Heureux d’accrocher son deuxième podium de la saison, qui plus est à domicile devant les fans français à Lacapelle-Marival, Romain Febvre n’a pas mâché ses mots au soir du GP de France, à l’occasion de la conférence de presse.
Le pilote Kawasaki a pointé du doigt l’inaction de la FIM et sa gestion des incidents survenus ce week-end, en plus de l’absence des membres de la fédération internationale.
Le champion du monde en titre est apparu visiblement frustré après une journée marquée par des chutes dans les deux manches, notamment celle de Thibault Benistant lors de la première manche MXGP. Romain Febvre s’interroge sur l’absence de décision d’arrêter la course, estimant qu’un drapeau rouge aurait permis une meilleure prise en charge du français tout en garantissant la sécurité des pilotes, des commissaires et des services de secours.
« Tout d’abord, et encore une fois, personne de la FIM n’est là » déclare Romain Febvre en guise d’ouverture lors de sa prise de parole en conférence de presse. « Ils n’ont aucun respect pour les pilotes. Dans la première manche dès le premier tour, il y a eu un gros accident avec Thibault (Benistant). Il est resté au sol. Il y avait des drapeaux jaunes pendant au moins 5 tours, il était inconscient, et maintenant il ne sent plus ses jambes et il a dû partir en hélicoptère. Alors, ils attendent quoi pour sortir le drapeau rouge ? Qu’il y ait un mort ? Je ne comprends pas. On est au plus haut niveau, et ils agissent comme si on était sur des courses nationales de bas niveau. Ils n’ont aucun respect pour les pilotes. Personne de la FIM n’est là, mais ils sont sûrement quelque part pourtant ! ».
La seconde manche a également été mouvementée, mais pour d’autres raisons. Une chute collective dans le premier virage a cette fois-ci provoqué l’arrêt de la course … sur drapeau rouge ! S’en est suivie une confusion visible, ainsi qu’une incertitude quant à la possibilité de laisser Tom Vialle et Tim Gajser repartir sur leur seconde moto.
« Il y a eu un drapeau rouge en seconde manche, et ils ne savaient pas quoi faire. Ils ne savaient pas si les pilotes pouvaient repartir ou non, et on a dû leur dire que non, ils ne pouvaient pas. Ils sont totalement dépassés. Je ne comprends pas. Mais de toute façon, ça ne changera rien. Je peux parler de ça pendant 10 minutes dans le vent … mais c’est vraiment grave d’en arriver là, honnêtement. »

Malgré la frustration évidente et des conditions de pistes difficiles, Romain Febvre a tout de même réussi à signer un podium devant son public, son huitième podium à l’occasion d’un grand prix de France. Le pilote Français a admis avoir dû puiser dans ses ressources tout au long du week-end.
« Bref. Je suis content de finir sur le podium ce week-end. J’ai dû me battre jusqu’au bout. Je suis content d’être sur le podium en France, parce que comme je l’ai dit, j’ai dû me battre le samedi, et encore aujourd’hui. Donc je suis content de ce podium. »
Romain Febvre est également revenu sur ses départs et sur le rôle que joue son expérience, qui lui permet bien souvent de sauver les meubles lorsqu’il loupe ses sorties de grille, comme ce week-end.
« Bien sûr, j’essaie d’analyser mes départs autant que possible. Je pense avoir beaucoup d’expérience. Parfois je ne suis pas le meilleur starter, mais avec mon expérience, j’arrive à m’en sortir. Comme ce week-end, même avec une 7e place dans la première manche, j’ai quand même réussi à monter sur le podium. Je joue avec ça et j’essaie de faire de mon mieux. On peut voir beaucoup de choses grâce aux courses du mondial MX2, donc j’essaie d’être intelligent, c’est tout. »
Le pilote Kawasaki a également donné son avis sur la piste de Lacapelle Marival, tout en saluant le travail des organisateurs qui ont fait face à des conditions météorologiques difficiles à gérer compte tenu de la chaleur.
« Honnêtement, avec la préparation, ils ne pouvaient pas faire mieux vu l’état du terrain. On avait déjà roulé ici en 2021, et le sol était bien plus dur, donc au moins on a eu une piste bien défoncée ce week-end. Franchement, ils ont fait de leur mieux. Ce matin c’était assez boueux et meuble, mais c’était normal vu les 30 degrés qu’on a eu ensuite. Sinon, à 13h, ça aurait été sec et poussiéreux. »
En revanche, Romain Febvre s’est montré plus critique sur les possibilités qu’offraient le tracé du GP de France.
« Sur la préparation, ils ne pouvaient pas faire mieux, mais honnêtement la piste ressemble plus à un terrain de national qu’à un terrain de GP. Comme on a pu le voir, il n’y a pas eu beaucoup de dépassements en MX2 comme en MXGP. Tout le monde est d’accord pour dire que la piste est très étroite. Dans le premier et le second secteur, il était impossible de doubler. Devant les mécanos, c’est presque de l’enduro. Il y a tellement de bons terrains en France pour faire des GP. Je ne veux pas être contre le Motoclub, mais ça aurait pu être un peu mieux tout de même », conclut le pilote Français.
Des déclarations qui alimenteront un large débat dans le paddock concernant la sécurité des pilotes.









