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Benoit Paturel “Ça fait du bien, ça fait plaisir, le travail paie”


Crescendo, Benoit Paturel monte en puissance en ce début de saison 2023. Pilote de la nouvellement formée structure De Baets Yamaha, le Français répond présent dans le sable de Sardaigne comme dans la terre Suisse. Auteur de son premier top 10 de manche de la saison, Benoit Paturel se montre confiant. Le niveau revient, le plaisir est là, le travail effectué commence à porter ses fruits. Le top 10 d’épreuve ne devrait plus être bien loin. Micro.

Benoit, trois GP, treizième en Argentine, treizième à Riola Sardo, douzième ce week-end. Dans quel état d’esprit on est ? Il y avait beaucoup de questions, il y a désormais des débuts de réponse.

En fait, on est dans la continuité, Treizième en Argentine, treizième de nouveau en Sardaigne, et là une douzième place en Suisse avec une chute en seconde manche dans le premier tour. Sans ça, je pense que le top 10 de grand prix était vraiment à ma portée. On monte en puissance et là, je vois que je me sens de mieux en mieux à chaque grand prix. Il va falloir faire une bonne qualif’ le samedi pour avoir une bonne place sur la grille de départ pour les manches et les résultats devraient s’améliorer au fil des GP.

Aujourd’hui, on est encore capable de se mesurer aux pilotes Factory avec un programme privé comme le tien ?

Sur certaines pistes, je dirais que oui, mais pas sur toutes. Rentrer dans les 10, on peut largement le faire avec une moto privée mais après, pour faire mieux, c’est vraiment compliqué. Je pense que tout est possible dans ce sport, ce n’est pas non plus comme en Moto GP. La clef, c’est vraiment de faire un bon chrono et enchaîner une bonne qualification pour avoir une bonne place derrière la grille pour les manches parce que le problème, c’est que la plupart des départs nécessitent d’être placés à l’intérieur sur la grille. Mes sorties de grille sont bonnes, mais il faudrait que je sois plus à l’intérieur pour espérer être dans le bon groupe dès le début de course.

Ce top 10 en première manche, j’imagine que c’était un des objectifs à cocher pour ce début de saison. On se dit “objectif rempli” ou plutôt qu’il y en a encore plus sous la pédale ?

Je le prends comme ça vient. Je pense que j’ai encore une belle marge de progression. Ce n’est que le début de saison, il faudra répondre présent, être solide sur tous les grands prix et monter en puissance à chaque fois tout en faisant du mieux possible. Le résultat du championnat, on le regardera à la fin.

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Je te compte dans les 15 au départ de la seconde manche et un tour plus tard, dans les 35. Il s’est passé quoi ?

J’ai pris un bon départ mais de nouveau, j’étais trop à l’extérieur et comme tu dis, je suis sorti dans les 15. Ensuite, deux pilotes sont tombés juste devant moi dans une ornière et je n’ai pas pu les éviter, donc j’ai chuté avec eux. Je suis reparti presque dernier et ça a été très dur au début de remonter car il y avait une grosse différence de niveau sur cette piste avec les pilotes qui roulaient derrière et du coup, c’était vraiment dur de se remettre dans le bain, de trouver des ouvertures et d’éviter d’entrer dans un faux rythme. Une fois qu’il y a eu un peu plus d’espace entre les pilotes, j’ai pu trouver mon rythme et commencer à remonter petit à petit. La treizième place s’est jouée à deux secondes, il me manquait juste un petit tour et je pense que ça aurait pu faire le top 10 du grand prix mais c’est comme ça. J’en tire du positif, je me suis fait plaisir, il y avait beaucoup de monde, c’était cool.

Il faut regarder de là où tu reviens aussi. Durant les saisons un peu plus difficiles, 15ème, c’était en partant 12ème. Là, 15ème, c’est en revenant de la dernière place. 

Je pense que le niveau que je commence à retrouver, ça fait très longtemps que je ne l’avais pas eu. Ça fait du bien, ça fait plaisir, le travail paie. Je ne m’arrête pas là pour autant. Je suis satisfait mais l’objectif est encore d’aller plus haut dans le classement.

Les avis sont mitigés à propos de ce tracé de Frauenfeld; ça convenait à un grand prix ? Tu en as pensé quoi ?

Le tracé était bien. Il manquait de longueur et de largeur mais sinon le tracé en lui-même, avec la texture, est très bien. Le tracé qu’on a connu par le passé, qui était de l’autre côté de la vallée, était beaucoup mieux tout de même, c’était bien plus digne d’un terrain de grand prix avec de gros sauts, beaucoup plus grand, beaucoup plus large. C’est 50/50, si le terrain avait été plus long, ça aurait été mieux selon moi.

Concrètement, après 3 GP, est-ce qu’on est au point avec cette 450 YZ-F où est-ce qu’il reste du travail a faire ?

Non, il y a du travail à faire. Déjà, j’ai une moto standard. Aujourd’hui, tout le monde peut s’acheter la même en concession. J’ai des suspensions qui ne sont rien de plus que des kits Kayaba préparés, on a une ligne d’échappement et puis c’est tout. Il faut relativiser et se dire que ces résultats avec une moto standard sont positifs mais je ne me plains pas. Je pense qu’on a gagné sur les terrains sablonneux et mous en général; et sur les terrains de terre, on voit qu’on n’est pas si mal non plus.

Rejoindre une nouvelle équipe qui ouvre ses portes à l’intersaison, ce n’est jamais simple. Est-ce que tu as pu avoir des doutes avant la saison ? Finalement, on voit que ça marche plutôt bien pour toi en ce début d’année.

Je n’ai jamais eu de doutes car les personnes qui ont mis ce projet en place, je leur fais confiance à 1000%. Ce sont des personnes qui mettent les moyens et qui font les choses comme il faut. Ça ne peut que marcher entre guillemets. Mon mécanicien fait un super boulot et tous les gens qui sont autour de moi se donnent tous les jours à fond. Ça fait vraiment une bonne émulsion et je suis vraiment content, tout en prenant du plaisir.

Benoit Paturel “Ça fait du bien, ça fait plaisir, le travail paie”

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