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Alexis Fueri « le chemin est encore très très long ! »

Image: Niek Kamper

C’est à l’audace – après avoir contacté Marco Maddii – qu’Alexis Fueri a dégoté un guidon de remplaçant au sein de l’équipe Fantic Factory Maddii suite à la blessure de Haakon Osterhagen la saison passée. De pilote privé début 2021, à remplaçant chez Fantic, le jeune Français est passé au statut d’officiel Fantic en 2022. Deux victoires d’épreuve, une plaque rouge et 4 victoires de manches plus tard, Alexis Fueri a terminé quatrième de son premier mandat complet sur le championnat d’Europe 125. Un temps en mesure de jouer le titre, puis la seconde place du championnat, Alexis Fueri a connu une fin de saison marquée par l’adversité, et notamment en Belgique, puis en Finlande; micro.

Alexis, on avait discuté l’an dernier de ton arrivée chez Fantic. De souvenir, tu retrouvais le team sur les épreuves, et tu t’entraînais avec ta moto perso à la maison. En intégrant la structure officiellement en 2022; ça a changé ?

Finalement il n’y a pas grand-chose qui aura changé à ce niveau-là. En effet chez les Maddii le fonctionnement consiste en temps normal à vivre toute l’année au sein du team, en étant encadré au niveau de la préparation. Mais pour cette année, Marco et Corrado nous ont proposé de continuer de notre côté, mon entraîneur et moi. Ils ont vu comment nous travaillions ensemble et ils ont confiance en notre programme, en notre préparation et en notre façon de nous entraîner. Je suis quand même allé quelques fois faire des petits séjours de 4 ou 5 jours au team pendant l’hiver, et ça m’a aussi fait du bien. J’ai bien sûr eu une moto et tout le matériel dont j’avais besoin à disposition pour m’entraîner comme il le fallait de mon côté pendant la saison.

Tu débutes la saison 2022 avec un beau podium à Matterley, et tu vas arracher le doublé et la plaque rouge à Arco Di Trento. Ça semblait presque trop simple. Est-ce qu’on peut revenir ensemble sur le déroulement de ce week-end qui semblait – sur le papier – être le week-end parfait.

Il faut quand même savoir qu’après mon premier podium à Matterley Basin, j’étais quand même très frustré de la façon dont j’avais roulé. Je n’avais pas fait de courses de préparation avant la première épreuve de l’Europe et comparé à certains pilotes, cette première course était finalement un test pour moi. En arrivant chez mon entraîneur le mardi après la course, on a tout mis sur la table. J’ai expliqué mon ressenti à Matterley, et j’ai expliqué ce sur quoi j’avais envie qu’on travaille, ce sur quoi je sentais qu’il fallait qu’on travaille.

Pour revenir sur cette épreuve à Arco Di Trento, le week-end a été effectivement parfait. Mais tu sais, quand tu travailles pour atteindre tes objectifs, que tu mets tout en place, que tu ne penses qu’à ça toute la semaine et que tu arrives à mettre tout bout à bout le jour de la course, cela donne de bons résultats. Ça a été pour moi le week-end où j’ai le moins forcé de toute l’année. Je ne saurai pas comment l’expliquer mais tout s’est goupillé correctement, il y a des week-ends comme ça où tout se passe comme tu le souhaites.

Alexis Fueri débarquera sur l’Europe 250 la saison prochaine

Il y a eu cet abandon à Kegums sur une grosse chute en première manche. Tu as eu l’occasion d’être leader du championnat d’Europe, la pression a-t-elle finalement joué un rôle – selon toi – à Kegums ?

Effectivement, il y a de la pression quand tu débarques avec la plaque rouge et que tu n’as jamais eu cette expérience en étant leader de n’importe quel autre championnat. Mais ce n’est en aucun cas à cause de cette pression que j’ai chuté. En étant placé au milieu de la grille de départ à Kegums, j’arrive quand même à faire le holeshot lors de la manche et malheureusement j’ai eu un souci avec la moto… C’est une manche et un week-end à oublier, mais ça fait aussi partie de l’apprentissage.

