Cornelius Tøndel « j’ai la vitesse et le physique pour rouler devant »

Cornelius Tøndel « j’ai la vitesse et le physique pour rouler devant »

Retenez bien le nom de Cornelius Tøndel pour la saison 2022. Engagé sur l’EMX Open la saison dernière, faute d’autres options, le jeune pilote Norvégien s’est révélé au grand jour cette année sur le championnat d’Europe 250 avec l’équipe Riley Racing Yamaha. Du haut de ses 19 ans, Cornelius s’est adjugé une victoire d’épreuve à Arco Di Trento en prenant à contrepied tous les favoris de la catégorie. La saison prochaine, Cornelius s’engagera pour une nouvelle saison sur l’Europe 250 avec des ambitions revues à la hausse … Micro.

Cornelius, j’aimerais qu’on commence par ton histoire. Certains t’ont découvert en 2020 sur l’EMX Open, voire cette saison sur l’Europe 250. Comment en es-tu arrivé jusque-là ? La Norvège n’est pas le premier pays qui vient en tête quand on pense au Motocross en Europe.

J’ai commencé à rouler à l’âge de 5 ans et depuis, je n’ai jamais arrêté. Je n’étais pas vraiment très bon avant l’âge de 11 ou 12 ans, puis j’ai commencé à signer de belles performances en Norvège, et j’ai commencé les compétitions nationales aux alentours comme en Suède, et au Danemark. En 2017, et alors que j’avais 15 ans, j’ai remporté mon tout premier titre national en Norvège, j’ai également fait mes débuts sur l’Europe 125 cette année-là, lors de l’épreuve d’Uddevalla (23-27). En 2018, j’ai terminé second du championnat Nordique dans la catégorie MX2 et j’ai remporté mon second titre national en Norvège.

En 2019, j’ai été malade pendant toute la saison, mais j’ai été en mesure de terminer 9ème lors de la toute dernière manche du championnat d’Europe 250 en Suède, toujours à Uddevala. C’était un résultat solide vu les pilotes présents dans la catégorie à l’époque (Van de Moosdijk, Rubini, Forato, Sydow, Fernandez, Benistant, Hofer, Gifting, Haarup …)

Un premier top 10 sur l’Europe 250 en 2019, à Uddevalla.

En 2020, tu signes avec une équipe KTM. Tu devais rouler sur l’Europe 250 mais ce n’est jamais arrivé, que s’est-il passé ?

J’ai signé avec cette équipe KTM pour 2020, et on n’arrivait pas à communiquer de la bonne façon. C’était vraiment une grosse erreur de ma part de signer ce contrat. Ce n’est qu’après avoir signé qu’on a compris que tout ce qu’ils voulaient, c’était faire de l’argent.

Finalement, te voilà âgé de 18 ans et tu rejoins l’équipe JWR Honda. Tu roules en EMX Open, contre des pilotes qui ont près de 10 ans de plus que toi, d’anciens pilotes de GP, d’anciens tops Européens. Qu’est-ce qui a fait qu’après l’EMX 250, tu as fini sur ce championnat ?

J’étais à l’école un jour, et j’ai reçu un appel de Johan Westermark (team-manager de JWR Honda) qui m’a demandé si j’étais intéressé de rouler pour l’équipe, et j’ai dit oui. Je n’avais pas d’équipe pour la saison à ce moment-là, donc c’était la meilleure opportunité à saisir. Je suis monté sur la 450, simplement car c’était la seule opportunité pour moi de rouler. La catégorie était relevée pour les pilotes de devant, les 4/5 premiers avaient une bonne vitesse. J’ai dû rouler pour retrouver la forme en début de saison, et j’ai rencontré beaucoup de problèmes mécaniques qui m’ont valu quelques abandons, mais on a terminé la saison sur une très bonne note avec une victoire, ce qui était vraiment cool.

Faute d’opportunités, Cornelius Tøndel s’est retrouvé sur l’EMX Open en 450 en 2020, à 18 ans.

Tu as finalement signé un deal avec Riley Racing Yamaha pour la saison 2021. Tu as réussi à gagner un peu ta vie jusqu’ici en faisant de la moto ?

Non. Seuls les pilotes en haut du tableau se font de l’argent en roulant, quand j’ai roulé pour Riley Racing Yamaha cette saison je n’ai pas du tout gagné d’argent. Ça m’en a même coûté.

Lors de la toute première manche de la saison 2021 en Angleterre, tu termines second avec le second chrono en piste, à 0.031 secondes du meilleur temps de Lapucci. Ça a dû être vraiment bon pour la confiance.

