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Chad Reed « pas mal pour un gars qui a arrêté les compétitions depuis 1 an et demi »

Chad Reed « pas mal pour un gars qui a arrêté les compétitions depuis 1 an et demi »

Blessé aux côtes dans la capitale en 2019, Chad Reed a fait son retour au Supercross de Paris la Défense Arena ce samedi. Si Chad a raccroché les gants des compétitions professionnelles en 2020, la légende Australienne n’a pas perdu de sa superbe en piste à l’occasion de cette 38ème édition du Supercross de Paris; une piste sur laquelle il retrouvait ses anciens concurrents du SX US – Musquin, Brayton ou encore Bogle – et deux grosses pointures du mondial MXGP – Cairoli et Febvre. Cinquième de la soirée, Chad Reed quitte le Supercross de Paris avec le sourire. Micro.

Chad, je sais que beaucoup de gens te demandent si tu comptes revenir t’aligner derrière quelques grilles du Supercross US; ma question c’est plutôt, pourquoi ne reviendrais-tu pas ?

Pourquoi je ne reviendrais pas ? Pour répondre le plus simplement possible, j’ai pris ma retraite car j’en avais assez, le championnat de Supercross ne me manque pas. Le Supercross me manque, m’entraîner en Supercross me manque, la compétition non. Devoir me qualifier pour une finale par exemple, ça ne me manque pas le moins du monde. J’adore regarder les courses, j’adore n’être plus qu’un fan du sport, j’adore venir sur les épreuves comme celle de Paris mais je n’ai pas pour objectif de revenir en Supercross.

J’ai passé 10 ou 11 semaines à dire au revoir aux gens en 2020, j’ai passé des heures à dire merci, c’est sûr que ça aurait été cool d’avoir des fans lors des dernières épreuves mais c’était également cool de pouvoir profiter de mes dernières courses entouré du petit groupe de personnes qui compte énormément pour moi sans être tiré de tous les côtés pour ci ou ça. C’est difficile pour les gens de comprendre ça, mais ne pas avoir de fans dans les stadiums en 2020, ça m’a aussi permis de profiter de la présence ma famille, de ma femme, de mes enfants, et de me concentrer sur eux, et sur mes courses.

D’un autre côté, j’ai toujours dit que je voulais rouler en Supercross à 40 ans, alors on verra.

Antonio Cairoli & Chad Reed à Paris; un duo iconique.

On sait que tu es l’un des meilleurs pilotes dans les whoops; malheureusement cela n’a pas été un avantage pour toi ce weekend. Un mot sur le tracé de Paris ?

C’est dommage de ne pas avoir de whoops mais c’est comme ça. C’est la seule course d’intersaison dans le monde et je comprends pourquoi il n’y a pas de whoops. Il y a Antonio Cairoli, Romain Febvre, des pilotes de GP…. Oui j’aurais aimé qu’il y ait des whoops mais je préfère d’autant plus qu’il y ait cette grosse course qui s’organise à Paris, il faut savoir faire des concessions.

Normalement, on ferait en sorte d’être un peu plus souple au niveau des suspensions vu qu’il n’y a pas de whoops mais ce n’était pas une option car mon technicien suspensions n’était pas présent ce weekend, la seule chose qu’on peut faire, c’est un click par ci, un click par là, je n’ai pour ma part rien changé pour les courses. J’ai eu un peu plus de mal dans les virages, et ils étaient vraiment plus importants ce weekend car la différence se faisait là, mais ce n’était pas si handicapant.

Est-ce que tu t’es senti un peu rouillé ce weekend ? Ça fait longtemps que tu n’as pas été en situation de course.

