Adrien Petit « Cette fin de saison récompense tous mes efforts »

Adrien Petit « Cette fin de saison récompense tous mes efforts »

La relève Française se précise, et comptez sur Adrien Petit pour en faire partie. Auteur de débuts très encourageants sur l’Europe 125, et de ses premiers podiums sur le championnat de France Junior en 2021, Adrien Petit est également parvenu à s’imposer sur la finale de la Blu Cru Cup de Mantova cette saison. Une victoire qui lui permettait de décrocher son ticket pour une Masterclass Yamaha qui a débouché sur un guidon chez Ausio Yamaha pour disputer l’intégralité du championnat d’Europe 125 en 2022. Travailleur et déterminé, Adrien Petit a su provoquer sa chance à grands coups de gaz et sera un client à suivre en 2022, qu’on se le dise. Micro

Adrien. Lorsque j’ai parlé de ta victoire sur la Blu Cru Cup; je me souviens du commentaire d’un lecteur qui se demandait quel avait été ton parcours. On va y répondre. Quelle est ton histoire ?

Mon père est un passionné de motocross, il m’a acheté ma première moto, une PW 50, à l’âge de trois ans dès que j’ai su faire du vélo sans roulettes. J’ai commencé mes premières compétitions en 50cc à l’âge de sept ans en Picardie. J’ai ensuite enchaîné le parcours classique : Minivert, Cadet puis Junior et je participais également au championnat de Normandie en parallèle.

J’ai également participé au Championnat de France des Sables en 85cc et j’ai remporté le Touquet en catégorie espoirs en 2019. C’est à cette période-là que j’ai fait la rencontre de Guillaume Davion (Drag’on Tek) qui est un vrai soutien pour moi depuis.

C’est toujours mon papa qui m’a entrainé depuis tout petit à part pendant une période d’une année quand j’étais en 65cc, période lors de laquelle je faisais des entraînements avec Richard Fura, qui m’a prodigué de bons conseils. Depuis l’hiver dernier je travaille avec Alexandre Morel, avec qui tout se passe très bien.

Adrien Petit en route vers la victoire sur la Blu Cru Cup de Mantova @MX July

Est-ce que tu peux éclairer notre lanterne et nous expliquer le déroulement de la Blu cRu Cup, et nous dire pourquoi tu as décidé d’y participer cette année ?

C’est Jean-Claude Moussé et Benjamin Léaud qui m’ont demandé de m’inscrire à la BLU CRU Cup cette année; c’est une course qui ne regroupe que des pilotes Yamaha et qui permet – suite aux résultats et au pilotage – à 5 pilotes de se faire sélectionner et d’être invités à participer à la Masterclass Yamaha Blu Cru.

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Concernant le déroulement de la course, il y avait des essais chronos le samedi matin et une manche le dimanche matin. La course s’est très bien déroulée pour moi, et je suis vraiment heureux de l’avoir remporté !

En remportant la Blu-Cru Superfinale, tu as décroché ton ticket pour la masterclass Yamaha en Espagne; Masterclass qui peut déboucher sur un éventuel guidon. Comment s’est déroulé cette marterclass pour toi, en quoi ça consistait ?

Je suis parti à la Masterclass en Espagne avec ma mère car mon père s’était engagé professionnellement et il ne pouvait vraiment pas s’y rendre avec moi.

Pendant la Masterclass, on a fait du roulage, il n’y avait pas de chronos, ni de manches. Le but pour l’organisation était de pouvoir tous nous regarder rouler pour pouvoir nous évaluer sur plusieurs aspects. On a également été interviewé un par un et on a été conseillé par Brian Jorgensen. C’était une très belle expérience et je suis vraiment content d’avoir pu y participer et d’avoir obtenu le guidon avec le Team Ausio Yamaha pour 2022, avec lequel je ferai l’intégralité du championnat d’Europe l’an prochain.

Une victoire à la Blu Cru Cup, et un ticket à la Masterclass Yamaha @Yamaha Racing

Tu as participé à tes deux premières épreuves en championnat d’Europe 125 cette saison en Allemagne et en France. Tu n’étais vraiment pas loin d’accrocher le top 10 lors des manches.

L’objectif pour moi en participant à ces deux courses était de me familiariser avec le déroulement de ce championnat Européen pour que je puisse être à l’aise dès la première course l’an prochain. Je ne m’attendais pas du tout à faire ces résultats, ça a été une bonne surprise.

Avec mon papa, nous nous sommes rendu compte que ce n’était pas une mince affaire de faire l’Europe par nous-même car la journée s’enchaîne et cela ne nous a pas laissé beaucoup de temps pour faire l’intendance, la mécanique, etc.

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Ça a vraiment été une déception pour mon papa et moi-même de ne pas pouvoir participer aux dernières courses du championnat d’Europe, mais il s’était engagé professionnellement et ne pouvait vraiment pas m’emmener sur les dernières courses de l’EMX 125.

Tu as signé tes premiers podiums en championnat de France Junior cette saison, mais ton résultat final ne reflète pas vraiment ta vitesse en piste à cause d’une première et d’une dernière épreuve difficile. Que s’est-il passé à Ernée, puis à Villars ?

J’ai participé à une course de préparation à Crisolles qui a eu lieu 15 jours avant Ernée. Suite à une grosse chute en deuxième manche, je suis passé aux urgences et on m’a diagnostiqué un hématome à la main gauche sans fracture. Pensant que j’étais apte et malgré une douleur persistante j’ai quand même décidé de participer à l’ouverture du championnat de France à Ernée où j’ai serré les dents tout le week-end avec comme objectif de mettre le maximum de points.

