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Valentin Guillod « Je montre que j’ai faim et que je veux revenir aux avant-postes »

Image: Niek Kamper

Après une saison 2021 en deçà des attentes et une période de flou à l’intersaison, Valentin Guillod a décidé de jouer cartes sur table en retournant au charbon aux côtés d’Yves Demaria, avec lequel le pilote Suisse avait rencontré ses plus grands succès quelques années plus tôt. Association – de nouveau – payante puisque le pilote IXS Hostettler Yamaha retrouve non seulement la confiance, mais également ses aptitudes sur le mondial MXGP. Avec une poignée de top 10 en poche, Valentin Guillod renoue avec les places qui sont siennes en catégorie reine, et ce dernier ne compte pas en rester là. Micro

Valentin, avant de rentrer dans le vif du sujet, je veux revenir sur la saison 2021. Tu intègres une nouvelle structure à l’époque, IXS Hostettler Yamaha avec Arnaud Tonus. Qu’est-ce qu’il se passe lors de cette saison ? Je pense que tu attendais mieux qu’aller chercher quelques points sur le mondial, et le contraste entre 2021 et 2022 est vraiment important.

C’est clair. C’était une mauvaise saison, ça n’a pas été, je n’ai pas réussi performer mis à part sur le championnat Suisse où j’ai décroché les deux titres dans les deux catégories.

En fait, que ce soit l’an dernier où les 5 dernières années, je faisais au mieux, ce que je pensais être bon pour moi à l’entraînement, sur la moto, et puis ça ne marchait pas pour moi. C’est pourquoi j’ai recontacté Yves (Demaria) en décembre 2021. Je lui ai dit « Yves, c’est avec toi que j’ai signé les meilleurs résultats de ma carrière, il me reste 4 ou 5 ans avant de raccrocher, je ne veux pas avoir de regrets, est-ce que tu veux bien m’entraîner pour 2022 ? »

Yves à réfléchi, il m’a rappelé, et il m’a dit de venir dans le sud pour discuter de tout ça autour d’une table. On était le 21 décembre. Yves m’a dit « Le 3 janvier, on attaque ».

Désormais, je ne vis plus en Suisse mais dans le sud de la France avec Yves; je suis dans mon truc et je m’investis à fond. La réalité, c’est que je ne pense pas à beaucoup de choses, Yves organise et me dit « on va faire du vélo à 9h du matin, pendant 3 heures », et donc je fais sans me poser de questions. Je suis un programme, et je me donne à fond.

Avant – ces 5 dernières années – j’étais seul à gérer mon programme, je réfléchissais à tout ce que je devais faire, je me demandais quel entraînement j’allais faire, où j’allais rouler, si j’allais faire du vélo de route ou du VTT, et je perdais beaucoup d’énergie physique et mentale rien qu’à m’organiser.

Et finalement, tu parvenais à mettre autant d’intensité dans tes entraînements en étant seul ? J’imagine que le fait de te faire pousser au cul, ça joue un rôle aussi dans ta préparation.

Grave. Il y a deux choses qui changent vraiment. Quand tu es seul, tu mets inévitablement moins d’intensité mais je pense que mon gros problème, c’était au niveau du mental. Il y avait un manque de confiance et il m’a fallu ces cinq ans pour comprendre beaucoup de choses et c’est surtout au niveau mental que je ressens la plus grosse différence.

Quand j’ai bossé avec Yves de 2013 à 2016, on était que tous les deux. Maintenant, son programme est suivi par des jeunes qui veulent me battre et moi je ne veux pas me laisser faire. Il y a Stephen Rubini, Emil Weckman – qui revient après s’être fait les croisés – et deux jeunes pilotes Belges. À chaque entraînement, c’est une compétition, que ce soit sur le vélo de route, le VTT, lors des sorties footing, sur la moto, tout le monde veut battre tout le monde.

Valentin Guillod a retrouvé la grinta aux côtés d’Yves Demaria @IXS Hostettler

Tu as re-appris à te dépasser ?

C’est ça, je ne fais que ça et c’est top. Après, je ne suis pas une machine, parfois je ne suis pas au top de ma forme à l’entraînement mais quand tu fais partie d’un groupe, tu t’accroches quand même à ce dernier. Quand tu es tout seul en vélo de route et que tu es dans un jour « sans », tu vas peut-être faire du 27km/h de moyenne alors qu’en groupe, dans la même forme physique, tu feras peut-être du 29km/h, la différence se fait dans ces moments-là.