Non, je n’étais pas trop rouillé, c’était même plutôt naturel, c’est revenu sans forcer. Les choses qui me posent problème d’habitude m’ont posé problème ce weekend, et j’étais à l’aise avec les choses avec lesquelles je suis à l’aise d’habitude. J’étais là où je m’attendais au niveau des résultats; je ne peux pas te dire que je m’attendais à être au coude à coude avec Marvin Musquin par exemple. Mon rythme n’était pas si mauvais, je n’étais qu’une petite seconde et quelques moins rapide que le meilleur temps. Être 1.5 secondes moins rapide que le deuxième meilleur pilote du monde, ce n’est vraiment pas mal pour un gars qui a arrêté les compétitions depuis 1 an et demi. Je me suis amusé à Paris, c’était vraiment excitant de revenir. Il y a deux ans, je me suis cassé les côtes ici alors partir de cette façon cette année, en bonne santé, c’est cool.

Chad Reed a pris beaucoup de plaisir à Paris la Défense Arena

Désormais, tes enfants sont à fond dans la moto. Tu as passé toute ta vie la-dedans, tu as tout vu, tout connu, le succès comme les dangers; c’est quelque chose que tu voulais éviter ou que tu soutiens à 100% ?

Il faut qu’ils prennent leurs propres décisions. Oui, je connais beaucoup de choses en ce qui concerne les compétitions, c’est dangereux, je connais ce qui est beau dans ce sport, ce qui est moins beau, et même vraiment moche, mais je ne pense pas que ce serait juste de ma part de les empêcher de faire quelque chose que j’ai moi-même fait et aimé toute ma vie. Pendant très longtemps, ils ne voulaient pas faire de compétition, et maintenant, ils veulent en faire. C’est un sentiment étrange de les voir désireux de faire de la moto comme ça. Même ma fille qui a 9 ans, elle roule sur une 65cc, et elle adore ça.

Mon fils de 11 ans roule en 85cc, et c’est vraiment stressant [rires]. Il commence à aller vraiment vite, il fait des sauts de plus en plus gros et tu es toujours un peu sur le qui-vive quand il roule mais tu sais, il faut avoir confiance en lui, se dire qu’il saura piloter de façon intelligente.

La FIM s’est dernièrement séparé de Feld et la fédération désire désormais créer un « vrai » championnat du monde de Supercross à travers le globe; y a-t-il une place pour ce championnat selon toi ?

Il y a de la place pour ce championnat, et ça arrive. J’adorerais en faire partie, et j’en ferais partie s’il se concrétise. J’en sais probablement beaucoup plus que toi à propos de ce projet, et c’est difficile de te répondre à ce sujet [rires].

Donc la FIM est entrée en contact avec toi ?

Qui sait ? [rires]

Avec un 6-5-7 en manches, Chad Reed termine 5ème du Supercross de Paris 2021

En 2022, le MXDN revient aux USA. Si on t’appelle pour représenter l’Australie, tu seras de la partie ?

Si on m’appelle, j’adorerais faire ces nations mais je pense que si la situation dans le monde retourne à la normale, ce sera difficile à imaginer. Il y a Jett et Hunter Lawrence, Jed Beaton, ou encore Mitch Evans qui pourraient potentiellement faire partie de la sélection. Je pense qu’il y a beaucoup de jeunes qui passeront avant moi mais si le monde est toujours soumis à des restrictions, que le Covid-19 est toujours là, peut-être que ma présence dans l’équipe aurait un sens.

Est-ce que Jett Lawrence peut reprendre le flambeau pour l’Australie selon toi ? Quelle pourrait être sa pire erreur ?

Oui. La pire erreur qu’il soit possible de faire, c’est de s’entourer des mauvaises personnes; il faut être entouré des bonnes personnes. Jett est très talentueux, il a d’excellentes aptitudes un guidon entre les mains. Je pense que dans le futur, s’il s’entoure des bonnes personnes il rencontrera le succès qu’il attend. Seul le temps sera en mesure de nous dire s’il est capable de reprendre le flambeau. Il est très jeune, je crois qu’il aura 19 ans l’an prochain. Il en est à un point dans sa carrière où il a encore besoin de progresser, il doit décrocher le titre de champion de Supercross l’an prochain, et de nouveau décrocher la couronne sur l’outdoor avant de monter en 450. S’il progresse comme cela, et que tout se déroule correctement en suivant le plan, alors il est en très bonne voie.

Images: Chad Reed / Supercross de Paris.

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