Pas de Motocross US en 2026 pour Romain Pape, mais une poignée de Grands Prix à son programme, dont le GP d’Allemagne ce week-end — sa troisième apparition en mondial MXGP cette saison. On lui a tendu le micro pour en savoir plus sur son expérience à Lacapelle-Marival, les raisons de son absence sur l’outdoor, son aventure sur le sol américain… mais pas que !
Romain, on ne passe pas loin des points en Suisse, pas loin des points en France, qu’est-ce qu’il va falloir faire pour rentrer dans les points en Allemagne ce week-end ?
Mettre du gaz et surtout réussir à mettre du gaz plus de dix minutes, parce que c’est ce qui m’a manqué le week-end dernier. Le week-end dernier, physiquement, ça a été très compliqué, j’ai subi physiquement. Je faisais dix minutes pas trop mal et après, je craquais complètement. Donc j’espère que ce sera mieux ce week-end.
De l’avis général, il ressortait quand même que la piste de Lacapelle était costaud le week-end dernier. Toi, tu en as pensé quoi ?
Oui. Ce n’était pas facile. En fait, c’est une piste où il y a beaucoup de relances à zéro, beaucoup d’endroits où on décélère beaucoup et on repart. Du coup, c’est physique. En plus, Lacapelle, on connaît bien : c’était cassant, des grosses ornières. C’était une piste d’homme, mais bon, ceux qui sont devant, ça ne les dérange pas !
Ce week-end, c’est le Grand Prix d’Allemagne, mais c’est aussi l’ouverture de l’outdoor. Tu ne seras pas aux USA cette année, pourquoi ?
Oui. Pas de saison US pour moi. J’ai fait trois saisons et il n’y aura pas de quatrième, malheureusement. C’est comme ça. Je m’étais dit que si je retournais là-bas, c’était en ayant une bonne aide. Je ne voulais pas repartir à l’aventure, entre guillemets, et débourser tout avec mes sponsors personnels et de ma poche. Et je n’ai rien eu d’intéressant, donc je me suis dit que j’allais rester dans le coin cet été.
Tu retiens quoi de ces années sur le championnat américain finalement ?
Une super expérience. Quand je vois que c’est Pala et que je n’y suis pas ce week-end, je suis un peu dégoûté de ne pas y être parce que c’était génial. J’étais là-bas, je ne faisais que de la moto pendant cinq mois. C’était la folie. Clairement, la folie. J’en garderai plein de bons souvenirs.
Est-ce que tu penses que ça t’a aidé à franchir un cap et à progresser, à te mesurer aux Américains comme ça pendant trois saisons ? Et si oui, dans quel domaine ?
Ouais, ça m’a fait progresser. En fait, c’est surtout le fait d’avoir fait uniquement de la moto pendant cinq mois. Avoir juste la moto, mon sport à faire, et juste pouvoir me concentrer à être le plus performant possible le jour des courses. J’ai vraiment vu ce que ça change. On le voit bien aujourd’hui. Techniquement, je n’ai pas perdu, au contraire je trouve que je roule bien. Mais c’est plus dur d’être constant à haut niveau quand on bosse un peu à côté. C’est vraiment ça qui m’a permis de franchir ce cap-là lors des années précédentes.
Forcément, on va revenir sur la différence de niveau entre les championnats AMA et le MXGP. D’ailleurs, est-ce que c’est comparable ? Et puis, on t’a vu accrocher des top 15 aux USA, accrocher un top 15 en MXGP, c’est quasiment jouer avec les pilotes factory aujourd’hui.
Je pense que cette année en MXGP, il y a quand même un gros noyau de pilotes factory. Si tu fais une manche entre 15 et 20, c’est que tu as vraiment mis du gaz. Je pense que je suis encore loin de pouvoir être vers ces eaux-là. À la rigueur, il y a peut-être moyen d’aller chercher un top 20. Aux USA, avec un bon départ, tu peux prendre le rythme de devant, faire des manches autour de la dixième place, ce n’est pas pareil. Je pense que le noyau est beaucoup plus important en mondial. Oui, il y a moins de monde derrière la grille, mais ceux qui sont là ne le sont pas par hasard.
Après l’Allemagne, c’est quoi la suite ?
Après l’Allemagne, j’ai un motocross inter à Plomion, puis la finale de l’Elite à Iffendic. Ensuite, je vais aller faire le Grand Prix d’Italie à Montevarchi, puis le Portugal. Théoriquement, je devrais peut-être faire l’Afrique du Sud — ce serait cool — et je finirai avec Foxhill en Angleterre.
Est-ce qu’on te verra faire du supercross cette année ?
Oui, on va me voir faire du supercross. Je vais me reposer un petit peu après ce gros bloc, parce que ça va faire presque deux mois avec des courses tous les week-ends. Ça va être costaud. Je ne ferai pas Saint-Thibéry, mais j’ai envie d’essayer de m’entraîner un petit peu avant les deux épreuves en fin d’été, Saint-Georges-de-Montaigu et Briennon. Après, l’objectif est d’enchaîner pour repartir aux USA l’an prochain.











