Les Européens continuent de prendre d’assaut le championnat AMA Pro Motocross cette saison. En 2026, Cornelius Tondel a fait le choix de quitter le championnat du monde MXGP pour tenter l’aventure américaine. Engagé au sein de la structure ISRT Kawasaki – et donc coéquipier d’un certain Vince Friese – le pilote norvégien prend progressivement ses marques sur le sol américain et pointe actuellement 17e de l’outdoor 450 avant RedBud. De plus en plus proche du top 10 en manches, il vise désormais une qualification pour les playoffs du championnat SuperMotocross. Micro.
Cornelius, pour commencer, un mot sur ton intersaison. En Europe, tu aurais roulé dès le mois de février. Mais tu n’as fait qu’un Supercross aux US, donc tu as eu beaucoup de temps pour te préparer avant l’outdoor. C’était comment ?
La préparation s’est très bien passée. Pour être franc, je me suis en fait blessé à un doigt et ça m’a pas mal gêné pendant quelques semaines, au début. Après cette période, tout s’est bien déroulé. J’ai pu travailler correctement, et je suis resté en Georgie au GPF compound à m’entraîner avec Shae Bentley. Je suis très reconnaissant envers eux, mais aussi d’avoir pu m’entraîner là-bas pour préparer ma saison. C’était vraiment super pour moi car je n’ai jamais vraiment réussi à être régulier dans mes préparations par le passé. Depuis que je suis arrivé aux USA, j’ai pu m’entraîner quatre ou cinq jours par semaine – chaque semaine. Donc la préparation s’est bien passée. On a eu quelques problèmes lors des premiers rounds, mais on a trouvé des solutions. Pas pour tout, mais on travaille là-dessus.
Tu as disputé les quatre premiers rounds de l’outdoor, et tu t’en sors bien – tu es régulièrement dans le top 15 et tu te rapproches du top 10. Quel bilan tires-tu de ce début de saison ?
On se rapproche du top 10 à chaque épreuve. J’ai juste eu un malheureux incident avec Dylan Ferrandis en seconde manche à High Point. J’aurais clairement pu être dans le top 10 ce week-end là, et tout le monde le voyait bien. J’aurais pu viser un top 10 de journée, et aussi un top 10 dans cette manche. Je roule de mieux en mieux et je me sens de mieux en mieux à chaque course. Je me sens de plus en plus fort à chaque week-end, alors j’ai hâte de voir ce que l’avenir me réserve.
Les tracés aux USA semblent permettre de rouler avec plus d’agressivité – c’est quelque chose à quoi tu as dû t’adapter ?
J’ai roulé aux USA sur trois épreuves du championnat l’an dernier. Donc je pense que je me suis déjà un peu adapté à ce type de tracé, et je me sens vraiment bien dessus. J’ai retrouvé ma vitesse de sprint sur un tour, ce qui était un peu ma marque de fabrique et qui me faisait défaut ces dernières années. La retrouver, c’est génial. Je passe de la trentième à la dixième place dans le premier tour de quasiment toutes les manches cette année. Evidemment, il faut encore régler ces problèmes de départ pour être devant dès le début de course. On dirait que peu importe d’où je pars, en fait, je me retrouve quand même aux alentours du top 10 dans le premier tour. Une chose est sûre: l’agressivité n’est clairement pas un problème pour moi.
Est-ce qu’il y a certaines choses qui te surprennent ?
Non, pas vraiment de surprise. Tout est une question d’attentes et d’objectifs, en fait. Ici, les terrains sont tout simplement incroyables, et ils sont préparés d’une manière bien différente. Beaucoup de pilotes se sont plaints des copeaux de bois utilisés sur les pistes. Personnellement, ça ne me dérange pas; au contraire, j’aime bien. En Norvège et en Suède, quand je m’entraînais en étant gamin, on roulait toujours sur des terrains comme ça; donc je suis habitué. Je trouve que toutes les pistes sont superbes, je n’ai vraiment rien à leur reprocher et il n’y a rien qui m’ait vraiment surpris cette année. Les pistes sont larges, grandes, et surtout sécurisantes. Aux USA, ils prennent vraiment soin des pilotes. Je ne suis pas vraiment surpris. Tout est surtout une question d’attentes, vous voyez ? Les circuits sont tout simplement incroyables ici, et ils sont préparés d’une manière différente. Évidemment, beaucoup de pilotes se sont plaints de la couche de paillis présente sur les pistes.
