Treize ans après son dernier sacre, la Belgique a retrouvé la plus haute marche du podium au Motocross des Nations en remportant la 79e édition à Ernée; un succès décroché par Lucas Coenen, Sacha Coenen et Liam Everts. Aux commandes de cette équipe belge, Joel Roelants revient sur les coulisses de cette victoire, la préparation des pilotes et le travail accompli pour ramener le Trophée Chamberlain à domicile. Micro.
Joel, la Belgique vient de décrocher sa première victoire aux nations depuis 2013. C’est historique, c’est quelque chose de très spécial. Ça te fait quoi ?
Je me sens au top. Je tiens à remercier toutes les personnes qui nous ont aidés. Je veux évidemment remercier les pilotes en premier. On parle toujours de la nécessité de réunir tous les éléments pour que tout fonctionne, mais avec ces trois-là, c’est vraiment facile, même s’ils sont toujours concurrents d’une certaine façon. Ils veulent tous les trois gagner et, quand ils ont cet objectif en tête, on peut leur demander ce qu’on veut.
Ce n’est pas quelque chose que les gens savent forcément, mais il y a énormément de travail en coulisses. Au final, ça a fonctionné, et c’est tout ce qui compte. Et je tiens à rappeler une chose : Lucas et Sacha ne vont pas quitter l’Europe sans titre. Liam, lui, reste en Europe avec un titre. Je suis vraiment heureux pour eux.
Lucas Coenen disait n’avoir fait qu’une seule manche en entier à l’entraînement avant les nations, et qu’il n’était pas certain de pouvoir tenir. L’équipe Belge a été annoncé assez tôt. Quels contacts as-tu eus avec Lucas, et quand as-tu décidé qu’il roulerait définitivement ?
J’ai eu beaucoup de contacts avec Lucas. Il avait effectué plusieurs manches assez courtes à l’entraînement, mais il n’arrivait jamais vraiment à rouler sur la durée d’une manche complète. Au dernier moment, on a décidé de le faire venir en Belgique, une semaine avant les Nations.
On a beaucoup travaillé et, le mardi avant l’épreuve, on a fait le test ultime pour voir s’il était capable de tenir le coup pendant 35 minutes. Et il a tenu. Pour moi, le sujet était clos : il était évident que Lucas devait rouler pour l’équipe de Belgique.
On a essayé de faire rouler les pilotes ensemble autant de fois que possible et de travailler sur la cohésion de l’équipe. Ce que Lucas a montré à Ernée, c’est aussi le résultat de ce travail collectif, même si ça vient avant tout de lui-même.
Tu as expliqué lors de la conférence de presse que tu avais beaucoup travaillé en coulisses avec les pilotes. As-tu dû les aider à retrouver de la motivation après la première manche ?
Il ne s’agissait pas de les motiver, car ils le sont suffisamment, mais plutôt de faire en sorte que tout le monde soit sur la même longueur d’onde. Comme je l’ai dit, j’ai eu beaucoup de travail en coulisses.
Mais comme on a pu le voir ce week-end, Sacha Coenen a réalisé deux manches régulières, malgré une chute, tandis que Lucas a complètement dépassé les attentes, et ce après presque trois mois sans course. C’est tout simplement fantastique.
L’année dernière après Ironman, on t’avait demandé quels étaient tes objectifs avec l’équipe Belge, et tu avais répondu que tu voulais gagner. Ça en avait fait sourire quelques-uns. Cette année, vous l’emportez. J’ai le sentiment que l’équipe était mieux préparée l’an dernier que cette année, car il y a eu quelques blessures en 2026. Étais-tu confiant pour cette 79ème édition ?
J’ai beaucoup appris au cours des deux dernières années. Les pilotes ont un an de plus que l’année dernière. Je pense que l’an passé, ils attendaient trop d’eux-mêmes aux nations. J’ai volontairement essayé de leur enlever de la pression, et je pense que ça les a un peu aidés. Tout ce qu’on a fait s’est bien passé. Ça nous a permis d’aller chercher la victoire, et c’est tout simplement formidable.
Leur as-tu demandé de ne pas prendre de risques inutiles ?
Non, je leur ai simplement dit qu’on allait essayer de tirer le meilleur de chacun d’entre eux. Quelle que soit la place qu’ils décrocheraient, car je n’ai jamais parlé d’objectif de positions.
Je voulais simplement rentrer chez moi en sachant qu’on avait fait tout ce qu’on pouvait. Et ça, c’est déjà suffisant pour moi.
Tu aurais choisi des pilotes différents si le MXDN s’était déroulé dans le sable ?
Non. La composition aurait été exactement la même.
Tu n’étais même pas censé être le team manager de l’équipe Belge cette année. Tu dois être content d’avoir rempilé pour une année supplémentaire ? Et il va sûrement falloir repartir pour une autre saison maintenant !
Oui ! On a fait appel à quelques personnes pour nous aider à trouver tous les budgets, car ce n’est pas vraiment mon truc.
Et ça ne se voit peut-être pas forcément, mais il faut énormément de travail pour préparer les pilotes, réunir tout le matériel et régler tous les petits détails. En réalité, c’est ce sur quoi j’ai toujours voulu me concentrer, plutôt que de m’occuper des autres choses qui ne sont pas vraiment dans mes cordes. J’ai le sentiment d’avoir pu aider l’équipe de Belgique au cours des deux dernières années, mais cette année, je pense avoir réussi à les aider encore davantage.
Et me retrouver ici, sur le podium, avec une victoire, c’est incroyable pour moi. Je ne suis pas quelqu’un qui stresse beaucoup ou qui va avoir du mal à dormir à cause d’une course, mais je dois reconnaître que la semaine avant les Nations a été assez stressante. Mais on a fait tout ce qu’on pouvait, et je suis extrêmement reconnaissant d’être sur le podium avec ces trois guerriers.















