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Eli Tomac « C’est ma plus belle saison, c’est indiscutable »

De Glendale, à Red Bud en passant par Cardiff; du Supercross au Motocross, en solo ou par équipe, Eli Tomac a absolument tout raflé sur son passage cette saison. Double champion des USA en 2022 – catégorie reine – le pilote Star Racing Yamaha était présent en tant que wildcard sur l’épreuve d’ouverture du nouveau championnat mondial de Supercross à Cardiff. De nombreux fans avaient fait le déplacement pour voir le pilote Américain en piste, et ces derniers n’ont pas été déçus. Après un début de soirée au ralenti le samedi, Eli Tomac a remis les pendules à l’heure lors des trois finales en signant un triplé net et sans bavure. S’il détient la plaque rouge de leader du championnat du monde de Supercross après Cardiff, Eli Tomac ne participera pas à la finale du championnat dans deux semaines à Melbourne. Micro.

Eli, trois victoires ce soir à Cardiff pour toi. Tu t’attendais à ce que ça se déroule comme ça ?

Honnêtement, j’étais un peu en dedans en début de soirée. Ken a très bien roulé lors de la manche qualificative et en Superpole, je n’ai jamais eu le courage d’envoyer le quadruple pour être franc. Cet enchaînement était vraiment gros et je me suis dit « non, triple/simple ça ira très bien » et ça a fonctionné pour moi. Les trois manches ont été un peu différentes, Ken m’a fait un cadeau en première manche et j’ai dû faire quelques dépassements en seconde manche. Je pense que le plus difficile ce soir, c’était cette terre, elle était très dure et j’ai bien failli tomber dans la dernière manche devant les mécaniciens. J’ai apprécié le programme. Je me disais – avant de venir – que faire des manches de 8 & 12 minutes, ça allait être short mais ce n’était pas simple et finalement, ça a produit de belles courses.

En France, on a le Supercross de Paris, mais le tracé n’a pas grand-chose à voir avec celui qu’on retrouve ce week-end. Peut-on comparer la piste de Cardiff avec ce que vous retrouvez de l’autre côté de l’Atlantique sur votre championnat ?

Oui. Ce terrain est légitime. C’est un vrai terrain de Supercross. Lors de la plupart des épreuves Européennes à l’intersaison, le feeling est différent mais là, on est sur du vrai Supercross et c’est vraiment cool à voir ici, à Cardiff. On a l’impression d’être dans un de nos stadiums et j’espère que les fans aimeront ça. Rien n’a été laissé au hasard ce soir, c’était une épreuve de première classe et c’était vraiment cool de voir tous ces fans amassés dans le stadium. Quand je suis arrivé je me suis dit que c’était un très gros stadium, mais au final, on l’a plutôt bien rempli.

Vous avez beaucoup roulé ce week-end entre les essais du vendredi, les essais d’aujourd’hui, les manches qualif’, la superpole, les finales Comment as-tu géré ça, car ce n’est pas vraiment une habitude que vous avez aux USA.

Franchement, j’ai tenté pas mal de sprints le vendredi pendant les essais et je l’ai regretté au réveil ce matin car j’étais un peu courbaturé [rires]. On a roulé 30 minutes le vendredi, et c’est beaucoup mine de rien mais ça nous a permis de bien apprendre le tracé, de ne rien pas être dans le rush et de ce côté-là c’était vraiment cool car le jour de la course, tu te sens plus à l’aise; il y a moins de chaos dans les premiers tours. La prochaine fois, peut-être que je ne ferais pas autant de sprints le vendredi !

À propos du format, c’est plus difficile de faire une finale de 20 minutes aux USA ou de rouler de cette façon, 8, 8 et 12 minutes sans pouvoir se reposer ?

La dernière manche est difficile. Faire 20 minutes + 1 tour, ce n’est pas simple mais c’est différent. Là, quand tu termines une manche, tu essayes de retrouver un rythme cardiaque de croisière, tu changes tes lunettes et déjà, il faut y retourner. La troisième manche était compliquée.

Parlons un peu de ta saison. Une saison fantastique, les deux titres en 450, une victoire aux nations avec l’équipe américaine. Peut-on parler de la plus belle saison de ta carrière ? Tu as été très régulier, plus que jamais, en plus d’être dominateur.

C’est ma plus belle saison, c’est indiscutable. J’ai gagné les deux championnats en remportant une poignée de courses et disputer le titre outdoor jusqu’au bout avec Chase, c’était vraiment une fin de saison épique. Ça s’est joué jusqu’à la dernière manche de la saison à Fox Raceway. On a aussi gagné le Motocross des Nations et ça faisait vraiment longtemps que l’équipe Américaine n’avait pas gagné; c’était vraiment une année spéciale pour moi.

Tu es une wildcard à Cardiff ce week-end. Il n’y aura que 2 épreuves sur le World Supercross cette saison, participer aux deux épreuves n’était pas une option pour toi, en intégrant un team ?