Je prends vraiment beaucoup de plaisir à m’entraîner avec tout le groupe. J’ai quitté la Suisse pour vivre du côté de Nîmes avec mon mécanicien, on s’est implanté du côté de chez Yves. La Suisse, c’est les vacances pour moi, donc j’essaye d’éviter d’y aller. Ici, dans le sud, je suis seul donc je peux avoir ma rigueur, mon hygiène de vie, mais quand je vais en Suisse je vais manger avec ma famille, mes amis, je vais me coucher tard, etc, j’essaye d’éviter ces tentations en restant ici, en France.

Fin 2021, j’ai entendu dire qu’avec Arnaud, vous vous rendiez sur les épreuves seuls, que la structure avait éclatée; que s’est-il passé à ce moment-là ?

Le propriétaire du team – un Hollandais – n’avait plus d’argent pour payer au mois d’août, donc pour terminer les courses, mon mécanicien et son père prenaient leur Sprinter et une tonnelle pour les grands prix; Arnaud Tonus prenait aussi son van avec son mécano. On a eu beaucoup de chance avec Arnaud car Yamaha Hostettler est détenu par un vrai passionné, et le propriétaire de la marque a financé la fin de saison pour boucher les trous.

Et finalement, le team existe toujours ?

Oui. En fait, en octobre 2020 j’ai signé un contrat de 2 ans avec Hostettler Yamaha. L’an dernier, j’ai fait une dizaine de GP et j’ai décroché les deux titres en championnat Suisse. Arrivé novembre 2021 ils ont dit « le team s’arrête ». J’ai discuté avec Hostettler car on avait deux ans de contrat, et je voulais faire les GP de nouveau en 2022.

Ils voulaient bien continuer à me soutenir avec les motos, les pièces, un van, mais ils ne pouvaient pas faire plus. Je ne savais pas quoi faire, la saison débutait dans trois mois et je me suis posé beaucoup de questions. Nous voilà mi-décembre, et je devais mettre beaucoup de ma poche pour repartir sur les GP. J’ai discuté avec Yves, vu qu’on venait de se mettre d’accord pour repartir ensemble pour 2022, et j’ai décidé de monter ma propre structure avec l’aide de Yamaha Hostettler qui me donne tout le budget motos, pièces, huiles, etc, mais par contre je dois payer tous mes déplacements, et mon mécanicien.

En fait, je roule pour IXS Hostettler Yamaha en MXGP avec ma propre structure et l’aide de Yamaha Suisse et Kevin Brumann fait exactement la même chose que moi. On est tous les deux, deux structures privées, sous l’effigie d’un team. On représente Hostettler avec notre structure, c’est compliqué [rires]. Kévin Brumann a un budget, il fait tourner sa structure, on roule sous la même bannière et on s’associe le jour des courses en grands prix.

Tout comme Kevin Brumann, Valentin Guillod gère sa structure au sein d’IXS Hostettler Yamaha @IXS Hostettler

Du coup quand tu vas faire un GP, tu sors de l’argent sans en faire rentrer.

C’est çà

C’est pour ça que ton programme 2022 est aussi chargé ? Deux championnats en Suisse, l’Elite, quelques GP, et même de l’ADAC; c’est pour financer ton programme ?

Alors les championnats Suisses, ce sont mes priorités car je suis soutenu par Yamaha Suisse. Je roule dans les deux catégories car financièrement, ça me permet de faire de bons week-ends. Pour l’Elite, c’est Yves qui m’a dit de partir là-dessus pour me reconstruire et ça tombait bien car les épreuves de l’Elite ne clashaient pas avec les épreuves de mon championnat Suisse. On a essayé de décrocher le titre sur l’Elite mais malheureusement, je le loupe de peu.

À côté de ça, mon objectif sur les GP était de montrer que j’étais en train de me reconstruire avec Yves. Je voulais rouler dans les 15 au début, puis dans les 10, et c’est ce qui est en train de se passer. On montre le travail effectué en 6 mois, et on montre aussi que si on continue 6 mois ensemble, on peut faire de belles choses.

Concernant l’ADAC, c’est l’aspect financier qui prime. Je roule pour un team qui m’a proposé un petit contrat pour faire 3 courses, je prends aussi les primes du championnat mais faire ces courses, c’est aussi et surtout pour progresser. En Allemagne, il y a de bons pilotes, tu roules 3 manches, c’est aussi un très bon entraînement.

