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Jett Lawrence “En Europe, on essayait juste d’avoir un guidon pour survivre”

Interview: Conférence de presse

Quatre épreuves, trois victoires, pas pire qu’une seconde place en cette première moitié de saison sur la côte Ouest, Jett Lawrence ne laisse pas vraiment de place au suspense. Un ton au-dessus de ses principaux adversaires, le pilote Australien compte 20 points d’avance avant l’entame d’un break de 4 semaines, que ce dernier mettra à profit en débutant le testing sur la 450; machine qu’il pilotera sur le championnat outdoor, mais également sur le championnat SuperMotocross en fin d’année. Micro.

Jett, tu as dit que tu étais tombé malade juste avant la finale d’Oakland. C’est a force de manger tes donuts, où juste de la nervosité ?

Aucune idée. J’ai vomi mon diner et je me suis dit que ce n’était pas vraiment bon signe. Je ne sais pas … Ces derniers jours, j’ai beaucoup mangé, comme un petit gros, j’imagine que c’est la suite logique après ces derniers jours à me goinfrer. J’ai quitté le camion et j’allais bien, et sur la route pour aller jusqu’à la grille de départ, j’ai senti que mon estomac était vraiment trop plein, je savais que j’allais vomir. J’ai choisi ma place sur la grille et j’ai demandé à mon mécano de me donner une petite minute. Je me suis retrouvé dans un coin à vomir et je me suis dit “Okay, c’est pas cool çà”. J’étais un peu énervé parce que j’ai commencé à entendre des fans rigoler. J’ai levé la tête, et je leur ai lancé “Hey, c’est pas cool, ça craint les gars”. Mais en vrai, c’était assez drôle comme situation. J’ai dû manger un truc pas bon, où j’ai juste trop mangé.

Dans le premier tour, tu t’es envolé très loin sur le premier triple. Comment as-tu réussi à rester patient en début de course ?

Je ne me souviens pas trop, mais je sais que je me suis mis long sur quelques sauts en début de finale. À un moment, sur le triple après le saut d’arrivée, je me suis mis vraiment long et je suis atterri dans l’appel du roller, j’ai bien cru voir Jésus …

Dans le dernier tour de la manche qualificative, tu avais une belle avance et tu as tenté le quadruple et tu t’es mi court. Pourquoi avoir tenté ?

En fait, j’ai essayé de l’envoyer une première fois à la mi-course en heat, je me  suis mis un peu court et je me suis dit que ça piquait un peu. Dans le dernier tour, j’ai bien pris le triple précédent et je voulais essayer de nouveau car ma trajectoire n’avait pas l’air trop molle, mais dès que j’ai quitté l’appel je savais que ça allait laisser quelques traces. Je me suis mangé toute la réception du quadruple, je n’en ai pas loupé une miette. Je l’ai bien senti dans les chevilles, dans les poignets, dans tout mon corps [rires]. Je pensais vraiment que j’allais pouvoir l’envoyer dans le dernier tour. De là, je me suis dit que c’était hors de question de le faire en finale.

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Tu vas avoir quelques semaines de repos, tu feras quoi ? Tu vas monter sur la 450, préparer l’outdoor ?

Dans la semaine, je vais débuter la préparation sur la 450 pour faire du testing en Supercross. On va en profiter tant que je suis bien en jambe en Supercross, mais ce sera surtout pour se préparer pour les playoffs du Supermotocross qui se disputera en fin d’année. Histoire d’avoir une base au niveau des réglages car personne ne sait vraiment à quoi ça va ressembler, et comment les pistes seront préparées. On va faire du testing pendant une semaine, peut être quelques semaines à l’entraînement en Supercross, peut-être un peu d’outdoor. On n’est pas encore certain à 100% du programme. Une semaine où deux avant Seattle, on remontera quoi qu’il arrive sur la 250.

Donc on est sûr à 100% de ne pas te voir rouler en 450 sur la côte Est ?

C’est ça, c’est la décision la plus intelligente à prendre. Je sais que les gens aimeraient beaucoup me voir rouler en 450 mais il y a un facteur risque. S’il y a un incident avec un autre pilote, qu’est-ce qu’il pourrait arriver ? Je pourrais bien me faire un fémur si quelqu’un qui ne m’aime pas décide de me rentrer dedans, il y a beaucoup de facteurs à prendre en compte. Je peux me faire mal au genou, tenter d’envoyer un quadruple trop long parce que je suis en 450. Beaucoup de choses peuvent arriver en 450, et si j’en viens à louper le titre de champion en 250 à cause de ça, ce serait vraiment la catastrophe. Donc on a pris la décision la plus intelligente, celle de ne pas encore rouler en 450.

Pensais-tu qu’en venant aux USA, tu rencontrerais autant de succès ?

Non. À l’époque où j’étais encore en Europe, si on m’avait dit que j’en serai là aujourd’hui, j’aurais répondu “aucune chance”. On était au fond du trou, financièrement parlant. En Europe, on essayait juste d’avoir un guidon pour tenter de survivre, et se faire un peu d’argent. Si on m’avait dit que ça se passerait comme ça pour nous aujourd’hui, j’aurais rigolé en vous répondant que c’était impossible. Jusqu’à présent, ma carrière aux USA est incroyable. Ici, tout le monde m’a accueilli à bras ouverts. Toutes les équipes ont été au top, on se sent vraiment comme intégré à une famille ici.

Jett Lawrence “En Europe, on essayait juste d’avoir un guidon pour survivre”

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