Marc-Antoine Rossi “je ne savais pas trop où j’allais me situer”

Marc-Antoine Rossi “je ne savais pas trop où j’allais me situer”

L’équipe Tech 32 Racing a le flair, et Matterley Basin semble bien réussir aux effectifs de la structure Française. Après la belle performance de Maxime Grau sur sa première course EMX125 à Matterley la saison passée, c’est au tour du jeune Corse Marc-Antoine Rossi de jouer la surenchère avec un podium de manche et un top 5 de journée le weekend dernier. Tout nouveau dans la catégorie, Marc-Antoine Rossi est revenu chercher les gros points dans les deux manches après de mauvais départs. Un nom à retenir, un client à suivre; contrat rempli. Micro.

Marc-Antoine, je t’ai repéré la saison dernière. Ce style ! Et ta taille aussi [rires] ! Rafraichis moi la mémoire, tu évoluais avec quel programme en 2020 ?

L’an dernier, j’étais – en quelque sorte – pilote support Bud-Racing. Je devais passer en 125, je faisais déjà quelques entraînements sur la moto et au final, j’ai fini le championnat de France Espoirs. Avec le Covid-19, tout a pris beaucoup de retard, le championnat a commencé très tard. J’ai fêté mes 15 ans il y a deux mois. Sur la fin du 85, j’étais grand, immense [rires]. Je mesure 1m75 donc la 85 …

Comment a évolué ton programme depuis ton arrivée chez Tech 32 ?

Après l’été, au mois d’octobre 2020, le team Tech 32 m’a repéré et j’ai intégré la structure. Sébastien Pourcel est devenu mon entraîneur principal, physique et moto. Avant, je m’entraînais avec Christophe Meyer. Je n’ai toujours pas déménagé mais je ne pense pas le faire. Je suis souvent sur le continent mais je rentre tout de même souvent chez moi, même si ce n’est que 3 ou 4 jours par ci, par là. J’aime bien être chez moi aussi, ça fait un peu décompresser. J’ai toujours un pied-à-terre en Corse, il faut pour la famille. Là, ça fait 2/3 semaines que je reste à la maison du team, du côté de Martigues. Ça change un peu de la Corse [rires] mais on prend l’habitude.

Tu fais des études ?

J’ai commencé l’année en troisième, mais ça devenait trop compliqué de suivre. J’ai fini par suivre un programme par correspondance au CNED, qui vient de se terminer. D’ailleurs, le brevet des collèges, ça devait être aujourd’hui mais … Tous mes amis passent le brevet. Moi, je suis rentré hier de Matterley Basin et j’irais peut-être au rattrapage. Peut-être que je l’aurais d’office, je ne sais pas encore.

Première saison avec Tech32, première saison en 125 … @dailymotocross.fr

Tu n’avais pas fait d’Europe en 85 ?

Non jamais, je n’ai jamais fait d’Europe en 85. Ma première épreuve Européenne, c’était en octobre dernier à Mantova avec le team Tech 32. J’avais prévu d’en faire en 85 car je faisais partie de l’équipe de France , mais du coup, l’Europe a été annulé la saison dernière avec le Covid-19.

En 2020, tu avais fait ta première course d’Europe 125 à Mantova. Pas de points mais une expérience sur le championnat avec ton team. Tu reviens 8 mois plus tard sur ce même championnat, et te voilà déjà en mesure de jouer le podium. Il s’est passé quoi, pendant ces 8 mois, j’imagine que Sébastien Pourcel n’y est pas pour rien ?

Beaucoup d’entraînement. Avec le team, ça s’est super bien passé cet hiver, on a fait beaucoup de testings avec Peter de chez 4.42, avec Nicolas Rondeau. J’ai une moto qui marche vraiment bien. J’ai beaucoup progressé; c’est cool. J’ai passé mon intersaison dans le sud à Martigues. Sébastien Pourcel est un super entraîneur, il sait de quoi il parle, il a beaucoup d’expérience. À l’entraînement, quand on fait du technique, on progresse bien.