Qu’est-ce qu’il t’a manqué pour aller cherche le titre en Elite cette année ? Milko est un excellent pilote, mais je ne sais pas s’il serait en mesure de rouler dans les 10 comme tu le fais ces derniers temps sur les GP.

Milko a vraiment très bien roulé cette année, j’ai été surpris de voir son niveau cette saison. C’était cool car on s’est bien battu. Moi, je suis arrivé sur les premières courses sans être assez préparé, quand tu reprends tout depuis le début il faut du temps pour se reconstruire et je n’avais repris l’entraînement avec Yves que depuis deux gros mois. Milko sortait du Touquet et lors de la première à Loon Plage, c’était plutôt normal qu’il atomise tout le monde. Par la suite, avec la confiance, il a vraiment très bien roulé alors que de mon côté, je faisais encore du testing sur la moto lors des premières épreuves de l’Elite. Je voulais simplement progresser chaque semaine.

J’ai perdu beaucoup de points à Gueugnon en terminant 10ème en seconde manche. À Romagné je tombe en première manche avant de terminer 6ème, j’ai perdu des petits points à droite et à gauche alors que Milko était super régulier.

À partir de Bitche, j’avais réussi à atteindre un bon niveau et j’ai réussi à gagner des courses mais j’avais déjà perdu les points en début de saison.

Vice-champion de France Elite, bien parti pour signer le doublé en Suisse, des top 10 en MXGP, Valentin retrouve le haut du tableau @IXS Hostettler

Tu as fait 4 GP cette année, Angleterre, Espagne, République-Tchèque et Suède.

J’étais aussi à Ernée le samedi, j’avais roulé lors de la fameuse manche qualificative mais j’étais tombé malade dans la nuit et j’avais le championnat Suisse à disputer le lundi, et j’avais préféré me reposer pour favoriser mon championnat prioritaire donc je n’avais pas roulé le dimanche pour économiser mes forces.

J’avais partagé ton post à propos d’Ernée, as-tu eu des retours de la part de pilotes suite à ça ?

Non. J’ai juste vu que le retour des fans était fort, ils étaient de mon avis. Ce qu’ils ont fait n’était pas professionnel. Ce n’était pas sur la grille de départ qu’il fallait faire ça. Ils n’avaient qu’à tous se rendre en conférence de presse, et en discuter autour d’une table après la manche. Pas besoin de faire un cirque avant le départ. Je suis d’accord sur le fond, mais pas sur la forme; on n’est pas à la kermesse du village, on est en championnat du monde de Motocross

Regarde, lors du départ de la qualif’ le samedi, pas de chutes… Le lendemain, alors que le premier virage avait été refait, ils se sont tous rentré dedans ! Finalement, c’était quoi le plus dangereux ?! On doit s’adapter aux pistes, et si un pilote n’est pas assez intelligent pour être prudent, bah ….

Bon. Là, tu as signé des top 10 en manche lors des 3 derniers GP. Ça doit te faire un bien fou …

C’est trop bon. Qu’est-ce que ça fait du bien de retrouver son niveau et de voir que le travail paye. Ce qui est cool, c’est qu’il y a encore une marge de progression et c’est ce qui me motive encore plus à travailler.

En Espagne, tu fais 10-10 dans les manches pour terminer … 12ème de journée. Ça fait chier ?

[rires]… J’étais tellement content de réussir à me battre dans les 10 en manches que je n’ai pas trop chipoté, mais c’est vrai qu’en toute logique des choses, quand tu fais deux manches dans le top 10, tu dois finir dans le top 10 de journée. Et puis là, j’ai fait 12ème [rires]. Mon premier GP en Angleterre, j’ai dû faire 14-17 des manches. Trois mois après, j’arrivais à me battre à la régulière dans le top 10 donc les choses allaient dans la bonne direction.

Le pilote Suisse a réalisé une magnifique première manche en Suède @IXS Hostettler

On peut parler de cette première manche d’Uddevalla ? Si j’élimine le dernier tour, c’est ta meilleure manche MXGP ?

Alors non car il y a eu une manche en 2016 lors de laquelle je termine 3ème, mais ça faisait depuis 2016 que je n’avais pas fait une aussi belle manche que ça. Là, je claque le holeshot en arrivant très généreux au bout de la ligne droite. Maxime avait freiné pour faire l’intérieur et j’avais contourné à fond a l’extérieur. J’ai signé le holeshot mais après, j’étais arrivé en glissade des deux roues, en perdition [rires]. Seewer me passe, Coldenhoff me fait un inter’ rapidement. Je suis quatrième, Gajser me double, j’étais pris dans les émotions.