Finalement, tu t’es retrouvé en bataille avec ton coéquipier Cas Valk en début de saison. Comment ça se passait, au sein de l’équipe, entre vous deux ?

Cas, c’est une belle personne. Pendant l’hiver on a eu l’occasion de parler un peu, d’échanger. C’était tout nouveau pour moi car n’ayant jamais été dans un team auparavant, je n’avais jamais eu de coéquipier. Malgré l’aspect de concurrence, on a une bonne relation de coéquipier, même si ça s’est un peu refroidi quand la saison a commencé mais c’est normal. On est tous les deux des compétiteurs. Je l’ai quand même félicité pour sa belle année après la finale en Finlande et lui de même. S’il n’y avait pas eu la moto, on aurait pu être de bons collègues.

Avec Ivano Van Erp, tu es celui qui a remporté le plus de manches cette saison, mais cette épreuve de Lommel t’a coûté cher. Comment on analyse ce GP de Belgique, avec le recul ?

La saison dernière – 2021 – a fini très tard (mi-novembre) donc la préparation hivernale n’a pas été très longue. Ayant très très peu roulé dans le sable les années précédentes, il m’a été compliqué d’essayer de combler ce retard. C’est pourquoi, directement après Teutschenthal, on est parti mon entraîneur et moi pour rouler dans le sable, mais ça ne suffit pas … On a fait le maximum. Malheureusement le jour de la course, je n’ai pas réussi a rouler comme j’ai pu le faire à l’entraînement. Je ne dis pas que j’aurais pu gagner; mais j’aurais pu limiter la casse d’une meilleure façon, c’était largement à ma portée.

Le Français sera en Finlande pour disputer le mondial Junior ce week-end

Quelle est la leçon la plus importante que tu auras apprise au cours de la saison 2022 ?

Qu’il faut que je bouffe du sable [rires]. Non plus sérieusement il y en a plusieurs, j’ai tellement appris cette année. Sur tous les points et tous les aspects possibles.

J’ai vu ton post sur Instagram. La déception est compréhensible avec cette 4ème place finale. D’un autre côté, si on remonte à un an en arrière, on ne te connaissait pas au niveau Européen. Tu étais encore un pilote privé, et tu as décroché ta place chez Fantic au panache en envoyant un message à Marco Madii. « Fast forward ». Le chemin parcouru en un an est énorme.

Exactement. La déception, c’est une réaction primaire on va dire. Quand on s’y penche vraiment, et comme je l’ai dit dans mon post, l’année dernière je n’aurai pas pensé être là où j’ai pu l’être cette année. Mais tu sais les bons résultats te donnent envie d’en avoir d’autres. Quand tu goûtes à un holeshot tu veux en faire à toutes les manches, quand tu fais un doublé, tu veux le faire tous les week-ends… Je l’ai toujours dit, si je n’avais pas eu l’opportunité de signer avec Fantic je pense que j’aurai arrêté… Mais on n’a jamais abandonné avec mes parents et mon entraîneur, et je les remercie énormément pour tous les sacrifices qu’ils ont faits et qu’ils continuent à faire, car le chemin est encore très très long !

Tu vas disputer le mondial Junior, dans le sable de Lavanko, en Finlande. Encore du sable, mais ça semble plus de rapprocher d’Hyvinkää. Avec quel objectif on s’y pointe, à Lavanko ?

L’objectif est de faire du mieux possible, rouler comme je sais le faire et on verra le résultat ensuite !

Est-ce que tu as eu l’occasion de tester la 250 Fantic et si oui, quel a été ton ressenti ? J’imagine qu’on te verra sur l’Europe 250 la saison prochaine.

Oui j’ai eu l’occasion de l’essayer quelques fois et c’est plutôt pas mal, ça marche fort. Je serai bien sur l’Europe 250 la saison prochaine. Les plans pour l’an prochain commencent à se profiler mais pour l’instant, je ne peux rien dire ! Mais ça ne devrait pas tarder !

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