James Stewart « La dernière fois que j’ai roulé, j’ai presque fait la même chose que Romain Febvre à Paris »

James Stewart « La dernière fois que j’ai roulé, j’ai fait presque la même chose que Romain Febvre à Paris »

Incroyable mais vrai – et comme un cheveu sur la soupe – James Stewart vient de faire son retour dans le monde des vivants avec un podcast – Bubba’s World – consacré à sa vie, à sa carrière, et au Motocross en général. En bref, c’est Noël avant l’heure, et surtout, de quoi occuper vos longues journées d’intersaison en attendant le retour des compétitions. Le premier épisode – disponible ici en  Anglais – dure une heure et James y aborde un paquet de sujets, dont 2012, Yamaha, Romain Febvre à Paris, le Supercross de Bercy ou encore 2022. On a écouté, on a adoré, et on vous a posé à l’écrit quelques passages croustillants de ce premier podcast sans langue de bois …

James Stewart, à propos du podcast.

« […] J’ai toujours adoré le contact avec les fans, ça s’est ressenti dans beaucoup de choses que j’ai faite, et dans ma façon de piloter. De tous les quadruples que je faisais, il n’y en avait pas beaucoup qui me faisaient aller plus vite au tour mais j’adorais les envoyer et entendre le public hurler. J’ai toujours été ce genre de personne, j’adorais faire des dîners, donner des casques, c’est qui je suis et c’est pour ça que je me suis dit que ce serait top de faire un podcast. Je veux avoir l’opportunité de parler à des millions de gens, ou peu importe combien m’écouteront, pour leur dire ce que je pense quand je le pense; ce n’est pas une interview, personne ne me paye pour faire ça, je paye de ma propre poche pour qu’on fasse ça et ça me rappelle la fois où j’ai roulé en outdoor gratuitement, je l’ai fait pour une raison particulière, parce que je le voulais. Pourtant, quand je me suis retrouvé à dévaler la piste à Thunder Valley dès la troisième épreuve, je me suis dit « j’aurai dû y réfléchir plus longuement » [rires]; je crois que c’était en 2012. […] »


James Stewart, suite à sa chute de Houston en 2012.

 » […] Peu de personnes sont au courant, mais quand je suis tombé lors de ma dernière course sur la Yamaha – et ce n’est pas une attaque envers Yamaha – j’avais décidé d’arrêter. De nos jours, toutes les motos conviennent à un type de pilote. La Yamaha s’est vraiment améliorée depuis mon époque et quand j’ai eu l’occasion d’en piloter une en 2017 ou 2018 pendant le JS#7 ride day, je n’arrivais pas à croire à quel point la moto avait progressé. Tu peux prendre n’importe quelle moto et être compétitif de nos jours, même si certaines marques sont un poil au-dessus des autres. Bref.

Quand je suis tombé lors de cette épreuve à Houston, je me suis relevé, j’ai cherché à voir si j’étais blessé. Je me suis assis sur un ballot de paille et je me suis dit « J’arrête ». C’était terminé, James Stewart venait de mettre fin à sa carrière au Supercross de Houston en 2012. Je me suis levé, j’ai quitté la piste à pied et je suis rentré aux pits en laissant la moto – qui était pliée – sur place. « J’arrête ». « Mais non, tu es juste tombé ». « Non, j’arrête, je ne roulerai plus jamais ». Je prends mon mécanicien à part « Hey, j’arrête, je voulais juste te le dire ». J’étais tombé trop de fois dans ma carrière.

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Si Mike Webb – de Suzuki – ne m’avait pas appelé pour me parler de leurs problèmes et de leur besoin de trouver un pilote, je me serais arrêté en 2012, mais j’ai eu une opportunité et 3 semaines plus tard, j’étais sur une Suzuki. Un mois plus tard, on était présent sur l’outdoor. Le lundi après l’épreuve de Houston, j’avais mal partout et je n’arrivais pas à croire que j’étais tombé sur cet enchaînement. Je l’avais sauté de la même façon à chaque tour mais cette fois, l’appel m’avait trahi et j’ai sauté 10 cm trop loin. Je revenais tout juste de mon traumatisme crânien, je m’étais fait percuter dans le premier tour à Indianapolis, ma moto avait fait un flip dans les airs et je m’étais ramassé le bras oscillant dans la tronche; ça m’avait mis K.O. J’ai loupé Toronto car j’avais la main cassée. J’étais revenu et voilà que je chutais à Houston. Ce soir-là, on s’était bien battu avec Kevin Windham lors de la heat, puis il a scrubbé trop fort en essayant de suivre le petit jeune [rires ]…. Ce soir-là, il a également décidé qu’il était temps d’arrêter. […] »

James Stewart, à propos de Romain Febvre à Paris.

