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Jace Owen “Je pense que je peux garder la tête haute”


Prince of Paris 2018, champion d’Arenacross en 2019, auteur de nombreux top 10 en SX US, également présent sur le World Supercross mais aussi en France avec l’équipe GSM Yamaha, Jace Owen a répondu présent pour cette 40ème édition du Supercross de Paris. Second en SX2 le samedi après de belles prestations face à Vialle et Shimoda, Jace Owen connaîtra un dimanche plus contrasté avec des chutes et des problèmes de dos. Il revient sur son week-end Parisien au micro d’Andy McKinstry.

Jace, un week-end positif pour toi à Paris. Le samedi, tu as vraiment très bien roulé mais le dimanche tu as chuté au départ d’une manche, mais aussi en superpole. Il y a tout de même du positif à retenir.

Je pense que je peux garder la tête haute. Personne ne s’attendait à ce que je sois devant avec Shimoda ou Vialle et je pense que le samedi, je leur ai donné du fil à retordre. Ils sont pilotes factory, KTM et Honda, je suis chez GSM/Dafy/Michelin Yamaha et ils travaillent dur pour me fournir la meilleure moto possible. La moto est bonne, on a travaillé dur dessus et je suis très reconnaissant du travail fait par les mécaniciens. Le jeudi soir, ils ont bossé jusqu’à une ou deux heure du matin avant d’amener la semi-remorque ici. On ne voit pas ça très souvent et ils font vraiment beaucoup d’heures à l’atelier. Je voulais me prouver quelque chose ce week-end, mais aussi au team; ils font beaucoup pour moi et j’ai connu une année difficile avec des problèmes au dos. J’ai un souci au niveau d’un disque et d’un nerf.

Le samedi, c’était génial. J’étais rapide toute la journée et j’ai signé un 2-3-2 pour terminer second de la journée entre les pilotes Factory. Le dimanche a été différent mais le début de journée s’est bien déroulé, j’ai signé la pole aux essais et j’étais plus rapide que les autres lors des qualif’ et c’était important pour moi. J’ai terminé second de la première manche mais au second départ, je suis tombé et je me suis refait mal au dos. Je ne vais pas mentir, c’est très douloureux ce soir. On va essayer de soigner ça, mais le plus compliqué, c’est qu’on va devoir prendre l’avion dès demain (lundi) pour aller à Melbourne et je vais devoir passer 25h dans les avions. Ce ne sera pas simple mais bon, on sera prêt.

Ton dos ne t’a pas gêné le samedi ? Tu te sentais comment avant ta chute du dimanche ?

Pour moi, il était surtout question de retrouver de l’endurance sur la moto. Le samedi, ça s’est vraiment bien passé de ce côté-là, je me sentais bien et le dimanche, j’étais vraiment fatigué. Ce sont deux longues journées et j’ai pris 4 mois de repos en tout. J’ai roulé quatre fois avant Abu Dhabi, puis une fois de plus avant le Supercross de Paris. Après 4 mois de pause, j’ai dû rouler 8 fois avant ces deux dernières épreuves. Je suis toujours motivé quoi qu’il arrive, je me sens bien, je suis en phase avec la Yamaha et l’équipe; ils bossent dur. J’ai envie de finir la saison sur de bonnes notes avec eux, ma dernière course sera à Melbourne et je vais faire tout ce que je peux pour que mon dos ne soit pas un problème. Heureusement, les courses sur le WSX sont courtes, donc ça devrait le faire.

Jace Owen n’avait rien à envier à Tom Vialle et Jo Shimoda le samedi

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Qu’as-tu pensé du tracé du Supercross de Paris cette année ? Ça fait quelques années qu’il n’avait pas été autant typé “SX”, selon moi. 

Je dirais la même chose. Les whoops n’étaient pas aussi gros que l’an dernier mais ils étaient quand même difficiles. Certains enchaînements étaient chauds et devenaient de plus en plus costauds à chaque tour. La terre a vraiment séché et est devenue très  dure le dimanche comparé au samedi mais il y avait toujours des ornières dans les appels et ça pouvait te prendre par surprise. C’était plus typé SX que ces dernières années. J’ai roulé ici pour la première fois en 2018 et j’avais gagné à l’époque. Je voulais jouer la gagne aussi cette année, j’ai tenté de me mettre dans une bonne position dès le samedi mais j’ai connu deux journées bien différentes. La pole aux essais, second de la première manche le dimanche et de là, c’était la merde mais le week-end reste quand même positif.

Tu roules un peu partout en Europe dernièrement. Tu étais déjà présent ici en 2018, tu as roulé sur quelques ADAC, tu étais même sur le SX Tour cette saison. Qu’est-ce qui te plaît tant en Europe ?