Il doit faire quoi, pour te faire améliorer ces départs ?

Ah ! Franchement, j’ai l’habitude de plutôt bien partir. À Ernée, j’ai fait des départs qui n’étaient pas dégueu, une fois dans les 5, et une fois second. Là, à Matterley, je ne sais pas. C’était un peu spécial avec un départ en petite descente, c’était bizarre car je n’avais jamais fait un départ comme ça.

À Ernée pour l’ouverture du championnat de France Junior, tu te classes 5ème de la journée. Satisfait ?

Oui, assez satisfait pour une première course de championnat de France Junior. Après, je savais que je n’ai pas roulé à mon niveau, pas comme la première manche à Matterley ce weekend par exemple.

Je n’étais pas au mieux de ma forme, j’ai eu des petits coups de mou pendant les manches. C’était quand même très bien de terminer 5ème, mais je savais que j’avais tout de même la vitesse pour jouer devant.

Une 5ème place pour l’ouverture du championnat de France Junior à Ernée – @dailymotocross.fr

Tu as été l’un des rares pilotes 125 à essayer de sauter ce fameux triple d’Ernée. Tu t’es fait secouer quelques fois [rires].

Il m’a calmé [rires]. On avait fait un stage avec l’équipe de France à Ernée quelque temps plus tôt et le triple passait vraiment bien, c’était top. On arrivait à bloc dessus et ça passait vraiment bien. Là, dès le deuxième tour des essais, je me suis mis un court du futur et j’ai perdu les mains à la réception. Après quoi, j’ai réussi à le sauter toute la journée.

Le lendemain au warm-up, je me suis dit que j’allais réessayer. Je l’ai sauté deux fois parfait, vraiment niquel. En manches, je le saute une fois, bien. La seconde fois, un gros court qui m’a séché, ça m’a calmé tout de suite [rires].

Les frères Coenen ont été au-dessus à Ernée et tu n’as pas été en mesure d’aller les chercher, mais tu finis devant ces derniers à Matterley; ça te met en confiance pour tes chances de victoires et de titre en France ?

C’est sur que Matterley ça me met en confiance. J’ai vu que même en partant loin sur l’Europe, j’étais capable de remonter. J’ai fait de belles remontées dans les deux manches, même s’il faut travailler sur les départs. Je sais que je suis capable de remonter sur Sacha, en première manche, je le rattrapais un peu plus à chaque tour.

L’an dernier, tu disais que tu t’étais stressé à Mantova, c’était le cas à Matterley avec tes nouveaux objectifs ?

Vraiment pas. À Ernée, je m’étais mis plus de pression que ce weekend à Matterley Basin. En Angleterre, je suis arrivé tranquille, sans être stressé. Je ne me suis pas mis de pression et je ne m’attendais pas à cette place. Après, je me suis senti vraiment bien sur la moto tout au long du weekend et ce, dès les essais, c’était top.

Je ne sais pas trop ce que j’attendais pour ma première de l’Europe. C’est ma première année en 125, je ne savais pas trop où j’allais me situer; je ne connais pas les pilotes donc je ne sais pas comment roulent les uns et les autres. En début d’hiver, je me suis dit que j’allais viser dans les 10 à l’Europe, et que si j’arrivais à faire dans les 5, ce serait un miracle.

Premier Miracle à Matterley ! Tes objectifs vont-ils changer ?

Il faut garder la tête froide, ce n’est qu’une épreuve. Mais je sais que j’ai la vitesse pour, donc ça peut fonctionner pour moi.

Parlons de la première manche. Tu es 10ème au premier pointage, tu doubles des pilotes qui ont déjà un an d’expérience, et pour certains, des podiums dans la catégorie. Tu signes le 3ème temps en course, et tu termines second derrière le pilote Factory Fantic. Il se passe quoi ?

