille très dur maintenant que j’ai la chance de m’entraîner 24/24 avec mon coéquipier Calum Mitchell; on va s’entraîner à fond pour être prêt physiquement, et mentalement.

Je vais prouver a tout le monde que je suis rapide sur n’importe quelle surface; je ne suis pas là pour faire des coups d’éclats, mais pour faire une saison régulière, peu importe la texture.

@Eric Laurijssen

Finalement, prendre ton envol de ton côté, pendant que ton frère prend le sien de son côté, c’était inévitable ?

Inévitable, oui, car c’est difficile de trouver une équipe où il y a de la place pour deux frères, c’est un peu comme trouver une femme pour deux hommes ! Quoi que … (rires).

Après, quand on se retrouve, c’est top, c’est bien aussi, plutôt que d’être toujours ensemble.

Tu te vois où, dans 5 ans ?

D’ici 5 ans, j’aimerais vraiment bien être aux USA. Les USA, ça fait rêver, les terrains sont magnifiques. Quand tu regardes le Supercross ou le Motocross à la télévision, c’est magique, ça fait envie …

Je vais me donner les moyens, je veux prouver ce que je vaux ici.

Des personnes à remercier ?

Je tiens essentiellement à remercier mes parents, ma famille, pour tout ce qu’ils ont fait pour moi. Dominique aussi, et tous mes amis proches; ma meilleure amie, et tous ceux qui me soutiennent depuis toutes ces années.

 

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