Guillem Farres rempile au Portugal. Vainqueur de son premier Grand Prix de carrière en France au mois de mai, l’officiel Triumph a réalisé le week-end parfait à Agueda en signant un premier triplé. Revenu des USA fin 2024 après une parenthèse à oublier sur le continent américain, l’Espagnol s’est parfaitement relancé avec le team officiel Triumph en Grand Prix la saison dernière. Cette année, Guillem continue de monter en puissance et le voilà désormais en lice pour un titre de champion du monde MX2, à condition de parvenir à réduire l’écart qui le sépare encore du leader du championnat Sacha Coenen, qui compte encore 32 unités d’avance après 10 Grands Prix.
« J’aime beaucoup le tracé d’Agueda, j’ai pris du plaisir ce week-end » commente l’officiel Triumph au micro de notre correspondant Marco Kamper. « Je pense que je suis quand même meilleur sur les terrains où il y a beaucoup d’ornières. Même si la piste d’Agueda est vraiment top, avec une belle largeur et de gros sauts, c’est vraiment une super piste. La Triumph marche aussi très bien, c’est d’ailleurs pour ça qu’on n’y a pratiquement pas touché depuis plusieurs Grands Prix. C’est un vrai soulagement de se pointer derrière la grille en sachant que ma moto sera performante. En fait, on a une moto complètement différente pour le sable, et elle a déjà fait ses preuves. On a montré qu’elle était également très performante dans le gros sable. Cette moto, on ne l’utilise que sur des tracés profonds, comme Riola Sardo, Lommel, Arnhem. Pour des tracés comme celui de Kegums en Lettonie, je roule sur les mêmes réglages que sur les terrains en dur, on fait juste quelques ajustements. »
Ayant déjà soufflé sa 23ème bougie en mars dernier, Guillem Farres sera obligé de quitter la catégorie MX2 au terme de la saison 2026. Inévitablement, les spéculations vont bon train autour de l’officiel Triumph qui pourrait monter en MXGP avec le constructeur Britannique, mais aussi refaire un crochet par les USA – selon les bruits de couloir. Mais pour l’heure, Guillem reste concentré sur la saison en cours.
« L’année prochaine, je vais devoir tourner une page car j’ai 23 ans. Pour l’instant, je suis uniquement concentré sur le championnat du Monde MX2. Je n’ai encore jamais roulé sur une 450. À chaque fois que je me pointe derrière la grille de départ, j’ai le même objectif : gagner. Mais j’essaie aussi d’être intelligent et de prendre les courses les unes après les autres. On sait qu’il est impossible de gagner tous les week-ends, alors l’objectif est surtout de limiter les dégâts dans les mauvais jours… »
Lors de la conférence de presse au soir du GP d’Agueda, Guillem Farres est également revenu sur son premier triplé de carrière. Une performance que seul son principal rival au championnat Sacha Coenen avait été en mesure de signer dans la catégorie cette année, en réalisant lui aussi un week-end parfait à Trentino et Kegums.
« Je me sens vraiment bien. C’est toujours très spécial de réaliser un week-end parfait, et c’est le premier triplé de ma carrière. Le Grand Prix du Portugal est aussi particulier pour moi parce qu’il est tout près de l’Espagne. Ma famille est là, ainsi que beaucoup d’amis; je me sens comme à la maison. C’était un excellent week-end. C’est vraiment rassurant d’arriver sur un Grand Prix en sachant qu’on dispose d’une excellente base au niveau des réglages. Je n’ai absolument rien modifié sur la moto pendant tout le week-end, et c’est vraiment un facteur qui m’aide à avoir confiance quand je suis sur la moto. »
Cette confiance est aussi le fruit de plusieurs mois de développement avec l’équipe Triumph durant l’intersaison – une intersaison lors de laquelle Guillem et Camden n’ont participé à aucune course de préparation. L’Espagnol le répète d’ailleurs: il n’a effectué que très peu de changements sur sa moto depuis le début du championnat. Un constat s’impose: en seulement 3 saisons, la Triumph s’est imposée comme l’une des motos les plus compétitives de la catégorie MX2.
« Je me sens très bien sur la moto. On a énormément travaillé cet hiver. Pour des raisons dont je ne parlerai pas, j’ai manqué une partie des séances de testing, on a pris un peu de retard et j’ai dû terminer le développement juste avant Riola Sardo. Mais on avait déjà une très bonne base au niveau des réglages en Sardaigne. À chaque fois qu’on roule sur un terrain béton, comme à Montevarchi le week-end dernier, je crois que je n’ai pas touché un seul clic depuis le début de l’année. C’est génial, parce que je peux uniquement me concentrer sur mon pilotage et sur la course. »
Malgré sa victoire au Portugal, Guillem Farres reconnaît avoir été frustré par sa prestation de Montevarchi – une semaine plus tôt – où il concédait quelques unités à Sacha Coenen. Parti à la faute dès le premier tour de la seconde manche, l’Espagnol voyait la victoire du GP lui glisser des doigts.
« Le plus important, ce n’est pas de gagner tous les week-ends. Quand tout va bien, tout est toujours plus facile. C’est dans les mauvais jours que l’on reconnaît un vrai champion : il faut réussir à limiter les dégâts. J’étais un peu énervé contre moi-même la semaine dernière à Montevarchi parce que je sentais que j’avais le rythme pour me battre devant. J’ai commis une erreur dans le premier tour de la seconde manche, je suis tombé et j’ai ruiné mes chances de victoire. C’est surtout ça qui m’a énervé. »
Dans une bonne dynamique, en pleine confiance et sur une moto au point, Guillem Farres fait office de plus grosse menace pour Sacha Coenen en cette seconde moitié de saison. L’écart est toutefois toujours de 32 points, puisque Guillem n’a repris que 9 unités à l’officiel De Carli KTM au Portugal, après avoir été pénalisé de 5 points pour non-respect d’un drapeau jaune en seconde manche. Malgré tout, l’Espagnol démontre qu’il a les armes pour relancer la course au titre de champion du monde MX2 pour sa dernière année d’éligibilité à la catégorie.