Kawasaki est sous le feu des projecteurs aux USA avec Jorge Prado, puis Chase Sexton. Comment tu te sens sur la 450 KX-F ? Ça a l’air de bien matcher avec toi.
Je me sens bien sur la moto, je me sens bien sur son châssis. On a trouvé les bons réglages pour les suspensions et tout semble vraiment bien fonctionner. Il nous manque encore un peu de puissance par rapport aux motos d’usine, évidemment, mais ce n’est pas une nouveauté. On sait à quoi s’attendre et on est en retrait à ce niveau-là. On doit tout simplement faire avec. À moi de rouler du mieux possible avec ce que j’ai, et je pense qu’en ce moment, je m’en sors plutôt bien. En tout cas, je prends beaucoup de plaisir ici.
Comment se passe la vie aux États-Unis ? Tu t’y plais ?
C’est beaucoup de travail, tout simplement. Pendant l’intersaison, je n’ai pas fait énormément de trucs fun, on va dire. J’ai surtout travaillé sans relâche, enchaîné les journées sur la moto. Ma copine est venue me rejoindre ici, ce qui était vraiment cool. On a pu passer beaucoup de temps ensemble, et mon frère est également ici avec moi. Franchement, je passe de bons moments. J’apprécie le rythme de travail et le fait d’être entouré des personnes qui m’accompagnent. Comme je l’ai déjà dit, je suis vraiment reconnaissant envers l’équipe qui m’aide. Ils sont tous super sympas avec moi et ils m’aident à devenir la meilleure version de moi-même. C’est vraiment le top.
Quels sont tes objectifs pour la suite du championnat de Motocross US ?
Mon objectif est évidemment de réussir à signer des top 10, je sais que j’en suis capable. Il faut simplement que je prenne de meilleurs départs et que j’évite les problèmes dans les premiers tours. Si j’y arrive, alors je pense que le top 10 me sera accessible tous les week-ends. C’est clairement mon objectif pour le reste de la saison.
Si tu marques suffisamment de points, tu pourras te qualifier pour les épreuves du SMX. C’est l’objectif ?
Oui, j’ai vraiment hâte de rouler sur les pistes du SuperMotocross. Même si je ne marque pas assez de points pour me qualifier directement, j’en ai déjà scoré suffisamment pour figurer dans le top 30, donc je pourrai passer par la LCQ. Je pense que ces circuits vont plutôt bien me convenir. On dirait qu’il y aura de plus en plus de portions de sable au fur et à mesure qu’on avancera dans les playoffs. Le sable ne me dérange pas du tout, au contraire.
On va forcément parler des frères Lawrence. Ils sont assez incroyables, non ? Et les frères Coenen ont aussi montré leur vitesse à Thunder Valley.
Jett et Hunter sont effectivement incroyables. Jett comme Hunter réalisent des choses qu’on pense impossibles, et ils élèvent leur niveau chaque week-end. Une semaine, c’est Hunter qui gagne, la suivante c’est Jett… On sait quasiment qu’à chaque course, l’un des deux va s’imposer. Jett a eu quelques difficultés avec sa cheville, mais il s’est adapté et c’est vraiment impressionnant. J’ai l’impression qu’il sait exactement quoi faire et à quel moment le faire. C’est fascinant à voir. Honnêtement, tout ce que font tous les deux m’impressionne énormément. C’était aussi vraiment sympa d’avoir Lucas et Sacha ici. J’ai pu discuter avec eux vendredi et samedi. C’est cool de voir davantage d’Européens venir tenter leur chance aux États-Unis. On a un peu l’impression d’être une famille quand on est entre Européens ici, et c’est vraiment cool.
Tu dois avoir une course en Europe au calendrier: le Motocross des Nations d’Ernée. Tu devrais être sélectionné avec la Norvège.
J’adorerais participer au Motocross des Nations en fin de saison. C’est une épreuve prestigieuse et j’aimerais vraiment en faire partie. Je pense qu’on a déjà établi un plan d’action pour cette course, donc oui, j’espère vraiment pouvoir être de la partie.
Tu es sous contrat jusqu’à quand avec ton équipe actuelle ?
Pour l’instant, juste un an. C’est ce qui est prévu à l’heure actuelle. On verra bien ce que l’avenir me réserve.