Je me suis retrouvé 5ème derrière Gajser, je n’ai pas très bien roulé car j’étais tendu, beaucoup de choses se passaient dans ma tête. Jorge Prado me passe ensuite et je reste dans sa roue, j’étais content mais à trois tours de la fin, Romain m’a attaqué et j’ai dû en remettre une couche.

Dans le dernier tour, j’ai un peu trop assuré et Romain m’a dépassé avant la cuvette, et là [rires]… Je me suis dit « Yves va me défoncer si je me fais doubler dans le dernier tour » et puis vu que c’était Romain et qu’on est deux grands copains, je me suis dit que je ne pouvais pas le laisser me dépasser comme ça a quelques virages de la fin. J’ai fait un bel extérieur, mais j’ai mis un coup de gaz de trop avant le petit virage à droite. J’ai pris un trou, j’ai croisé les skis et je suis sorti de la piste avant d’embrasser le panneau publicitaire. Si ce panneau n’était pas là, je ne perdais qu’une place mais là, j’étais coincé, j’ai dû casser la pancarte à coups de poing pour l’arracher et j’ai perdu encore 2 places.

Finalement, je me suis fait un peu engueuler par Yves à l’arrivée, quand même [rires]. Sur le papier, 9ème ce n’était pas incroyable mais je n’ai pas de regrets car j’ai montré qu’après 30 minutes et 2 tours, je suis encore capable de faire une attaque sur un mec qui a une moto d’usine, qui roule pour un team qui investit un million, alors que je suis avec ma petite structure privée, et que j’ai un petit budget. Je montre que j’ai faim et que je veux revenir aux avant-postes.

Un mot sur les nations, on sait dans quelle cylindrée tu vas rouler ?

Oui; j’ai pris la décision de rouler en 250, c’est pour ça que j’essaye de trouver une solution pour faire Ironman en 250. Ce serait une pierre de coup: réaliser un rêve et faire une course de haut niveau en 250 pour me préparer pour les nations.

Pour les Nations, le team Suisse s’est rapproché de Rock River Yamaha, ce sont eux qui vont nous prêter la moto. Là, j’ai demandé à ClubMX pour savoir s’ils etaient intéressés de m’avoir en 250 pour Ironman mais vu qu’ils ont déjà pris McElrath en 450 pour finir la saison, c’est un peu compliqué.

J’attends également une réponse de Rock River Yamaha, pour voir si ça pourrait se faire ou pas, mais ce n’est pas fait …

Valentin Guillod participera aux Nations de Red Bud en 250 avec Jeremy Seewer et Kevin Brumann @IXS Hostettler

Idéalement, il fait quoi Valentin Guillod en 2023 ?

Mon objectif serait de revenir à 100% en grands prix l’an prochain. Il va y avoir pas mal de discussions; je suis en fin de contrat avec Hostettler Yamaha. Soit j’ai un bon team qui croît en moi pour me signer et me faire évoluer en MXGP soit je vais voir pour repartir sur un programme similaire avec Hosttetler Yamaha, en me concentrant plus sur les championnats Allemands, Français, Suisse. On verra d’ici là.

Sinon, là, j’ai eu une proposition pour faire le championnat du monde de Supercross en 250.

Tu as été contacté par une équipe Française ?

Oui.

GSM ?

Oui. L’offre était intéressante, c’était sympa mais il y a deux choses qui m’ont fait refuser. Il me reste 4 ou 5 ans en MXGP et je veux me concentrer sur ça pour ne pas avoir de regrets. J’ai loupé un titre de champion du monde en 2015 et j’ai encore quelques regrets là-dessus. J’ai aussi envie de parvenir à décrocher un podium en MXGP, donc côté sportif partir faire du Supercross ça ne collait pas.

La deuxième chose, c’est que quand j’ai vu les noms des Américains qui venaient rouler, je me suis vite dit que ça allait être compliqué de se préparer. Les infrastructures pour le SX en Europe, ce n’est pas ça. Eux roulent déjà depuis des mois sur les terrains privés, ils refont les pistes toutes les deux semaines alors que nous, on a quelques terrains mais qui ne sont pas aux mêmes dimensions. Le World SX se disputera dans des grands stades, et je pense que ce sera sur des grosses pistes.

