Stephen Rubini « C’était vraiment difficile mentalement »

Stephen Rubini « C’était vraiment difficile mentalement »

Du changement pour Stephen Rubini a l’intersaison. Le pilote Français – originaire de Dignes-les-Bains – quitte la Belgique pour retrouver le sud de la France. Après 3 saisons au sein de la structure Assomotor Honda – équipe Italienne qui a décidé de mettre un terme à sa présence au mondial fin 2021 – Stephen Rubini s’apprête à réaliser une cinquième et dernière saison en MX2 avec l’équipe Honda SR de Josse Sallefranque. Auteur d’une très belle saison 2020, le vice-champion d’Europe 250 de 2019 a enchaîné les pépins en 2021 avec une vertèbre fracturée en début d’année, puis une blessure à l’omoplate en fin de saison. 2022, nouvelle saison, nouvelles opportunités. Micro

Stephen, pour commencer, comment ça va physiquement et surtout moralement ? Entre la blessure aux vertèbres et la fracture de l’omoplate, 2021 n’a pas été tendre avec toi.

Salut à tous ! C’est clair que la saison 2021 a été vraiment très compliquée. J’ai connu une préparation hivernale qui a été stoppée brutalement alors qu’on avait fait du très bon boulot. Il y avait aussi les résultats qui n’étaient pas là, on a rencontré pas mal de soucis avec le team, et puis on n’arrivait pas à trouver les bons réglages sur la moto. C’était une période vraiment difficile mentalement pour moi, j’étais vraiment au plus bas… Puis on a fini par se faire une autre blessure à Arco Di Trento … Je commence à me sentir mieux à ce niveau-là, j’ai aussi une entorse du genou mais de ce côté-là, ça va mieux de jour en jour.

L’équipe Assomotor pour qui tu évoluais depuis 3 saisons a décidé de mettre un terme à sa présence en mondial. Quand as-tu appris la nouvelle ?

Je l’ai appris en même temps que tout le monde sur les réseaux sociaux. On a connu 3 années avec des beaux moments, comme des moments difficiles. Je suis quand même reconnaissant de tout ce qu’ils ont fait pour moi, et du chemin qu’on a parcouru ensemble.

Néanmoins, je voulais quand même changer de team, j’estimais que si je voulais progresser, il me fallait du changement. On était déjà en contact avec Josse [Sallefranque, Manager SR Honda] pour la saison 2021 mais ça ne sétait pas fait. Pour 2022, je n’ai pas voulu louper l’occasion. Le team a un très gros potentiel et ils font de très belles choses en ce moment.

Stephen a signé 3 top 10 d’épreuve cette saison @Assomotor

La dernière fois que je t’ai parlé, tu vivais en Belgique. J’imagine que la signature avec l’équipe Honda SR va venir apporter de nombreux changements à ton quotidien dès cette intersaison ?

Alors pour ma part je vais déménager dans le sud de la France pour me rapprocher d’Yves [Demaria, coach de Stephen] pour pouvoir être encadré à 110%. J’ai encore tellement de choses à apprendre et de points à corriger; il faut vraiment que je sois au coeur du problème pour pouvoir les corriger, et gommer mes erreurs.  Je vais sûrement monter au team pour rouler dans le sable avec eux de temps à autre, mais le plus gros changement restera mon déménagement dans le sud de la France.

On voit des équipes qui ferment, des pilotes qui décident d’arrêter faute d’aides. Tu décroches un guidon dans une structure Française qui a déjà fait ses preuves en MXGP, tu restes sur une moto que tu connais bien. Décrocher un guidon pour 2022 aussi rapidement et dans d’aussi bonnes conditions, ça doit t’enlever un sacré poids des épaules.

Vu la situation actuelle, dans le monde du motocross, ça devient très compliqué. C’est pourquoi je ne remercierais jamais assez Love My Training, Yves Demaria et Josse Sallefranque pour l’opportunité et la confiance. Avoir signé un contrat avant même le début de l’intersaison, ça m’a vraiment fait relâcher la pression, et aidé à respirer à pleins poumons.

À 6 jours près, tu n’étais plus éligible au MX2 en 2022. As-tu déjà pensé à l’après 2022 ? L’objectif, c’est le MXGP par la suite ?

Le MXGP, c’était déjà une option pour 2022, mais on a préféré terminer le mondial MX2 sur une bonne note. Pour l’après 2022, tout dépendra. En Europe je serai obligé de passer à la catégorie 450. D’un autre côté, j’ai toujours ce rêve de gosse de partir aux usa; qui sait.

