Alors que la saison 2026 est encore loin d’avoir livré son verdict, Yamaha s’apprête déjà à entrer dans une phase majeure de réorganisation en vue de l’exercice 2027. Chez les bleus, de nombreux changements sont attendus dans les prochains mois, à tous les niveaux de la pyramide.
En MXGP, la structure officielle Yamaha – Kemea, dirigée par Hans Corvers – s’apprête notamment à tourner une page importante. Après être passée de trois à deux pilotes entre 2025 et 2026, en remplaçant le duo Jago Geerts / Calvin Vlaanderen par Tim Gajser aux côtés de Maxime Renaux, l’équipe devrait son pilote français à l’issue de la saison. Maxime Renaux évoluerait en effet sur une machine autrichienne en 2027, mettant ainsi un terme à une longue collaboration avec Yamaha.
Un départ qui loin d’être anodin, puisque le Français était lié à la marque aux diapasons depuis ses débuts au plus haut niveau et a décroché tous ses titres mondiaux en bleu, en 125cc comme en MX2.
Yamaha devra donc rapidement trouver un remplaçant à la hauteur de l’enjeu. Mais au-delà de ce nouveau recrutement, l’autre priorité sera d’accompagner Tim Gajser afin de l’aider à revenir au premier plan. Car le constat est difficile à ignorer : depuis son arrivée chez Yamaha, le Slovène n’a plus affiché le même niveau de réussite.
Simple phase d’adaptation ou difficultés avec la 450 YZ-F ? À chacun son interpretation. Une chose est certaine : à l’approche de la seconde moitié de saison, Tim n’est déjà plus en position de jouer le titre mondial et n’a pas encore réellement été en mesure de se mêler à la lutte pour une victoire de Grand Prix cette année.
Le chantier est donc lancé pour Yamaha, mais ne s’arrête pas à la catégorie reine; loin de là.

Quel avenir pour le programme MX2 des bleus ?
Les bouleversements ne concernent pas uniquement l’équipe MXGP de la marque aux diapasons. En MX2 également, l’avenir du programme Yamaha est l’une des discussions du moment. Wim Hutten a d’ores et déjà annoncé qu’il mettrait un terme à sa collaboration avec le constructeur japonais à l’issue de la saison 2026. Aux commandes du projet Yamaha en championnat du monde MX2 depuis trois saisons, la structure Hutten Metaal laissera donc un vide qu’il faudra combler.
En coulisses, plusieurs sources évoquent le départ de Frank Grolleman comme un élément déterminant dans cette décision. Celui qui pilotait depuis les Pays-Bas toute la partie liée au développement des motos du team via Yamaha Europe aurait joué un rôle central dans la réussite du programme. Son départ aurait ainsi été perçu comme la goutte de trop.
Désormais, de nombreuses interrogations entourent l’avenir du projet. La première concerne évidemment la capacité de Yamaha à conserver les frères Reisulis. Janis, en particulier, s’annonce comme l’un des pilotes les plus courtisés du marché pour 2027, avec un intérêt déjà évoqué de la part de KTM ou encore Honda. Pour retenir le jeune Letton, Yamaha devra néanmoins présenter des arguments solides, notamment sur le plan financier. Or, plusieurs échos font état de la possible perte d’un partenaire majeur au terme de la saison actuelle, ce qui pourrait considérablement compliquer la tâche du constructeur.
Une situation qui constituerait un sérieux revers pour Yamaha, longtemps considérée comme l’une des rares marques capables de rivaliser avec KTM en MX2. Au cours de la dernière décennie, les bleus ont régulièrement joué les premiers rôles dans la catégorie, avant de voir leur position fragilisée par un programme en perte de vitesse, puis l’arrivée de Triumph ou encore le retour de Kawasaki. Le constat est implacable : Yamaha n’a plus remporté de Grand Prix en MX2 depuis près de trois ans – et donc la reprise du programme par Hutten Metaal – et les derniers succès de la marque remontent à la saison 2023 avec Jago Geerts et Thibault Benistant.
En cas d’absence de repreneur, un retour du programme MX2 sous la structure Kemea Yamaha de Hans Corvers pourrait être envisagé. Une option qui semble toutefois complexe à mettre en place au regard de l’ampleur du projet. Dans le paddock, plusieurs équipes auraient déjà pris contact avec Yamaha afin d’évaluer une éventuelle reprise de la patate chaude.
Le programme MX2 Yamaha figure donc parmi les dossiers les plus suivis de cette seconde moitié de saison.

Europe 250 et VHR : stop ou encore ?
Il est sans doute encore trop tôt pour se prononcer sur l’avenir du programme EMX250 de Yamaha, confié à la structure française VHR et dirigé par Pierre-Alexandre Renet ces deux dernières saisons. Une collaboration qui marche, puisque couronnée l’an dernier par le titre européen de Janis Reisulis.
Pour autant, rien ne garantit que le constructeur conservera un budget de fonctionnement identique en 2027. En coulisses, plusieurs structures tenteraient actuellement de récupérer le dossier afin de prendre en charge le programme européen 250 des bleus dès la saison prochaine. Le travail réalisé par l’équipe de Bruno Verhaeghe est connu et reconnu, mais certains arguments financiers pourraient finir par peser dans la balance.
D’autant que, après un excellent exercice 2025, VHR Yamaha risque de rester sur sa faim en 2026. La blessure de Mano Faure a considérablement réduit les ambitions de l’équipe pour l’année en cours, tandis que le Belge Jarne Bervoets, qui jouait les podiums sur l’Europe 125 l’an dernier, peine à trouver ses marques pour sa première saison en 250 et navigue en fond de classement (28e).

Europe 125 : MJC Yamaha sur la sortie ?
À chaque étage de la pyramide Yamaha, son lot d’interrogations. Figure incontournable de la filière Yamaha, la structure MJC de Loïc Le Foll gère le programme EMX125 du constructeur depuis plus d’une décennie. Véritable pépinière de talents, elle a accompagné les débuts de pilotes désormais installés dans le paysage mondial: Maxime Renaux, Thibault Benistant, Rick Elzinga, Ferruccio Zanchi, Janis Reisulis …
L’hiver dernier, MJC a toutefois revu son organisation. Après avoir aligné un quatuor composé de Mano Faure, Jarne Bervoets, Dani Heitink et Levi Townley, la structure française a réduit la voilure de moitié en 2026. Seuls Levi Townley et le Français Sleny Goyer défendent aujourd’hui ses couleurs sur le championnat d’Europe 125. Et si vous êtiez sur un Grand Prix cette année, le changement d’envergure de la structure du team MJC vous aura probablement interpellée: exit le semi-remorque, l’équipe se déplace désormais sur les épreuves en van, en petit comité.
Si on n’affirmera pas que MJC va prendre un autre chemin pour 2027 à ce stade, disons que les bruits de couloir nous laissent à penser que Yamaha va – très probablement – devoir chercher un repreneur pour son programme sur le championnat d’Europe 125 …
Comme toujours, on ne manquera pas de vous donner des nouvelles des dossiers concernés au fur et à mesure des semaines, et des potentielles avancées.