De plus, j’étais engagé aux Nations – fin septembre – et la première course du World SX se disputait début octobre. Je suis en train de me reconstruire en Motocross pour faire des résultats, je me suis également dit que ce serait vraiment trop con de repartir en SX et de risquer de me faire mal, de prendre le risque de louper une saison, etc, etc.

Question d’opinion: la Stark Varg, ça te donne envie d’essayer ?

Ouai, carrément. J’ai même contacté Stark pour savoir s’ils faisaient un team en MXGP la saison prochaine, et je leur ai dit que j’étais intéressé pour en faire partie si ça se faisait. Yamaha Hostettler est également importateur Suisse de la Stark Varg, c’est quelque chose qui me branche et je voulais être l’un des premiers à pouvoir rouler en GP avec ça, être précurseur en quelque sorte. On m’a répondu qu’il n’y aurait pas de team en 2023 en GP avec la Stark Varg.

Passé à côté d’un titre mondial en MX2, Valentin Guillod joue carte sur table pour ne pas avoir de regrets en catégorie MXGP @IXS Hostettler

Le mondial de Supercross, la réplique Américaine avec le Supermotocross, tout d’un coup on trouve des millions pour financer des championnats et reverser des primes aux pilotes. Tu penses que c’est une bonne chose pour l’avenir du MXGP, dans le sens où à force, ils vont bien être également obligé de s’aligner s’ils veulent éviter de voir tous les pilotes délaisser le mondial pour gagner leur vie d’une autre façon ?

Ouch … Je ne sais pas du tout. J’aimerais pouvoir te dire que le MXGP cherchera de nouveaux sponsors et de nouveaux investisseurs pour instaurer des primes pour les pilotes, ou des bonus aux résultats mais ce n’est pas gagné. Je ne sais pas ce quelle tournure ça va prendre avec ces championnats, est-ce qu’ils vont venir remplacer ce qu’on connaît ou finir par perdre de l’élan et disparaître ? Je ne sais pas du tout.

On voit Tom Vialle qui part pour les USA, un garçon comme Thibault Benistant pourrait bien suivre, les frères Coenen aussi, les jeunes de l’Europe 250 ne rêvent pas forcément de finir en MXGP à 23 ans …

En MXGP, on est 30, mais il y a 18 pilotes qui peuvent faire un top 10. Les 5 premiers gagnent très bien leur vie, du 5ème au 10ème ça gagne bien sa vie, et du 10ème au 15ème ça s’en sort juste. Le but du sport, c’est d’être le meilleur, et quand tu es le meilleur tu gagnes bien ta vie. Jeffrey Herlings ne se demande pas si le MXGP, c’est bien ou pas bien.

Là où il y a un problème, c’est en MX2 avec cette limite d’âge. Ils ne sont plus que 20 à chaque course et le problème est là. Est-ce qu’il faudrait annuler la catégorie EMX250 ? Instaurer une règle qui dit que si tu fais dans le top 20 en pigiste sur le MX2 tu es automatiquement basculé sur le mondial MX2 pour l’année suivante ? Est-ce qu’il faudrait regrouper l’EMX250 et le MX2 pour augmenter le nombre de pilotes et le niveau ? Difficile à dire.

Il faut garder la catégorie EMX125 car c’est la meilleure école, mais est-ce que l’Europe 250 est actuellement une catégorie en trop ? On pourrait aussi annuler la règle de l’âge en MX2 et d’un coup, certains mecs – comme moi – pourraient retourner en MX2. Est-ce que la balance s’équilibrera avec moins de pilotes en MXGP, et un peu plus de pilotes en MX2 ? En MXGP, il y a beaucoup de monde, et beaucoup de mecs sans guidon pour 2023. Des mecs encore meilleurs que moi n’ont pas de contrat pour l’an prochain donc ça se complique petit à petit.

On voit des jeunes de 18/19 ans qui décident de monter en MXGP parce qu’ils ont raté leur saison, et vu que l’âge moyen en MXGP continue d’augmenter, ils ont 10 ou 12 ans de MXGP devant eux et ça, j’ai du mal à comprendre le raisonnement. Moi parfois, je me dis que j’aimerais bien retourner en 250 [rires]. J’aimerais bien avoir 22 ans avec l’expérience que j’ai maintenant car la vie est différente à 22 ans et à 30 ans. On a beau te prévenir quand tu es jeune, mais ça, tu ne le comprends pas.

Valentin Guillod « Je montre que j’ai faim et que je veux revenir aux avant-postes »
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