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Jett Lawrence « Mes erreurs m’aident à être un pilote plus polyvalent »

Avec 47 points d’avance sur RJ Hampshire à deux épreuves de la fin de saison, Jett Lawrence n’a plus qu’à s’assurer de finir dans le top 18 de la finale de Fobxorough pour s’adjuger le titre de champion de Supercross 250 sur la côte Est. Troisième du shootout d’Atlanta – en dépit d’une énième chute en finale – le pilote Australien a retrouvé son frère aîné – Hunter Lawrence – sur le podium de la soirée.

Jett, tu as chuté en heat, tu as chuté lors de la finale. Comment fais-tu pour repartir et te remettre aussi vite dans la course ?

Je roule, c’est simple. C’est dommage que ces deux chutes se soient produites, mais c’est comme ça. C’était une question d’adhérence, c’était assez boueux lors des manches, et je voulais savoir si c’était gras ou glissant, et finalement, j’ai découvert où c’était gras, et où c’était glissant lors de ces chutes. Une fois tombé, tu ne peux pas perdre de temps, lever les bras en l’air et te plaindre, tu dois relever ta moto, y retourner, mettre la tête dans le guidon et attaquer.

Je suis à l’aise avec la moto et je sais que je dois plus souvent me retrouver devant. C’est un véritable défi pour moi car mon objectif cette année était de monter sur le podium à chaque course, et je me suis rendu la tâche difficile jusqu’à présent. J’ai gardé la tête dans le guidon, j’ai continué à attaquer et je n’ai pas fait de compromis, je me suis juste concentré sur le prochain pilote à doubler à chaque fois et ça m’a beaucoup aidé à garder ma vitesse en piste. Tout ce que je fais, c’est me concentrer sur mon pilotage et non pas sur ma position, ni sur les points au championnat, je me concentre juste sur moi.

Est-ce que tu jetais un oeil sur Hunter pendant la finale de samedi ?

J’étais juste derrière Hunter avant ma chute en début de finale. Alors je me suis dit : « Go Hunter » Je regardais l’écran à chaque tour après le virage à plat, en entrant dans les whoops, puis sur les doubles suivants, il y avait également cet et je voyais toujours le nom de Hunter devant. Une fois qu’il a doublé Jo Shimoda, il était en tête et j’ai vu Christian Craig derrière lui. Je me suis dit « Ok, reste concentré, continue à faire ta course. »

Chaque fois que je levais les yeux pour voir où il en était. Je pouvais voir l’écart. J’ai vu que Christian était vraiment proche. Quand je l’ai vu perdre l’avant, j’étais soulagé. Je me suis dit : « Hunter, c’est dans la poche. Ne fais pas d’erreur stupide comme moi. » Je garde toujours un oeil sur lui parce que c’est mon frère, mais je garde un œil sur beaucoup de pilotes, bien plus que vous ne le pensez. J’essaie toujours de voir qui est le prochain gars à doubler, où il est sur la piste, si j’ai une chance de le rattraper ou non. J’encourageais Hunter à l’intérieur de mon casque pendant la finale. J’ai vu Christian perdre l’avant – ce que je ne souhaitais pas forcément – mais je me suis dit que si Hunter était intelligent, il arriverait à ramener la victoire à la maison. De là, je me suis concentré sur ma course, c’était top de monter sur le podium tous les deux.

Aimerais-tu qu’il y ait plus de confrontations Est/Ouest ?

J’aime ce format parce qu’on ne roule pas contre les pilotes de l’autre côte de toute l’année. Même lors des essais à Atlanta, on était dans des groupes séparés, et on se retrouve finalement en piste ensemble pour la finale. On doit affronter des gars contre qui on n’a pas roulé de toute la saison, et c’est vraiment différent.

On a beau regarder l’autre côte évoluer à la télévision pour apprendre d’eux et les étudier, tu ne peux pas savoir pas comment ça va se passer quand ce sera l’heure de les affronter, tu ne sais que ce que tu vois à la télévision. Ces confrontations sont fun. Notre saison est assez longue en 250, mais la saison des pilotes 450 est encore plus longue et si on faisait cette confrontation plus souvent, ce serait top car on se retrouverait plus souvent avec plus de pilotes rapides en piste et ça nous préparerait en quelque sorte à la catégorie 450. Toujours est-il qu’on en fait 2 cette saison, donc c’est déjà bien.

Malgré ses erreurs, Jett Lawrence a remporté 4 finales, et est monté sur tous les podiums cette saison @Honda Racing

Tu t’es retrouvé dans de mauvaises situations, pourtant tu es en bonne position pour le titre cette saison.

Ce n’est pas idéal, mais ça nous aide à devenir de meilleurs pilotes et à développer notre approche de la course. Ça rend les courses plus spéciales, ce n’est pas la même chose quand on prend un départ dans les trois premiers, qu’on double quelques mecs et qu’on s’envole tout seul devant. Evidémment, on aime tous ce genre ce scénario, mais en tant que pilote, on prend aussi plus de plaisir à doubler des gars dans le paquet. Ces erreurs, c’est finalement un bon test pour moi, pour voir si je tiens le coup mentalement, et ça rend le podium encore plus spécial, tu sais qu’il est mérité. Je pense que – dans un sens – mes erreurs m’aident à être un pilote plus polyvalent, et ça fera de moi un meilleur pilote en 450.

 

Jett Lawrence « Mes erreurs m’aident à être un pilote plus polyvalent »
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