Je ne sais pas, ça me motive de venir ici pour rouler. Je vieillis aussi et je sais que je ne vais pas rouler toute ma vie, pas vrai ? Je suis à fond dans ma carrière à l’heure actuelle et je profite de ces opportunités pour devenir le meilleur pilote possible. Je n’étais pas vraiment très bon chez les amateurs mais j’ai rencontré du succès en Arenacross et je me suis construit comme ça. À plusieurs reprises, et même cette année après ma blessure au dos, je me suis demandé si je voulais continuer à faire tout ça. J’aime ce sport et j’aime rouler mais à chaque fois que je vais de l’avant, je me prends un revers et je repars de loin… Il faut que je continue de travailler dur, et que je me fasse confiance. Tant que je le peux, je veux tirer le meilleur parti de mes années de compétition, pour la suite.

Le Supercross, c’est vraiment quelque chose aux USA mais je pense que les fans à travers le globe méritent d’expérimenter ça. Je suis un fan du World Supercross mais il reste des améliorations à faire. Abu Dhabi, ce n’était pas vraiment ce qu’on pouvait appeler une épreuve de rang mondial. Ceci dit, ils ont aussi fait du bon boulot à Cardiff, Villa Park, Melbourne … Tu penses quoi du WSX ?

J’adore le concept du World Supercross et surtout car j’ai été un pilote qui ne faisait que du SX pendant de nombreuses saisons, donc ça crée encore de nouvelles opportunités. Dès que le championnat WSX a été annoncé, aux USA, ils ont répliqué avec une tonne d’argent pour les pilotes. Maintenant, il y a ce SuperMotocross avec 10 millions de dollars à la clef. C’est une bonne chose pour le sport mais aussi pour moi, car ça me permet de rouler aux USA puis ensuite à l’étranger tout le reste de l’année.

Cette année a été un peu difficile avec les annulations de courses, mais ce n’est pas simple à mettre en place. Ils sont en compétition avec un championnat qui est en place depuis des décennies. Le terrain d’Abu Dhabi était vraiment petit, les virages en S n’ont pas aidés et les courses étaient vraiment serrées. J’imagine que c’est aussi ce que les fans veulent voir, même si pour nous pilotes, c’est vraiment difficile de faire la différence. C’est quand même une bonne chose et j’espère que ce championnat continuera de se développer. Il y a de nouveaux investisseurs qui sont arrivés et ils ont l’air motivés pour relever le défi. Ça pourrait vraiment être un beau championnat, ce serait top qu’ils puissent organiser 5 épreuves et qu’ils puissent s’y tenir, sans devoir en annuler par la suite.

En grande forme le samedi, Jace Owen a souffert de problèmes de dos le dimanche; les chutes n’ont pas aidé.

Il y a eu un très long break entre la première et la seconde épreuve.

Oui, mais pour moi, ça s’est plutôt bien goupillé parce qu’avec mon dos, je n’aurais pas été en mesure de rouler de toute façon. Avoir ce break, c’était vraiment nécessaire pour moi mais je pense vraiment qu’Adam Bailey et son équipe vont continuer à faire évoluer ce championnat, et qu’il sera encore meilleur l’an prochain. Je suis certain que Melbourne sera une belle épreuve car c’est l’Australie, c’est toujours énorme, et ce sera une étape importante pour le World Supercross.

Après Melbourne, j’imagine que tu vas t’occuper de ton dos mais à l’approche de 2024, quels sont les plans ?

Je ne suis pas certain. Pour l’heure, je n’ai encore rien signé, je suis libre de tout contrat. Je roulerai peut-être en Arenacross, il y a eu quelques discussions mais le truc c’est que l’Arenacross, c’est le week-end après Melbourne; il y aurait deux soirées consécutives puis un mois de break. Il va falloir que toutes les pièces du puzzle s’emboîtent et on verra ce que je ferai l’an prochain. 

En Supercross, c’est difficile de ne pas être sur une moto d’usine face aux pilotes Factory, à se battre chaque week-end pour intégrer le top 10. Est-ce que je pense pouvoir faire mieux que 10ème ? Oui, mais tu sais, il faut aussi décrocher les résultats pour mériter un guidon d’usine. C’est difficile et le niveau est relevé; c’est très compétitif. Il y a dix pilotes Factory derrière la grille chaque week-end et ce sont de très bons pilotes. Tout le monde travaille dur pour ce statut Factory mais bon, on va continuer de travailler, je me concentre sur moi-même et j’essaie de gravir les échelons, je verrai jusqu’où ça peut me mener.

Interview: Andy McKinstry – Gatedrop

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