J’étais vraiment déçu de moi après ma première course car ça ne reflétait pas tout le travail que j’avais fourni pendant l’hiver. La douleur ne passait toujours pas après la course, j’ai donc refait des examens complémentaires qui ont finalement révélé 4 fractures des métacarpiens.

À Villars-sous-Ecôt, grosse chute pour moi dans le premier tour qui m’a laissé des douleurs physiques pour le reste du week-end et qui ne m’a pas permis d’être à 100% lors des courses.

Adrien Petit a signé trois podiums de manche sur le junior cette saison

Comment comparerais-tu le niveau du Junior en France, à celui de l’Europe 125 ? On voit que beaucoup de pilotes présents sur le championnat Français roulent devant sur l’Europe. Rouler à Ernée, ou à Villars, sur des terrains de GP, ça aide pour l’EMX ?

Le niveau du Junior en France est élevé, celui de l’Europe également mais il est plus homogène, on peut aussi bien se retrouver 1er à une course que se retrouver 10 ou 15ème à l’autre. On ne peut jamais vraiment faire de pronostics sur les hommes de tête à l’Europe, ça varie vraiment d’une course à l’autre.

Oui je pense que rouler sur des terrains de GP aide pour l’Europe mais je pense aussi que le niveau en Junior cette année était élevé et ce n’est pas étonnant de voir des pilotes présents sur le championnat français aux avant-postes en Europe.

Tu étais donc présent sur le France Junior, un peu d’Europe 125, la Blu Cru, le Master Kids, la rookie’s cup, la coupe des régions, l’ouverture championnat de France des sables, la masterclass Yamaha et j’en oublie probablement; qui t’aide, concrètement ?

Sur le plan de la logistique et de la mécanique ce sont mes parents qui gèrent.

J’ai le soutien de Drag’on Tek qui m’a bien aidé sur le championnat de France cette année et qui prépare mes moteurs et mes suspensions.

J’ai également le soutien de Yamaha France, de De Doncker Seclin, de Fox racing, de Doma, du Motoclub des Trois Vallées (MC3V), de la Ligue Motocycliste de Normandie, de Moto and Co Beauvais et je les remercie vraiment tous pour leur soutien.

Vice-champion de France des sables Espoirs en 2020, tu as participé à la première épreuve de Berck en Junior cette saison et malgré un abandon de manche, tu as roulé très fort au guidon de ta 125. Tu n’as en revanche pas été à Loon, Magescq ou Hossegor. Le sable n’est plus à ton programme pour la fin de saison ?

J’ai décidé de me consacrer à la terre cette année et de faire l’impasse sur le championnat de France des sables car quand je passe un hiver entier à préparer les courses de sable, il y a quand même un petit temps d’adaptation pour reprendre sur la terre et je veux vraiment être à 100 % pour la première course d’Europe en Angleterre le 20 février prochain.

Retour dans le sable avec une pige au Beach cross de Berck après l’Europe et le Junior @MX July

Cette aisance dans le sable, elle provient d’où ? C’est assez rare de voir des jeunes performer aussi bien dans le sable que sur le béton.

Au départ, je n’aimais pas vraiment le sable. La première fois que mon papa m’a emmené dans le sable à Loon, j’ai chuté une trentaine de fois, j’ai passé plus de temps à manger du sable qu’à user de l’essence.

Après plusieurs entraînements avec mon papa et grâce à ses conseils j’ai vite assimilé la technique et j’ai vraiment commencé à aimer le sable.

Quand les premières courses ont commencé, je ne savais pas du tout à quoi m’attendre quant à mon niveau dans cette catégorie. Les premiers résultats étant là, ça m’a conforté dans ma décision de continuer sur les épreuves de sable.

Si je te demande de faire un bilan global de ta saison 2021, que me réponds-tu ?

Ma saison 2021 a mal débuté à la suite d’une blessure qui a duré plusieurs semaines, et j’ai eu des mauvais résultats comme à Ernée. Une fois ma blessure guérie j’ai réussi à me remettre dans les courses, je n’avais pas perdu la vitesse mais j’avais un peu perdu de physique. Le physique est revenu au fur et à mesure des épreuves et j’ai réussi à faire de bons résultats avec deux podiums en championnat de France Junior et quelques belles performances.

Est ensuite venue la Blu Cru Cup qui a tout fait basculer et qui m’a permis d’obtenir un guidon chez Ausio Yamaha.

Je suis très content de cette fin de saison car cela récompense tous mes efforts réalisés depuis de nombreuses années ainsi que ceux de mes parents qui me suivent depuis toujours. Maintenant place aux championnats d’Europe et de France 2022.

En quoi va consister ton intersaison 2021/2022 ?

Je vais continuer à m’entraîner avec mon papa, Alexandre Morel (MX Morel), et à suivre mon programme physique préparé par Teddy Felix. Je veux vraiment faire en sorte d’être au meilleur de ma forme pour la reprise des championnats d’Europe et de France.

Quel est selon toi ton plus gros point fort et a contrario, ton plus gros défaut ?

Je dirai que ma technique est mon plus gros point fort. Mon plus gros défaut, sur lequel je travaille, c’est de parfois avoir du mal à me mettre dans la course dès le départ.

Image d’introduction: MX July

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