Jeffrey Herlings a écrasé la concurrence à Lommel en signant le triplé, mais le Néerlandais affichait malgré tout une certaine frustration dimanche soir après avoir été victime d’un nouveau problème mécanique en seconde manche. Malgré ce désagrément, l’officiel Honda HRC Petronas décroche son 120e succès (!) en Grand Prix et s’offre désormais un véritable boulevard au championnat à quelques semaines de la finale australienne. Il revient sur son week-end en Belgique.
« C’était un super week-end », explique Jeffrey Herlings, seul au monde à Lommel. « Comme à Loket, j’ai été le plus rapide à chaque séance aux essais et je suis parti devant deux fois. Je n’ai pas eu de plaque noire parce que j’ai viré un peu large dans le premier virage. Mais ça reste deux bons départs. J’ai mené tous les tours, c’était parfait. Mais j’ai rencontré un problème mécanique en seconde manche, et j’ai dû ralentir le rythme. J’ai conservé une avance de +/- quinze secondes et je suis content d’avoir pu terminer la manche. Une victoire de plus, 60 points au compteur, des points énormes pour le championnat maintenant. »
Avec 104 points d’avance au championnat sur Romain Febvre avant Uddevalla, Jeffrey Herlings se retrouve dans une situation plus que confortable. Pas question pour autant de changer de cap d’ici la finale en Australie. Retour au boulot, notamment pour préparer le GP d’Arnhem.
« Il faut rester concentré, essayer de rester affûté, il reste encore cinq épreuves. Il va aussi falloir beaucoup travailler et se concentrer sur Arnhem, parce que ce sera encore une course dans le sable. On doit bosser, mais l’équipe travaille très dur jour après jour et prend les choses très au sérieux. On doit continuer à tout donner et à essayer de progresser. »
Après un cavalier seul en première manche à Lommel, Jeffrey Herlings était sur le point de rééditer en seconde manche avant de rencontrer un problème mécanique qui forcera l’officiel Honda à préserver sa 450 CR-F pour aller jusqu’au bout.
« Je priais : “Allez, encore un tour, on peut faire encore un tour.” J’ai tout fait pour préserver la moto du mieux possible, ça fait aussi partie de la gestion de course. En Formule 1, il faut économiser les pneus. Là, il fallait préserver le moteur. Heureusement, j’ai réussi à le faire. Je pense que si on regarde mes disques d’embrayage, ils seront encore neufs, je ne l’ai pas touché de la manche ! Je suis content d’avoir pu prendre un bon départ et d’avoir été devant directement : j’ai pu gérer ma course de cette façon. On a des problèmes, et on ne peut pas le nier. On a eu un problème en Lettonie, un problème ici. On doit travailler pour éviter que ça ne se reproduise dans le sable à Arnhem, car ce sera la dernière course sur cette surface. On continue à faire au mieux. L’équipe me soutient à 100 % et travaille dur dans tous les domaines. Ils vont régler ça, on a un peu de temps devant nous. »
Intouchable à Lommel, Jeffrey Herlings n’a même pas eu besoin de puiser dans ses dernières réserves. Avec 45 secondes d’avance en première manche, le Néerlandais avait largement de quoi gérer… et pas question de prendre le moindre risque.
« J’avais encore de la marge. Dans la seconde manche, tout le monde a pu voir que je ne pouvais pas attaquer plus que ça. J’essayais de finir la course. Mais en première manche, je pouvais maintenir un bon rythme. Je pouvais même aller chercher une ou deux secondes au besoin. Mais je n’ai pas voulu prendre ce risque, parce que je n’en avais pas besoin. J’ai quand même réussi à gagner avec 45 secondes d’avance… aucune raison de prendre des risques. Ce week-end, Lucas aurait été le gars à battre. Mais il n’était pas là à cause de sa blessure. Je pense qu’en première manche, j’aurais clairement pu me battre avec lui. J’espère qu’il sera de retour avant la fin de saison, qu’on puisse encore se faire quelques bagarres, parce que c’est dommage que les choses aient tourné comme ça. »
Une nouvelle fois, Herlings compare la Honda à la KTM. Plus ironique encore, le Néerlandais fait cette fois l’éloge de la 450 CR-F aux côtés de Tim Gajser en conférence de presse. Le Slovène, lui aussi présent sur le podium à Lommel, ne peut que constater l’adaptation de Herlings à la machine qu’il pilotait encore la saison passée.
« Après 17 ans chez KTM, j’ai signé chez Honda sans même essayer la moindre moto, sans faire le moindre testing. C’était un gros pari et, heureusement, il est payant. En plus, c’est un prototype. Cette moto commence seulement à arriver dans les concessions aujourd’hui. C’est comme un bébé : on doit encore apprendre à la faire marcher correctement. Il y a encore quelques problèmes de jeunesse sur cette moto qu’on doit régler parce qu’elle est toute nouvelle. La moto que Tim pilotait l’année dernière avait déjà plusieurs années d’évolution sur la même plateforme, donc ils avaient énormément d’expérience et de données. On est encore en train d’apprendre et de découvrir des choses sur cette moto. Mais elle me convient mieux.
La Honda est un peu plus vive. La KTM a énormément de couple, mais c’est une moto plus souple en bas, mais tout de même brutale. La Honda bouge davantage et elle est beaucoup plus réactive au départ. C’est quelque chose que j’avais demandé, dont j’avais besoin. Lors des premiers départs que j’ai effectués, Giacomo [Gariboldi] était là. C’était en Espagne, et je me suis dit : “Waouh, cette moto est incroyable.”
J’ai pris de bons départs à Foxhill, à Loket et encore ce week-end. Mes départs se sont donc améliorés. La moto me convient vraiment très bien maintenant – et même dans le sable. Parce qu’en début d’année, on avait quelques difficultés dans le sable. On a changé certaines pièces et, maintenant, comme vous avez pu le voir ce week-end, ça fonctionne vraiment bien. La moto est vraiment efficace. »
