Une chute au départ à Trentino viendra mettre un terme à la saison du pilote Français @Assomotor

Qui dit Honda SR, dit également le retour sur le championnat de France Elite. Rouler en France et récupérer ce titre sur l’Elite, c’est quelque chose qui te tient à coeur ?

Le championnat de France est très important pour le team Honda SR, et puis c’est aussi une très bonne école pour se préparer pour le mondial ! Forcément que ça me tient à cœur ! Yves Demaria est 15 fois champion de France, j’en suis a 3 titres. J’en ai 12 de retard, j’ai encore énormément de boulot pour lui arriver ne serait-ce qu’à la cheville [rires].

Cette saison, on a compté 22 holeshots pour Tom Vialle, 4 pour Mattia Guadagnini, 3 pour Maxime Renaux. Sortir dans les 8/10 au premier virage sans moto d’usine cette saison, ça semblait relever du miracle.

Cette année, c’était compliqué pour moi de partir devant, les motos d’usine sont vraiment puissantes. Je pense tout de même qu’il n’est pas impossible de partir 9 fois sur 10 dans le top 10, et il est également possible de se rapprocher du top 5 au départ.

Le calendrier 2022 est tombé dernièrement. Un peu moins d’Italie, plus de France, du sable, des overseas, un avis sur ce calendrier ?

C’est un beau calendrier ! J’espère que celui-là, on va le garder jusqu’au bout. On retourne enfin à un calendrier normal, comme on avait l’habitude d’avoir avant. Si je pouvais, je pense que j’enlèverai la Lettonie (Kegums) et j’aimerais bien revoir l’Espagne (Talavera de la Reina); c’est une piste magnifique et naturelle avec une super texture de terre; un tracé très technique sur lequel j’ai aussi de beaux souvenirs.

Les championnats du monde de MotoGP & de Formule 1 se rendent aux USA. Le MXGP n’y met plus les pieds depuis déjà de nombreuses saisons. Le retour d’une épreuve aux usa, ce serait bénéfique selon toi ?

C’est sur que pour nous pilotes Européens, ce serait bien car on aimerait pouvoir se comparer aux pilotes Américains, et puis ça laisserait une chance à ceux qui veulent tenter leur chance là-bas de se montrer pour faire une carrière aux USA.

En 2022, Stephen Rubini sera éligible à sa dernière saison sur le mondial MX2 @Assomotor

L’âge en mondial MX2 doit-il être revu à la hausse selon toi ? Infront a fait savoir qu’ils ne souhaitaient pas le modifie. Fin 2022, tu te retrouveras à devoir partir sur le MXGP, ou sur l’EMX Open, qui soi dit en passant n’intéresse pas grand monde ….

Ce sera un débat éternel. C’est difficile de donner son opinion sur cette question. Vu que je me rapproche de cet âge limite, bien sûr que j’aimerais pouvoir rester en 250, mais c’est comme ça. Le MXGP, c’est la catégorie reine, c’est censé être la plus difficile, donc c’est normal que le niveau y soit aussi très relevé.

On ne va pas se plaindre, on a eu des courses extraordinaires cette année, avec de très belles bagarres. Il y a aussi une confrontation de génération, beaucoup de jeunes rookies sont montés en MXGP alors que des gars comme Cairoli étaient encore présents. Si les quelques pilotes en fin de carrière prennent leur retraite, ça devrait aller un peux mieux. Pour se fair une place en 450, il faut des roubignoles [rires].

On a vu une petite polémique autour des primes de l’Elite cette année. On a vu Dylan Ferrandis créer une prime pour les meilleurs rookies en France. Est-ce que ce sont des signes préoccupants selon toi, pour l’avenir du sport en France ?

Premièrement ce qu’a fait Dylan, c’est vraiment très beau, c’est un bel exemple pour le motocross français. Ensuite, forcément, la situation du sport et notamment du Motocross est préoccupante. Avec le Covid-19, tout le monde a souffert, même nous au niveau du mondial.

Pour ce qui est des primes, ça fait déjà plusieurs années qu’il y a des polémiques. Par exemple, on a vu les primes de championnat qu’il y avait pour les trois premiers en fin de saison disparaitre il y a quelque temps de ça maintenant. J’espère juste que ça ne deviendra pas comme en mondial, où tu ne gagnes pas un sou que ce soit pour la qualification ou les manches. Je pense qu’on n’a pas trop à se plaindre, car on a quand même un championnat de France qui paye un minimum.

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