« […] La dernière fois que j’ai roulé, j’ai presque fait la même chose que Romain Febvre à Paris. J’ai eu l’impression de passer 10 minutes en l’air et je me suis dit « je suis bien trop vieux pour ça, c’est pour ça que je ne roule plus ». C’était peut-être en 2018; le genre de chute qui ne devrait pas arriver, mais qui arrive quand même. Ça me rappelle Southwick en 2016, j’étais tout seul devant, à fond, et j’ai perdu l’avant. J’avais 10 secondes d’avance alors que vu comment je roulais, je me disais que je n’avais rien à faire en tête; et paf, c’était plié. J’étais à fond de première, et la moto m’a échappé; je savais qu’on aurait dû ralentir le rebond de l’amortisseur, et non pas l’accélérer [rires]. Ce genre de chute, ça arrive quand tu roules sur des courses, mais pour Febvre … C’est difficile … Un tibia péroné ? Outch … Il faut apprendre à utiliser ses jambes comme des suspensions.

En fait, c’est un peu comme regarder des mecs faire des roues à 70km/h pendant des kilomètres dans la rue sans les mains; je ne connais aucun pilote de Supercross pro’ capable de faire ça; mais quand tu mets ces mecs-là sur un terrain de Supercross…. C’est pareil avec les pilotes de GP. Romain ne serait jamais tombé de cette façon-là sur une épreuve de motocross, je pense qu’ils ont l’habitude de se prendre des vilains kicks comme il a pris, mais ils n’ont pas l’habitude du timing en Supercross. Ces mecs sont vraiment très bons, et si je devais parier sur les meilleurs pilotes de GP face aux meilleurs pilotes AMA en Motocross, je pencherai pour les pilotes de GP mais en Supercross …? C’est dingue de voir à quel point ces gars sont forts, mais dès qu’il s’agit de faire du Supercross c’est différent; et encore, là, on est sur un terrain qui ressemble plus à de l’Arenacross […] »

James Stewart, à propos du Supercross de Paris.

« À l’époque, on faisait l’US Open et le Supercross de Paris. À Paris, je faisais 18 départs en 3 jours ! J’avais l’impression d’être un esclave dont on se servait (rires), je roulais bien plus que n’importe quel autre pilote présent, c’était dur. J’adorais l’ambiance, la cérémonie d’ouverture, les gens présents, mais ils venaient tous pour voir James Stewart faire des courses de 3 tours et j’étais complètement épuisé de rouler. Il y avait la superpole, la pole arc en ciel, le strip pole, la bubba pole, toutes les poles du monde [rires]. Il fallait tout gagner et l’année où Brayton a été king of bercy, j’avais remporté toutes les manches sauf UNE. J’ai terminé 3ème je crois, je ne suis même pas sûr d’avoir fait le podium final. […] »

James Stewart, à propos de la saison 2022.

« Ce sera cool de suivre la saison 2022, je pense que beaucoup de pilotes vont devoir franchir un cap. Ce sera intéressant. Je me demande comment Cooper Webb va rouler ou ce que vaudra Dylan Ferrandis en Supercross après son titre outdoor, je ne sais pas si beaucoup de gens l’ont dans leurs pronostics pour remporter le titre. Il y aura aussi Eli Tomac sur la Yamaha, Malcolm avec son nouveau programme avec Aldon Baker, Marvin Musquin, peut être même Reed qui reviendra, qui sait ? Il a dit qu’il voulait rouler à Daytona [rires], ce mec adore rouler. Je ne sais pas comment il fait, mais je ne suis pas dans le même état d’esprit que lui. Moi, je me revois rouler en 10ème place à Washougal avec des ampoules plein les mains, à me faire déposer par Benny Bloss alors que je pensais que c’était un retardataire [rires]. Je n’ai jamais réussi à aimer la compétition autant que Chad Reed l’aime, et c’est pourquoi j’ai arrêté. […] »

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