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Mikkel Haarup “On est très compétitifs avec la Triumph à l’heure actuelle”


Après l’ouverture du championnat d’Espagne à Talavera de la Reina, c’est vers l’International de Sommières que le team Monster Energy Triumph s’est tourné pour faire rouler ses deux pilotes, à savoir Mikkel Haarup et Camden McLellan. Affichant une très belle vitesse tout le long de la journée, le pilote Danois a bataillé avec Thibault Benistant et Liam Everts en piste, et a démontré que la nouvelle Triumph n’avait rien à envier aux constructeurs déjà bien implantés. Mikkel ne sera plus éligible à la catégorie MX2 en fin de saison: le garçon a des choses à prouver et espère pouvoir performer cette saison afin de mettre de côté une année 2023 difficile. Il faut également s’assurer un guidon pour la transition en MXGP dès 2025. Micro.

Mikkel. Une bonne journée pour toi avec deux manches solides à te battre pour la gagne avec Liam et Thibault. Je n’ai pas bien vu ce qu’il s’est passé en Superfinale, c’était un peu plus compliqué. Quel bilan on tire, de cet inter’ de Sommières ?

Comme tu le dis, on s’est bien battu avec Liam et Thibault. La moto a vraiment très bien fonctionné et je ne peux asser remercier le team Monster Energy Triumph pour le travail effectué. En première manche, j’ai pris un départ correct et je me suis battu pendant toute la manche avec Thibault Benistant pour la seconde place. En deuxième manche, on s’est de nouveau battu, pour la première place. C’était vraiment serré jusqu’au dernier virage pour la victoire, et je crois qu’il m’a devancé de quelque centièmes de seconde. On a fait de très bonnes courses toute la journée. En Superfinale, j’ai pris un bon départ aux alentours de la 6ème place dans le premier virage. Malheureusement, un pilote est tombé juste devant moi dans le second virage et on s’est tous retrouvé un peu bloqué là. Je me suis dit que j’allais temporiser pour le reste de cette manche, même si Liam est revenu également, et on s’est de nouveau battu. Pas de stress, ce n’est qu’une course d’intersaison mais j’ai vraiment pris du plaisir, surtout lors des manches MX2.

C’est un tracé très Français, du dénivelé, des ornières profondes, de gros sauts. Tu as pensé quoi de ce terrain de Sommières ?

J’ai adoré. Je dirais que ce n’est pas vraiment le type de terrain sur lequel je suis le plus à l’aise. Je me sens un peu mieux sur les tracés plus roulants, mais si l’on prend en considération le travail effectué pendant l’hiver je pense qu’on s’est bien amélioré sur ce type de terrain. Pour moi, c’est vraiment positif et je n’ai pas à me plaindre. J’ai vraiment apprécié l’atmosphère, il y avait du monde partout, c’était vraiment cool.

Et ce gros step-up en montée au fond du circuit ? Il n’avait vraiment pas l’air évident, surtout en 250.

C’est certain. En 250, il fallait vraiment bien sortir du virage précédent et tirer vraiment fort sur le guidon dans l’appel. Ma moto a très bien fonctionné et j’ai pu le faire pratiquement toute la journée. J’ai dû renoncer à le sauter à quelques reprises en seconde manche et en Superfinale, mais quand ça passait, ça passait bien !

Mikkel a bien roulé à Talavera, et il était également devant à Sommières pour sa deuxième course d’intersaison de l’année. Le pilote Danois s’apprête a entamer sa dernière saison en MX2, avec la ferme intention de jouer les victoires.

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On va parler de 2024, mais certaines personnes doivent se demander ce qu’il s’est passé pour toi en 2023. Tu as changé deux fois d’équipe, on a eu du mal à suivre le fil de ta saison et on ne t’a plus vu en fin d’année. Que s’est-il passé ?

J’ai débuté la saison avec Steve Dixon, comme c’était prévu car j’avais un contrat avec eux. Il y a eu quelques complications et donc, j’ai dû changer d’équipe assez rapidement dans la saison. Il fallait finir la saison [avec WZ KTM], tout se passait bien et je me suis blessé en Indonésie. De là, j’ai pris le temps de récupérer correctement car je savais que j’allais rouler pour Monster Energy Triumph cette année. Je me suis assuré de revenir en ayant complètement récupéré de ma blessure, pour pouvoir me battre pour la nouvelle saison.

