Passé chez Ducati durant l’intersaison, Calvin Vlaanderen a signé deux top 5 lors du Grand Prix d’Espagne, mais voit son résultat final entaché par une chute au départ de la première manche. Neuvième du GP d’Andalousie, le pilote néerlandais offre à Ducati son premier top 10 de la saison, tout en affichant une vitesse prometteuse. Le travail continue. Micro.
Calvin, tu es tombé en première manche, mais tu as bien roulé dans la seconde. Content de ta journée à Almonte ?
Oui, le week-end s’est plutôt bien déroulé. J’ai terminé 5ème de la manche qualificative le samedi, et 5ème en seconde manche le dimanche. Si on se concentre là-dessus, c’est un week-end positif. Évidemment, il y a eu cette chute en première manche dès le départ, ce n’est pas vraiment ce que j’avais en tête. On m’a envoyé au sol. Tim m’a fait tomber, en fait. Il ne l’a pas fait exprès. Il a glissé et m’a percuté, et je suis tombé. La moto était un peu froissée, le guidon était tordu et les leviers étaient pliés. J’avais aussi un peu mal au pouce, donc ce n’était pas le début de course le plus facile. La manche a été longue… J’ai essayé de revenir pour prendre quelques points, pour que ça en vaille au moins la peine. J’ai marqué 3 points, c’est toujours mieux que rien. L’idée était de pouvoir rebondir et finir sur une bonne note en seconde manche, et c’est ce que j’ai fait.
Est-ce que tu t’es bien senti sur la Ducati d’entrée de jeu, ou tu as dû faire des changements ?
On a fait quelques changements durant tout le week-end, pour que je sois un peu plus à l’aise au niveau de l’équilibre de la moto, car le tracé était vraiment piégeux. C’était du sable, mais la texture était vraiment dure à certains endroits. Il fallait une moto vraiment bien équilibrée, un arrière ni trop haut ni trop bas. J’ai un peu cherché de ce côté-là durant tout le week-end, mais le ressenti était plutôt bon, je dirais. On n’a pas touché grand-chose à la moto depuis ma course de préparation à Lierop. On a fait des modifications ici et là, et les changements étaient positifs. Mais on n’est pas encore tout à fait là où je voudrais être avec la moto, pour être franc. Donc il faut encore s’améliorer de ce côté-là.
Ce n’est que la seconde saison de Ducati, la moto doit encore faire ses preuves. Tu as roulé sur plusieurs marques par le passé. Elle se compare comment, cette Ducati ?
La seule moto à laquelle je peux la comparer, je dirais que ce serait ma Honda de 2018, en termes de châssis. C’est assez similaire. Pour le reste, si on parle du moteur, c’est vraiment très différent de toutes les autres motos sur lesquelles j’ai pu rouler. Mais au niveau du châssis, je dirais que je peux retrouver certaines caractéristiques.

Jeffrey nous disait que la Honda avait tendance à être un peu plus équilibrée sur l’avant, tu dirais que c’est le cas aussi avec la Ducati ?
Oui, voilà. L’une des choses sur lesquelles on essaye de travailler, c’est d’avoir une moto qui est bien assise de l’arrière, un peu comme les KTM, Husqvarna, toutes les motos du groupe KTM. Je vois que c’est aussi le cas avec les Triumph maintenant. Elles ont un arrière qui reste bien au sol, une moto qui tracte bien et qui est très stable de l’arrière. C’est un peu comme ce qu’a dit Jeffrey avec la Honda: la Ducati est plutôt du genre à être haute de l’arrière.
Le week-end prochain, vous allez rouler en Suisse sur un tracé vraiment béton. Tu penses que la Ducati performe dans ces conditions ?
Je pense que les terrains béton conviennent mieux à la Ducati. Mais même en Argentine, elle marchait plutôt bien. Ici, en Espagne, la moto a bien marché également. Dans toutes les conditions, la moto est plutôt bonne. C’est plus une question de comment la régler et de comment tu parviens à t’adapter à ces conditions en tant que pilote. Comme tu l’as dit, il y a beaucoup de nouveauté pour Ducati. On apprend encore beaucoup à ce stade.
La saison va être longue, on n’est qu’au deuxième GP. Qu’est-ce que tu attends de toi cette année, quels sont les objectifs ?
Mon objectif, c’est vraiment d’être sur le podium. Ce serait génial de pouvoir aller chercher une victoire de GP pour Ducati, ou pour moi. Mais évidemment, la catégorie est vraiment relevée cette année. Il y a beaucoup de bons pilotes. Physiquement, je me sens très bien. Si on arrive à progresser avec la moto et qu’on est dans un bon jour, je n’ai aucun doute sur le fait qu’on pourra se battre pour le podium. Il faut juste emboîter les pièces du puzzle. Pour l’heure, je vais continuer à faire ce que je fais actuellement. Je vois que je progresse personnellement, mais aussi avec la moto. Le but est de se rapprocher du top 5, d’intégrer le top 5, et c’est ce que je vais continuer à faire. Quand j’y arriverai régulièrement, alors on commencera à regarder plus haut dans le classement.
Avec Andrea, vous semblez à l’aise sur la Ducati. On ne peut pas en dire de même pour Jeremy. Est-ce que vous partagez beaucoup d’informations ensemble ?
Oui et non. Disons que Jeremy est très spécifique avec ce qu’il veut sur sa moto. C’est un très bon pilote, très expérimenté. Il sait ce qu’il veut. C’est vraiment dommage qu’il ne parvienne pas encore à être à l’aise sur la moto. J’espère que Ducati pourra trouver des solutions pour qu’il se sente bien dessus. En fait, ce qui pose problème à Jeremy, je le ressens aussi, mais je peux compenser grâce à mon poids et à ma taille. Je suis un plus gros gabarit que Jeremy. Je peux charger l’avant ou l’arrière plus facilement, alors qu’il a une position plus centrale sur la moto. Il ne peut pas autant bouger dessus, car il est un peu plus petit, plus léger. Les points sur lesquels il doit s’améliorer sont aussi des points qui pourraient m’aider. Disons qu’on travaille là-dessus.