En fait, j’ai pris mon temps, je suis parti et je n’ai pas voulu me précipiter car ça ne servait à rien. Beaucoup de pilotes ont fait des erreurs à cause de ça. J’ai pris mon temps pour remonter, je me sentais bien avec la moto. En fin de manche, j’ai doublé Ferruccio Zanchi et j’étais quatrième, c’était pas mal.

Je remontais sur Sacha Coenen et il ne restait que trois tours alors pour le doubler, ça allait être compliqué. Après, à deux tours de l’arrivée, je l’avais recollé et il a fait une erreur qui m’a permis de le doubler. Dans le virage d’après, le second – Bobby Bruce – a fait une erreur et je suis passé second.

La seconde manche a été arrêtée sur drapeau rouge, suite à la chute d’un pilote. Ce mauvais départ n’a pas joué en ta faveur. J’imagine qu’il y a – malgré la perf globale qui est superbe – un petit sentiment de déception de ne pas monter sur ce podium ?

Un peu, mais après, c’est le règlement et c’est comme ça, ce n’est pas moi qui choisis. C’est sûr que ça aurait fait vraiment très plaisir de faire un podium. J’ai quand même bien roulé et j’ai vu que j’étais capable. En deuxième manche, je suis mal parti, j’ai commencé à remonter et j’étais derrière Valerio Lata; je suis resté derrière lui jusqu’à ce que la manche soit stoppée.

Quand ils sont tombés devant, j’étais cinquième, mais vu qu’ils ont comptabilisé au tour d’avant, j’ai terminé 7ème. Les gars de l’organisation m’ont arrêté et m’ont amené au podium, sauf que plus tard, la FIM nous a dit que finalement ils allaient prendre les résultats du tour d’avant, donc voilà …

Une belle seconde place en première manche EMX125 en Angleterre – @MXJuly

Est-ce que c’est normal selon toi d’être désigné vainqueur d’une manche qui a été stoppée suite à ta chute ? Le règlement semble mal adapté à la situation.

C’est bizarre. Après, je n’ai pas d’expérience; c’était la première fois que ça arrivait. Je ne sais pas trop comment ça doit se passer; ce sont eux qui font les règles. C’est étrange de voir un pilote tomber, provoquer un drapeau rouge et finir dans le classement sans avoir terminé.

Après Matterley, qu’est-ce que Sébastien Pourcel te dit ?

Sébastien était très content, le team aussi, le mécano, tout le monde. Sébastien savait que j’avais la vitesse pour jouer dans les 5, il l’a toujours dit et ça l’a fait.

Je sais que tu as remporté l’enduropale espoirs. Tu es à l’aise sur le dur comme dans le sable, tu as même fait de l’enduro jeune par le passé. Le calendrier du championnat d’Europe 125 ne contient aucune épreuve dans le sable, surface qui permet aussi de départager les pilotes au championnat, plutôt content d’avoir du dur, ou plutôt déçu de ne pas avoir de sable ?

D’un côté déçu, mais d’un côté, content quand même. Cet hiver, on n’a pas vraiment eu le temps de rouler dans le sable alors que l’hiver précédent, je n’ai fait que ça. Rouler dans le sable, ça aide même sur les terrains durs défoncés. Je suis un peu déçu car j’aime beaucoup rouler dans le sable mais il faut quand même rouler dedans régulièrement pour ne pas trop perdre; c’est une surface assez différente.

Avec le coach, Sebastien Pourcel – @MXJuly

Et le Supercross ? C’est une discipline qui t’attire ?

Franchement, oui. C’est une discipline que j’apprécie beaucoup car je suis vachement aérien, et très précis dans mon pilotage. Après, je n’ai jamais roulé sur un vrai terrain de Supercross mais je pense que ça pourrait me plaire. Je n’ai encore jamais eu l’opportunité.

Prochaine épreuve à Maggiora, un tracé avec du dénivelé, oldschool, tu connais le tracé ?

Non, j’ai vu des images, mais je n’y ai jamais roulé. On va se préparer pour Maggiora en roulant deux fois entre Matterley et l’Italie, on va faire du sport avec les programmes de Seb et on va partir jeudi en fin d’après-midi.

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