Vincent Bereni « Avec Romain, certains des changements effectués étaient risqués »

Vincent Bereni « Avec Romain, certains des changements effectués étaient risqués »

À l’intersaison 2021 / 2022 s’annonce un changement majeur dans la représentation de Kawasaki sur le championnat du Monde MXGP, puisque l’équipe MX ESCA cède son statut de structure usine Kawasaki à l’équipe IceOne. L’équipe de Thierry Chizat Suzzoni, emmenée par le Français Romain Febvre, a manqué le titre de champion du monde MXGP de seulement cinq points cette année, après une confrontation finale remportée par Jeffrey Herlings lors de la dernière épreuve de la saison à Mantova, en Italie. Le GP de Mantova – qui a vu Romain Febvre se classer deuxième du championnat et ainsi rapporter le meilleur classement final de Kawasaki en MXGP – était également le dernier Grand Prix pour les effectifs de Thierry Chizat Suzzoni; un adieu émouvant pour l’équipe cosmopolite basée en Hollande qui est désormais liée au futur projet MX de Triumph. 

L’équipe MX ESCA a été informé de la décision de KHI (Kawasaki Heavy Industry) de changer son fusil d’épaule pendant la saison 2021, saison lors de laquelle Romain Febvre s’est battu pour le titre, arrivant avec la plaque rouge de leader sur la dernière épreuve de la saison.

« Nous avons rencontré tellement d’adversité cette année; c’était le plus gros défi de ma carrière », a commenté le Team Manager Vincent Bereni. « Quand la nouvelle est tombée, c’était comme recevoir un coup de poing dans la figure, et il fallait tout de même motiver nos troupes. Je pense que nous avons « gagné » dans de nombreux domaines cette année. Nous avons créé une vraie famille avec cette équipe. Nous avons passé beaucoup de temps ensemble […]« 

« Une bonne moto ne se développe pas du jour au lendemain, et il faut faire face à de grosses structures dans le paddock. Tout le monde connaît l’équipe Honda HRC, la Yamaha a beaucoup de puissance, j’ai travaillé pour KTM donc je sais comment ils sont et ils ont vraiment évolué. Nous, on est les petits gars, donc on doit travailler dur. Depuis décembre 2020, on faisait des journées de dix-huit heures. On devait faire le nécessaire. Les [anciens] pilotes comme Clément Desalle et Julien Lieber ont également eu leur mot à dire ; avec Julien, on avait eu beaucoup de problèmes d’embrayage et on a passé de nombreuses heures à travailler là-dessus. De même avec Clément qui avait de nouvelles idées sur la façon de s’améliorer. Puis quelqu’un comme Romain est arrivé avec une façon différente de piloter la moto. Collecter toutes ces données et en faire un mélange, ce n’est pas si facile. »

« Essayer de faire comprendre aux gens comment fonctionne le monde de la compétition, ça ne me manquera pas », a déclaré Vincent Bereni, en pointant du doigt la politique de Kawasaki. « Il y a des personnes en charge qui ne connaissent rien à ce sujet. C’est la réalité. »

2021 a été un dernier mandat excellent pour l’équipe MX ESCA avec Kawasaki puisque Romain Febvre est monté sur dix podiums d’épreuve, et s’est imposé lors de six manches. « La moto était déjà compétitive l’année dernière et nous avons terminé l’année 2020 en beauté. Romain est très dur avec lui-même et aussi avec la moto et c’était notre travail de trouver ces petits détails qui pouvaient lui apporter ce petit plus. Nous avons pris beaucoup de notes l’année dernière et nous avons continué à progresser, puis pendant l’hiver nous avons tout mis sur la table. Nous avons continué à travailler pendant la saison aussi. »

2021 a été de loin la saison la plus réussie des effectifs MX ESCA, qui avait précédemment célébré des victoires avec Gautier Paulin, Clément Desalle ou encore Ryan Villopoto en mondial MXGP. Vincent Bereni fait partie du staff depuis 2015 et la fameuse pige – rapidement avortée – du pilote Américain. Vincent Bereni a été un personnage clé dans l’évolution de la KX450F ; un nouveau modèle dont la dernière arrivée remonte à trois ans et avec lequel Desalle et Febvre ont rencontré beaucoup de réussite.

« Ces deux-là étaient totalement différents ! Deux styles différents », sourit Vincent Bereni lorsqu’on lui demande de comparer le pilote Belge et le pilote Français. « Quand vous avez un gars comme Clément qui roule à presque 4000 tours/minute, vous avez besoin d’une moto différente. J’appelle Romain le ‘traction control man’ parce que sa gestion de l’accélérateur est incroyable. Il peut battre n’importe quel système électronique. Il y a des pilotes qui peuvent vraiment ressentir les choses et trouver le feeling sur une moto et Romain est l’un d’entre eux ; il peut faire la différence quand la moto n’est pas la meilleure. C’est son engagement, son travail et son style. »

Vincent Bereni ne tarit pas d’éloges à l’égard de son pilote, qui fait désormais partie de la structure IceOne grâce à un nouveau contrat de deux ans conclu directement avec Kawasaki, contrat qui le verra retrouver son ancien partenaire d’entraînement Ben Watson, au sein de Factory Kawasaki, dès 2022.

« Romain sait ce qu’il veut et il ne se pose pas les questions techniques qui font que certains autres pilotes ont des doutes. Il ne s’inquiète pas d’un clic ici ou là; il vous fait confiance. Certains des changements effectués étaient risqués. À Arco, j’ai transpiré pendant quelques tours; il a tout de même terminé la manche et, heureusement, il restait encore un peu de gomme sur le pneu très tendre qu’il avait choisi. Il était prêt à faire ça pour aller chercher un championnat, c’est incroyable. »

Via Adam Wheeler

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