Bol d’air pour Malcolm Stewart, qui décroche son premier podium de la saison à Detroit. La campagne 2026 de l’officiel Husqvarna avait mal démarré dès Anaheim 1, puisqu’il se prenait Justin Barcia sur le dos dès le premier tour de la première finale de la saison. Touché à l’épaule, Malcolm a depuis serré les dents en attendant des jours meilleurs, mais pas toujours dans les meilleures conditions mentales. Il revient sur cette période difficile. Micro.
Malcolm, félicitations pour ce podium. L’incident d’Anaheim 1 commence à dater, mais qu’est-ce que ce résultat représente pour toi ?
C’est génial. Anaheim 1, c’était vraiment chaotique. Pouvoir m’en sortir sans grosse blessure, c’était déjà incroyable en soi. Je sentais qu’après ça, j’étais dans une spirale dont il était vraiment difficile de sortir. Je ne roulais pas comme je savais le faire, évidemment en partie à cause de cette blessure à l’épaule. Tout le monde progressait, allait dans la bonne direction, et moi je sentais que je stagnais. J’étais incapable de trouver comment m’améliorer.
Je pense que cette pause m’a fait du bien. J’ai décidé d’arrêter de me préoccuper des autres, de qui finissait devant moi, et je me suis concentré sur moi-même et sur mes progrès. Je me suis dit : « sois juste toi ». C’est ce que j’ai fait, et quand on a repris le championnat, j’ai fait une belle course à Birmingham. Accrocher la troisième place ce soir, c’est vraiment génial. Je me suis rendu compte qu’il fallait que j’arrête de me préoccuper des autres et que je me concentre sur moi-même.
Comment s’est traduit ce changement de dynamique ?
C’est très simple : j’ai beaucoup pêché ! Et je pense que ça m’a permis de retrouver une bonne dynamique. En tant que pilote, il est facile d’entrer dans cette spirale infernale, de vouloir réussir mais de ne pas parvenir à retrouver son rythme et son niveau. On se préoccupe trop de ça, et ça nous pénalise plus qu’autre chose. Au lieu de ça, il faut parvenir à se vider l’esprit, pour que tout redevienne plus simple. Encore une fois, je suis très heureux de monter sur le podium ce soir. Pour moi, ce podium, c’est comme une victoire.
Est-ce que tu es encore en train de chercher des réglages sur la moto à ce stade de la saison, sachant que tu es sur la même base que l’an dernier ?
Bonne question. Depuis Anaheim 1, j’ai fait beaucoup de changements sur ma moto pour compenser mon épaule blessée. Au fur et à mesure que ma vitesse revenait, je faisais d’autres ajustements, mais je sentais que j’étais dans une période de stagnation. Je ne savais pas comment repousser les limites, aller de l’avant, progresser. Après la pause, on est reparti sur les réglages qu’on avait avant Anaheim 1 et depuis, je me sens vraiment bien.
On entendait dire que tu étais en super forme à l’intersaison, on a beaucoup entendu parler de toi. Puis il y a eu cet incident dès la première épreuve à Anaheim 1. Comment as-tu fait pour surmonter ça avec ton expérience ?
Je roule au niveau professionnel depuis 16 ans, et on se dit toujours que ça va aller mieux de course en course. Mais après Anaheim 1, j’avais l’impression de faire ma première saison chez les pros. Dans ce genre de situation, tu oublies tout ce que tu as accompli, le boulot effectué, et tu fais face à la réalité. La principale raison pour laquelle j’ai roulé à San Diego, c’était pour essayer de mettre la douleur de côté — plus facile à dire qu’à faire. Je me suis dit que j’allais tenter de profiter du fait que les autres n’étaient pas encore totalement prêts et cherchaient encore les réglages sur leurs motos, puisque la saison venait de commencer. Je me suis dit que si j’arrivais à tenir le cap, ça irait pour moi. Mais tout le monde progressait, sauf moi.
C’est là que, comme je l’ai dit, j’ai réalisé que je me préoccupais trop des autres au lieu de me concentrer sur moi-même. Et c’est aussi quand je suis heureux que je roule le mieux. Donc j’ai décidé de sortir, de faire ce qui me plaisait, d’aller pêcher, d’être moi. Pendant un bon moment, j’étais juste vraiment sur les nerfs. Mais après cette semaine de pause, j’ai retrouvé le sourire, j’ai cru en moi, en qui je suis vraiment.
Qu’est-ce que ça te fait de ramener ce podium pour tes fans, tes sponsors et pour les personnes qui te soutiennent et ont cru en toi ?
Les sponsors attendaient ce résultat depuis un petit moment. Leur ramener ce podium, c’est top. Pas seulement pour moi, mais aussi pour tout le groupe. Tous ceux qui sont venus me voir sur le podium savaient que j’avais besoin de ce résultat. Tout le monde a fêté ça comme si on avait gagné. Vu ce qu’il s’est passé à Anaheim 1 et compte tenu des galères à chaque épreuve depuis, monter sur le podium, c’est comme signer une victoire pour nous.
Il faut qu’on soit fiers de ce résultat et qu’on continue à avancer. La bonne nouvelle, c’est qu’on a une autre opportunité le week-end prochain, et j’espère de nouveau monter sur le podium.









