Impossible d’être passé à côté de Galfer ces dernières années. Le spécialiste espagnol des systèmes de freinage a clairement accéléré son développement et sa stratégie marketing sur le segment Motocross en devenant partenaire officiel du championnat du monde MXGP, tout en équipant un nombre grandissant de teams d’usine et de structures de premier plan: Red Bull Ducati Factory MXGP, JM Fantic, MRT Beta, JK Racing Yamaha, De Baets Yamaha, etc.
Fort de cette présence grandissante dans le paddock, Galfer nous a proposé de tester du matériel de sa gamme. L’objectif était simple : dépasser les fiches techniques et les arguments marketing pour répondre à une question légitime : ces disques et plaquettes positionnés sur le segment premium apportent-ils réellement un plus ?
Moi, c’est Marco. J’ai 31 ans et je vis aux Pays-Bas. J’ai commencé le motocross à l’âge de six ans et j’ai grandi au sein d’une génération particulièrement talentueuse, aux côtés de pilotes comme Jeffrey Herlings, Glenn Coldenhoff, Brian Bogers ou encore Davy Pootjes.
Depuis, les années ont passé. Aujourd’hui, je me définis avant tout comme un « weekend warrior » qui continue d’écumer les compétitions régionales. Je possède une KTM 250 SX et, en bon passionné de Suzuki, une 125 RM de 2001, une 250 RM de 1989 et une de 1979. Rouler et entretenir ces motos anciennes m’a permis d’affiner ma compréhension du comportement d’une machine, de ses réglages et de l’évolution du matériel au fil des années.
Même si j’ai remporté un titre de champion des Pays-Bas en 2011, je suis loin d’être pilote professionnel. Et il y a de fortes chances que vous aussi… Au moins, on parlera le même langage aujourd’hui !
La présentation faite, j’avoue avoir eu quelques a priori avant de débuter ce test. Ma 250 SX était équipée d’un kit disques / plaquettes provenant d’un concurrent direct de Galfer. Le disque avant proposé par le fabricant espagnol, en 260 mm et de conception monobloc, diffère de celui que j’utilise habituellement, puisque je privilégie en général un disque flottant en 270 mm.
Forcément, vient la question sur le mordant, notamment du fait de la différence de diamètre. Car Galfer ne propose pas de disque avant Shark en 270 mm à son catalogue pour KTM. Mais après tout, c’est aussi l’intérêt d’un test : pouvoir comparer. Et si Galfer nous a sollicité pour donner un avis honnête, c’est certainement parce que la marque a confiance dans son produit.
Et dès le déballage, Galfer inspire le sérieux. Le produit est soigné et la qualité de fabrication saute immédiatement aux yeux. Les finitions sont impeccables, sans la moindre arête, tandis que les marquages gravés au laser témoignent du soin apporté aux détails. Le design attire également l’attention, notamment la partie intérieure ondulée des disques, un détail original qui permet aux disques Shark de se démarquer de ce que l’on retrouve habituellement sur le marché.

À ce jour, j’ai accumulé plus d’une dizaine d’heures de roulage avec les disques Shark et les plaquettes Galfer. Je les ai mis à l’épreuve dans toutes les conditions: sable, boue, terrain béton et poussiéreux, terre meuble… bref, un panel complet. Au fil des roulages, je me suis rapidement rendu compte que l’avant et l’arrière avaient chacun leurs propres caractéristiques et me procuraient un ressenti distinct. Il était donc logique de faire un point séparé.
Comme avec n’importe quel kit de frein neuf, une période de rodage est nécessaire. Dans mon cas, une seule séance a suffi pour que l’ensemble soit prêt à être testé.
Un disque avant direct, mais efficace
Je dois admettre qu’il m’a fallu un petit temps d’adaptation au frein avant. Avant ce test, je roulais avec un disque flottant de 270 mm. Forcément, et sans grande surprise, le ressenti du disque Shark en 260 mm est un peu différent, ne serait-ce que par la différence de diamètre, mais aussi sa conception.
Le disque Shark de Galfer n’en reste pas moins très direct dans son comportement. La réponse est immédiate, précise, et surtout constante. À aucun moment je n’ai hésité à charger l’avant en entrée de virage ou à freiner tard : le répondant était toujours là. En revanche, compte tenu du diamètre plus réduit, j’ai remarqué que je devais exercer une pression légèrement plus importante sur le levier qu’avec mon ancien disque en 270 mm. En contrepartie, sur les portions lentes et techniques, j’ai finalement préféré le feeling et la précision du disque Shark à ceux de mon ancien disque flottant.
