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Ken Roczen “plus prêt que jamais à me battre pour un titre”

Images: Suzuki Racing

Un holeshot, tous les tours en tête, et une première victoire de saison. Ken Roczen a réalisé la finale parfaite ce samedi à Glendale et remporte son 22ème succès dans la discipline. Le pilote Allemand a repris 6 points à la plaque rouge et gagné une place au championnat ce week-end. Ken aborde la première pause de la saison avec la sixième place du provisoire, à 15 points de Jett Lawrence. On n’avait encore jamais connu un début de saison aussi serré, avec 7 pilotes en seulement 17 points au terme de 6 épreuves. Voilà qui n’est pas pour nous déplaire. Micro.

Ken, félicitations pour cette victoire. Sur le podium, tu as dit que tu n’avais pas souvent gagné, mais te voilà avec 22 victoires. Tu es égalité avec Cooper Webb, 10ème de la all-time winner list.

Oui, mais c’est surtout que je ne gagne plus beaucoup ces derniers temps alors quand je gagne, j’en profite à 200%. Ma dernière victoire avec l’équipe, c’était l’an dernier, donc il y a un an. Je sens que je roule vraiment bien, je n’ai simplement pas beaucoup de chance dans le premier virage ces derniers temps et c’est vraiment mon talon d’Achille.

Là, j’ai pris un super départ en finale, et j’ai peu être coupé les gaz un poil trop tôt mais j’ai été en mesure de me faufiler à l’intérieur dans le premier virage et j’étais en tête dès le début de course. J’avais enfin le champ libre dont j’avais besoin pour être en mesure de faire ma propre course. Pendant toute la journée, le tracé a été arrosé et au fur et a mesure des sessions, ça s’est vraiment bien séché. Il fallait faire attention dans certaines portions délicates. Les enchaînements étaient vraiment longs, je ne jouais pas la montre, je faisais en sorte de me concentrer sur chacun de mes tours.

Tu as déjà rencontré du succès à Glendale par le passé. Qu’est-ce qui fait que tu roules si bien ici, c’est la nature de la terre, le stadium, autre chose ?

Bonne question. Honnêtement, je me sentais un peu en dedans toute la journée. Sur cette piste, ça ne venait pas aussi naturellement que lors des dernières épreuves. À Detroit par exemple, je me suis tout de suite senti très à l’aise. Ce n’était pas le cas ici alors je suis un peu surpris que ma soirée ait pris ce tournant. Jett pourra vous en parler, il sait très bien à quoi ressemble ma piste (en Allemagne), elle est assez identique à ce qu’on a retrouvé ce week-end; elle l’était à l’époque tout du moins. Il y a certaines choses qui restent simplement gravées dans ta tête à vie, peut-être que ça a quelque chose à voir avec ça.

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Tu dis avoir été en-dedans ce soir, pourtant ça a fonctionné pour toi alors que ces dernières semaines, les résultats n’étaient pas toujours ceux espérés.

Oui. Mon plus gros problème, c’est vraiment le premier virage à chaque finale. Je sors généralement bien de la grille, mais soit je me retrouve avec un mec à l’intérieur dans le premier virage et je ne peux pas tourner, soit je percute la roue arrière d’un autre pilote et je tombe. Je me suis souvent retrouvé dans le milieu du paquet dans le premier virage. Ce samedi, je suis arrivé sur la piste de Glendale et je me sentais un poil fatigué, j’avais un peu de mal à me mettre dedans, avec la piste. Après, ça ne me stresse pas plus que ça parce que je sais que quand le programme de la soirée démarre, je suis en mesure de trouver des solutions; c’est ce que j’ai fait ce soir.

Gagner la manche qualificative et avoir une bonne place sur la grille pour la finale, c’est important ?

Oui, mais ça dépend de la piste. Ici, il y avait plus de choix. À Detroit, la place sur la grille était très importante; le tracé était vraiment petit. Les ornières étaient vraiment pourries, alors c’est toujours bon de pouvoir avoir le premier choix de grille pour la finale, afin de prendre la meilleure trace. Parfois, c’est encore pire que ça … Gagner la manche qualificative, c’était vraiment cool. Ça te permet d’aborder la finale en étant plus léger, tu sais que tu peux choisir n’importe quelle place sur la grille, et c’est vraiment une bonne chose quand tu vois le plateau cette saison. Le départ est très important. Je ne dis pas que tu ne peux pas gagner si tu pars dans le top 5 ou même dans le paquet, mais quand un mec rapide se retrouve en tête, c’est vraiment difficile d’aller le chercher si tu galères dans le paquet en début de course.

En comparaison avec le Ken Roczen de 2014, abordes-tu les courses différemment, avec ton expérience ?

Ce qui a changé, c’est mon état d’esprit. Je suis bien plus à l’aise dans ma tête le jour des épreuves qu’il y a 10 ans, et même que ces dernières années. J’ai le sentiment que cette année, je suis plus prêt que jamais à me battre pour un titre. C’est bon de penser comme ça. Je vois les choses différemment, je stresse moins. J’apporte moins d’importance aux essais par exemple. Je ne dis pas que je n’ai pas le trac à chaque week-end de course, mais c’est différent désormais.

Parfois, tu te sens plus stressé que d’autres. Tu dois te forcer à sortir de ce stress pour te concentrer sur la finale. Parfois, tu te réveilles du mauvais pied et ça rend les choses plus compliquées. Ce samedi, j’ai eu le sentiment de m’être levé du mauvais pied par exemple. Maintenant, je sais comment mieux gérer ces situations. Tout est une question d’expérience, je pense. J’aurais bien aimé avoir cette mentalité un peu plus tôt dans ma carrière, car désormais, elle est bientôt terminée.

Finalement, ce début de saison est plutôt frustrant, ou plutôt positif ?

Il est un peu frustrant, mais il faut aussi savoir provoquer sa chance. Certaines choses sont contrôlables, d’autres ne le sont pas. J’ai déjà été plus frustré que ça, j’ai déjà quitté des stadiums en étant vraiment énervé, en me sentant comme une merde parce que j’avais fait une mauvaise course. Mais quoi qu’il se passe, que je chute dans le premier virage ou autre, je donne toujours tout sur la piste et j’attaque jusqu’au drapeau à damier.

Quand tu te sens bien et que tu fais tout ce qui est en ton pouvoir pour que tout se déroule bien, c’est différent. Je suis dans cette situation et du coup, la colère et la frustration sont plus faciles à évacuer. Je me dis que c’est comme ça, que ce n’est pas de ma faute, et désormais j’arrive à mieux mettre ces sentiments de côtés quand les résultats ne sont pas ceux espérés.

Avec les grilles en métal et les kits de départ, il y a moins de séparation entre les pilotes en sortie de grille. C’est encore plus difficile de faire la différence, et de partir devant régulièrement ?

Peut-être, mais quand je rate ma sortie de grille, je me retrouve derrière quand même, donc … Oui et non, difficile à dire. J’aime bien les grilles de départ en métal car au moins, c’est équitable pour tout le monde. C’est comme ça, je n’ai jamais trop réfléchi au sujet en fait.

Ken Roczen “plus prêt que jamais à me battre pour un titre”

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