La première épreuve de la saison à Matterley Basin s’est vraiment bien déroulée pour moi. J’étais plutôt en confiance en arrivant là-bas car je savais que j’avais la vitesse pour être compétitif avec les meilleurs. Lors de cette première manche – comme tu l’as dit – j’ai terminé second et c’était vraiment un super feeling de voir que la vitesse pour rouler devant était là. J’ai même roulé les 15 dernières minutes de cette manche sans frein arrière. En seconde manche, j’ai été un peu pris par les émotions, j’ai subi la pression mais j’ai terminé 5ème. Je suis monté sur le podium de journée, c’était vraiment un gros boost pour la confiance.

Cornelius a été l’une des révélations de la saison 2021; il signait une victoire d’épreuve sur l’Europe 250 à Arco.

Cette année, vous aviez une équipe Norvégienne vraiment au top pour les nations [Toendel, Fredriksen, Horgmo] mais tout est tombé à l’eau au dernier moment; pourquoi ?

Ça aurait été une équipe très compétitive pour cette édition du Motocross des nations, mais malheureusement je suis tombé malade. En fait, j’ai été malade à partir de Matterley Basin et je n’ai pas pu récupérer à temps. La fédération a sélectionné un pilote remplaçant pour moi – Sander Agard-Michelsen mais il y a de nouveau eu des problèmes avec les autres pilotes, c’était dommage.

[ndlr: en plein changement d’équipe à la période du MXDN, Hakon Fredriksen n’a pas pu assurer sa présence, et le sélectionneur n’a pas été en mesure de trouver un autre pilote remplaçant. Deux fois de suite – 2019 et 2021 – Cornelius Toendel a été sélectionné, mais n’a pas pu participer aux Nations]

Tu as remporté ta première épreuve Européenne à Trentino cette année avec un 3-3, c’est assez peu commun. Tu savais que tu allais gagner la journée en seconde manche ?

C’était une bonne journée pour moi à Arco Di Trento. J’ai pris de mauvais départs et j’ai dû revenir depuis le paquet et doubler du monde dans les deux courses pour finir troisième dans chaque manche. Je me suis battu durement pendant cette épreuve !

J’ai fait le calcul dans ma tête et j’étais presque sûr que j’allais gagner, mais je n’arrivais pas à y croire,  c’est un moment dont je vais me souvenir pendant longtemps. La chose la plus folle qui me soit arrivée jusqu’à présent.

Quel bilan tires-tu de ta saison 2021 ? Tu termines 6ème du championnat, mais avec 3 manches hors des points. Sinon, tu aurais pu viser la quatrième, voire la troisième place …

À mon avis, si je n’étais pas tombé malade après Matterley Basin et que ça ne m’avait pas suivi jusqu’à l’épreuve disputée en France, j’aurais facilement pu être sur le podium du championnat, et peut-être même en seconde position. J’ai rencontré des galères et j’ai connu trop de mauvaises courses qui ont affecté mon résultat final. Mais la saison prochaine, j’ai une nouvelle chance, et je vais la saisir à bras le corps.

On entend même dire que Cornelius pourrait récupérer un guidon factory en 2022 …

Il semblerait que Horgmo, Fredriksen, Lapucci, Everts & Weckman quittent l’Europe 250 la saison prochaine. Tu seras sans conteste l’un des grands favoris pour le titre. C’est quelque chose à laquelle tu commences à penser ?

J’essaye de ne pas trop penser au championnat. Je sais que si je roule comme je sais le faire, que je reste en forme et que je donne tout, alors j’ai la vitesse et la condition physique pour rouler devant toute la saison. Quand les courses seront terminées, on verra où on sera.

En quoi va consister ton intersaison d’ici là ? Quelles sont les chances de te voir en MX2 en tant que wildcard l’an prochain ?

Mon intersaison ne sera pas très longue, elle va consister en deux semaines à la maison à prendre du repos, traîner avec les copains et profiter de la famille. Je suis un gros mangeur, mais je ne peux pas trop me lâcher car il faut que je surveille mon poids pendant la saison, donc je vais passer ces deux semaines à manger un peu plus de ce que j’aime; je pense que me faire plaisir à l’intersaison, ça m’aide aussi à avoir la niaque à l’entraînement pendant la saison. Il y a toujours des choses à améliorer, donc j’essaye d’être le plus efficace que possible dans tout ce que je fais.

Les chances que je m’aligne en tant que wildcard en MX2 l’année prochaine sont plutôt faibles. Je vais me concentrer sur le championnat Européen, et prendre les choses course après course.

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