Concernant le frein avant, la différence est assez claire : un disque monobloc offre un ressenti plus direct, tandis qu’un disque flottant présente un léger jeu mécanique. À haute vitesse notamment, le disque flottant me permet d’être un peu plus agressif sur le levier. Avec le disque Shark, je devais d’abord charger légèrement le frein avant de pouvoir exploiter toute la puissance de freinage. À basse vitesse en revanche, cet aspect disparaît presque complètement et le freinage devient encore plus précis et direct. C’est quelque chose que j’ai vraiment apprécié.
Autre point que j’ai particulièrement apprécié : la capacité des disques à rester propres. Dans le sable comme dans la boue, j’ai ressenti beaucoup moins de frottements liés à l’accumulation de saletés dans les étriers qu’avec mon précédent disque. Un vrai plus.
Un arrière plus puissant, sans être brutal
À l’arrière, la comparaison était encore plus directe puisque je roulais déjà avec un disque de même diamètre. Malgré tout, la différence s’est rapidement fait sentir.
Le frein arrière s’est clairement montré plus puissant, tout en restant parfaitement dosable. Je n’ai d’ailleurs jamais bloqué la roue ni glissé involontairement, même sur des surfaces glissantes, du béton ou des terrains très secs.
Je fais partie de ceux qui utilisent énormément – peut-être trop – le frein arrière en roulant, notamment pour aider à faire pivoter la moto en entrée de virage. Et, dans les faits, je freine très rarement uniquement de l’avant. Habituellement, après une journée de moto, mon disque arrière devient bleu. Une coloration liée à la montée en température, avec un impact direct sur le feeling.
Une meilleure gestion des températures
Galfer annonce une meilleure gestion des températures de fonctionnement grâce au design du disque Shark. Il serait intéressant de pouvoir réaliser des mesures indépendantes pour comparer, mais plusieurs éléments me font penser que cette promesse est loin d’être uniquement un argument marketing. Après une dizaine d’heures de roulage, mon disque arrière n’a toujours pas bleui, ce qui constitue un premier indicateur. Le feeling est également resté constant lors des longues séances de roulage. Deuxième indicateur.
J’ai également été agréablement surpris par la durée de vie des plaquettes fournies par Galfer avec les disques. Je ne peux pas affirmer si cette longévité est uniquement due à leur qualité ou au fait que les disques Shark chauffent moins — ce qui prolongerait mécaniquement leur durée de vie — mais j’ai tendance à penser que la gestion thermique joue clairement un rôle important.
Et je dois aussi l’avouer : les plaquettes blanches apportent une petite touche esthétique vraiment sympa, surtout pour ceux qui aiment prêter attention aux petits détails.
Contacté au sujet de la dissipation de la chaleur après le test, Galfer nous a fourni le tableau ci-contre. Dans sa communication, le fabriquant Espagnol nous indique que le disque Shark offre un ‘freinage plus puissant, plus constant et plus durable grâce à une meilleure gestion de la température (-30 %), une surface de contact augmentée (+20 %) et une durée de vie des plaquettes prolongée jusqu’à 40 % par rapport à la concurrence.’

Verdict ?
Honnêtement, j’abordais ce test avec quelques réserves. « Un frein, ça freine… ». Ma moto était déjà équipée d’un ensemble disques / plaquettes d’une marque concurrente. Je ne m’attendais pas à une différence si prononcée. Au final, le kit de Galfer va tout simplement rester monté sur ma moto.
À mes yeux, c’est dans des conditions exigeantes que ces disques s’expriment le mieux : terrains difficiles, longues descentes, passages boueux, et portions lentes et techniques où la gestion de la chaleur et la précision du freinage deviennent essentielles. C’est précisément dans ce type de situation que j’ai réellement senti une différence. Et ce n’est probablement pas un hasard si, au-delà de nombreux teams et pilotes en Grand Prix, plusieurs structures engagées en Enduro font également confiance à Galfer.
Sans trop de surprise, la marque Espagnole nous a fait tester un produit premium performant. Et comme souvent avec du matériel orienté performance, il faut y mettre le prix et aussi avoir une certaine expérience pour en tirer le meilleur parti. Ces disques et plaquettes ne transformeront évidemment pas un pilote débutant en champion, mais ils prennent tout leur sens entre les mains de pratiquants capables d’exploiter leurs qualités, une philosophie qui s’applique d’ailleurs à de nombreux autres pièces et équipements sur le marché.
Pour ce test, Galfer nous a fourni un disque avant Shark en 260 x 3 mm (annoncé à 448 g), un disque arrière Shark en 220 x 5 mm (annoncé à 623 g), ainsi qu’un jeu de plaquettes Sinter Racing Off-Road.
Prix public du kit – disques et plaquettes: 343€.

