J’étais un peu limité car en tant que Wildcard, il me semble que je ne peux faire qu’un round en tant que Wildcard et du coup, il aurait fallu que j’intègre un team pour faire les deux épreuves. Difficile de dire pourquoi je ne fais qu’une épreuve, mais c’est comme ça.

Tu as seulement un contrat pour le Supercross la saison prochaine, est-ce que ça peut changer ?

Ça pourrait changer. Pour l’heure, je prends ma carrière année après année et je n’ai signé qu’une prolongation d’un an pour le SX avec Star Racing. Est-ce que j’arrêterais l’an prochain ? Je ne sais pas car pour l’instant, je prends vraiment du plaisir et je ne sais pas si ce sera le moment d’arrêter. On verra la saison prochaine.

Donc à ce jour, tu ne te dis pas que tu arrêteras la saison prochaine ?

Non, je ne me dis pas que j’arrêterais la saison prochaine.

Aux USA, ça fait quelques années que vous dites que votre saison est trop longue et avec l’arrivée du SuperMotocross World Championship, vous voilà avec 2 épreuves en plus. Tu en dis quoi ?

Mhh… En fait, d’un côté ça permet au sport de se développer, ça créé des opportunités pour les pilotes, ça promet une meilleure situation financière mais on a déjà tellement de courses que j’espère que ça ne va pas cramer certains pilotes plus tôt que prévu. En même temps, je suis content car ça permet de faire évoluer le sport. Le package TV sera bien meilleur et ça permettra d’amener plus de primes à distribuer aux pilotes. Ce n’est pas un énorme changement car ce n’est que deux courses de plus en fin de saison.

En parlant de développer le sport; on a l’impression que l’AMA est en train d’essayer de court-circuiter le mondial de Supercross en rallongeant sa saison afin de garder ses pilotes sur son continent. Finalement, c’est le business avant le développement du sport ?

C’est la question à laquelle on va devoir répondre; on ne sait pas encore. C’est sûr que le championnat Supermotocross a été créé suite à l’arrivée du mondial de Supercross mais il faut comprendre que le business, c’est la compétitivité, c’est comme ça que ça marche. On verra ce qui en découlera. Moi, je suis content que ces nouvelles initiatives permettent de faire évoluer le sport et permettent aux pilotes d’avoir plus d’opportunités.

Des titres 250, des titres 450, une victoire aux nations. D’où te vient cette motivation de continuer encore, et encore Eli ? Tu as déjà tout gagné.

Je prends du plaisir à faire ça. J’aime la compétition, sans conteste. J’étais sur le point d’arrêter au terme de la saison 2021, je ne prenais plus trop de plaisir, j’étais un peu sur les rotules à l’époque et soit j’opérais du changement, soit j’arrêtais. Aujourd’hui, je suis très content d’avoir opéré ce changement car c’était ma meilleure année.

Aux nations, il s’est fait entendre, de la bouche de Davey Coombs, qu’on pourrait avoir une épreuve hybride MXGP VS AMA dans les années à venir, qui compterait pour les deux championnats, avec les 20 premiers de chaque championnat. Un avis ?

Quoi ?! Vraiment ?! Ah, je ne savais pas que c’était un projet; ce serait une épreuve séparée du motocross des nations ?

Visiblement. Sur le papier, les pilotes marqueraient des points dans leurs championnats respectifs.

Oh wow. [rires]. Ce serait complètement dingue mais je suis pris de court […] Honnêtement ? Je ne sais pas trop si ça arrivera un jour mais qui sait ? C’est super fun de rouler contre les pilotes MXGP. J’adore rouler contre eux aux nations, alors rouler deux fois contre eux par saison ? Ce serait cool. Il y a toujours cette question qui revient « quels pilotes sont les plus rapides ? » mais on s’est fait botter le cul pendant 10 ans, jusqu’à cette année, donc bon … [rires]

Promis, ce ne sera pas une interview dans laquelle on parlera d’une confrontation Eli VS Jeffrey.

Merci. [rires]

Le jour où tu décideras de raccrocher les gants, qu’est-ce qui t’attendra ? Est-ce que tu y as déjà pensé ?

J’ai des enfants maintenant, donc j’essayerais d’être le meilleur père de famille possible. Sinon, je ne sais pas. Pour un athlète, c’est très dur de s’engouffrer dans une nouvelle voie après sa carrière. Je pense qu’il y a de grandes chances que je reste dans l’industrie, je pense que j’aimerais toujours autant rouler même quand j’aurais arrêté les compétitions. Peut-être que j’essayerais de m’investir en tant que testeur, ou quelque chose du genre. C’est la première chose qui me vient à l’esprit; on verra, ça dépendra également des opportunités qui se présenteront à moi.

Eli Tomac « C’est ma plus belle saison, c’est indiscutable »
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