Quel est l’état d’esprit avant l’ouverture de la saison de grand prix ? Ce sera ta dernière année en MX2, et j’imagine que c’est une année d’autant plus importante pour toi.

Le but, c’est de faire exactement ce qu’on fait en ce moment. Je pense qu’on est très compétitifs avec la Triumph à l’heure actuelle, que ce soit au niveau des départs, pendant les manches, on est aussi réguliers. C’est exactement ce qu’on veut pouvoir faire cette année sur le mondial. C’est aussi pour cela qu’on fait ces courses d’intersaison, pour se préparer pour l’Argentine. Le rythme que j’ai affiché aujourd’hui montre qu’on est très compétitifs, et qu’on sera dans la course au titre de champion du monde.

C’est comment de travailler avec Clément Desalle ? Il a connu une excellente carrière en MXGP, on sait que c’était quelqu’un de très travailleur.

C’est top, j’apprécie de travailler avec Clément. Son travail consiste principalement à faire le testing de la moto et on peut dire qu’il a déjà fait un très bon travail de ce côté-là. Désormais, il nous aide sur tout ce qui concerne les courses, de près ou de loin, il nous donne des conseils sur les trajectoires, fait pour nous les petites choses qu’on n’a pas forcément le temps de faire. Il n’y a personne de mieux placé que Clément pour endosser ce rôle car il a cette expérience de la compétition, comme tu l’as dit. C’est un pilote très respecté et c’est bon de pouvoir travailler avec lui.

Entre le premier jour ou tu as roulé sur la Triumph et aujourd’hui, qu’est-ce qui a changé sur cette moto ?

Très franchement, on n’a pas changé grand-chose. C’est d’ailleurs ce qui est plutôt cool. On a débuté sur la base qui était disponible en sortie de testing et de là, on a fait quelques petites choses et un changement au niveau des suspensions. La moto est plus ou moins la même que le premier jour. La moto n’avait pas besoin de beaucoup de changements pour être performante et je pense que c’est l’une des forces de cette moto, elle est très complète, bien équilibrée et elle est vraiment simple à régler.

Que ce soit aux mains de Mikkel ou de Camden, la TF 250X de Triumph semble déjà très aboutie. On en oublierait presque que la marque Britannique vient tout juste de débarquer dans le monde du MX …

Sur un plan plus personnel, et dans ton programme, as-tu effectué des changements majeurs à l’intersaison ?

Oui, j’ai engagé un nouveau coach, un Sud-Africain: Russell White. Je travaille également avec son fils. On bosse ensemble depuis ma blessure de l’an dernier, donc depuis le mois de juin. Ça se passe bien et je pense que ça se voit; je me sens bien sur la moto comme physiquement. Je n’ai pas à me plaindre !

Quelles sont les attentes pour la saison 2024 ?

Se battre pour les victoires, c’est une certitude. On prendra les courses les unes après les autres, c’est sûr, mais on veut se battre pour les victoires.

Je t’ai vu parler avec Romain Febvre juste avant le départ de la superfinale, qu’est-ce que tu lui as demandé ?

Oh, on a juste discuté un peu. En fait, j’ai volé son mécanicien de course cette saison [rires]. Romain est un mec vraiment très sympa, on a discuté un peu. On est dans deux catégories différentes et Romain est un champion du monde MXGP. Il est très expérimenté, il se bat pour le titre de champion du monde à chaque saison depuis une dizaine d’années. On a pris du bon temps avant le départ de la superfinale !

Est-ce qu’il y a une option pour toi chez Triumph en 2025, pour la catégorie MXGP ?

Pour l’heure, on n’en a pas parlé. De ce que j’ai entendu, ils prévoient de faire un programme 450 en 2025 mais je ne sais pas encore.

D’ici à l’Argentine, on fait quoi ?

On reste en France car on va rouler à Lacapelle Marival le week-end prochain. On va rester dans le coin avant de faire un détour par l’Espagne pour une semaine et ensuite, on s’envolera pour l’Argentine pour débuter la saison de mondial !

On s’est senti un poil épié pendant l’interview avec Mikkel Haarup, un membre du team écoutant attentivement les réponses du pilote Danois. Avec le recul, Mikkel n’effectuait que sa deuxième sortie en course avec la Triumph à Sommières; on s’est visiblement assuré que le garçon réponde “correctement” aux questions posées.

Mikkel Haarup “On est très compétitifs avec la Triumph à l’heure actuelle”

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