Haiden Deegan tient enfin sa première victoire en 450 ! Dans la boue de Columbus, l’officiel Yamaha a signé un beau doublé et lance idéalement les playoffs du championnat SuperMotocross. Une récompense pour celui qui, après une saison de Rookie sans victoire mais avec sept podiums sur l’outdoor, n’a cessé de progresser. Le compteur en 450 est débloqué – et le titre de champion SMX à portée. Micro.
Haiden, tu fais une belle première saison en 450. Cette victoire à Columbus doit venir valider, ou confirmer, ta place d’une certaine façon, non ?
Oui, c’est clair. La tendance de ma carrière, c’est d’avancer doucement, mais sûrement. Et ça finit vraiment par payer, de nouveau. Même si on a roulé dans la boue ce week-end, je me suis quand même mesuré aux meilleurs pilotes de tous les temps, et surtout à beaucoup de gars qui approchent de la fin de leur carrière. On retrouve donc beaucoup de champions, que je dois affronter, et de qui je peux apprendre. Gagner, ça enlève clairement un certain poids de mes épaules.
Compte tenu des conditions, il fallait trouver le bon équilibre entre attaquer et rester dans la limite. Comment tu as géré cet aspect ?
C’était assez dingue. En fait, il faut tout simplement envoyer … S’il y a des ornières aux appels des sauts, tu pries juste pour que ça passe et tu te dois de rester solide. Je pense que c’était ma force à Columbus. J’ai vraiment pu mettre la moto où je le voulais. Et même si ça ne se voyait pas forcément, je roulais un rapport au-dessus, j’étais solide partout sur la piste, et je suis resté sur mes roues toute la journée en prenant tous les enchaînements à chaque tour, même si on ne faisait que des doubles. Les pilotes retardataires, c’était un peu chaud … C’était parfois difficile de les dépasser, mais je savais que si – moi – j’arrivais à les déborder rapidement, le mec qui me suivait allait aussi devoir les doubler quoi qu’il arrive.
Tes haters diront que tu gagnes grâce aux conditions. Qu’est-ce que tu tires de cette épreuve, de ce doublé, qui pourrait t’aider à aller chercher ce titre de champion SMX ?
Oui, ils diront ça. Mais du coup, si on les écoute, je devrais terminer 10e car je suis celui qui a le moins d’expérience dans ces conditions en 450. Donc leur raisonnement va un peu à l’encontre de leur idée. Mais, allez savoir pourquoi, je suis un Californien qui sait rouler dans la boue ! J’ai pris deux bons départs et ça m’a aidé.
Depuis la seconde moitié de l’outdoor, tes départs se sont améliorés. Ça vient d’où ?
Enchaîner les tours aide énormément, notamment pour s’habituer à la moto. Elle est plus lourde, plus puissante. Physiquement, mon corps s’adapte aussi. Je continue à prendre en muscle, en force, on essaie vraiment de franchir un cap de ce côté-là. C’est une question de temps.
Il faut aussi rester régulier, et laisser les choses venir à soi. Je ne veux pas me précipiter. Je sais ce que l’avenir me réserve si je reste intelligent et que je continue à prendre les courses les unes après les autres.
Je l’ai prouvé en catégorie 250 : je n’ai jamais loupé une course, et j’ai remporté six titres. C’est sûr que tu voudrais toujours débarquer et tout écraser dès la première épreuve, ou gagner une course lors des 10 premiers rounds. Mais parfois, ça ne se passe pas comme ça. Il faut savoir marcher avant de courir et, à force, tu finiras par arriver au point où tu gagneras.
C’est la quatrième fois que tu participes à l’ouverture des playoffs. Tu t’es imposé à 3 reprises. C’est quoi le secret ?
J’adore les pistes du championnat SMX. Au début, quand j’étais encore un rookie et même lors de ma seconde saison en 250, je me disais que j’aimais vraiment bien le SMX car c’était du Supercross sans whoops. Et, pendant un moment, c’était vraiment mon point faible. Mais on a réussi à progresser et à régler le problème dans les whoops cette année. Et du coup, j’étais probablement l’un des meilleurs pilotes dedans. Mais à part ça, je me suis toujours senti à l’aise sur les pistes du SMX. J’ai l’impression de pouvoir vraiment attaquer en restant intelligent. Et je suis capable d’aller chercher des résultats.
Les conditions n’étaient pas idéales, mais on était plus sur une piste typée Supercross que Motocross. Ça te fait quoi, sachant qu’Anaheim 1 pointe le bout de son nez ?
J’ai clairement hâte de disputer la prochaine saison de Supercross. Lors des essais, je me sentais super bien. Je sais que ça ne veut pas dire grand-chose, mais j’ai signé le meilleur temps sur le sec. Ce sont des petits détails, mais c’est ce qui fait que j’ai hâte que le Supercross arrive. Et, franchement, la 450 YZ-F est une meilleure moto en Supercross qu’en Motocross. On doit continuer à bosser dessus pour l’outdoor. Mais en Supercross, j’étais à l’aise dès que je suis monté dessus. Elle tourne vraiment bien. Je dirais qu’elle est mieux adaptée au Supercross pour l’heure.
Tu as bien roulé sur l’outdoor, mais tu as perdu le contact avec les leaders assez rapidement. Là, tu es dans la course au titre. Ça te fait quoi ?
L’objectif est toujours d’aller chercher les titres. Mais je pense que j’ai toujours bien géré, tout au long de ma carrière, en prenant les courses une par une, semaine après semaine. L’objectif, c’est d’être présent à chaque épreuve, de bien travailler et d’être prêt à se battre du début à la fin à chaque manche. Ne jamais abandonner, c’est quelque chose qui a toujours été important pour moi. C’est grâce à ça que je pense avoir progressé : je me suis battu à chaque tour.
Je vais simplement continuer comme ça. Et s’il y a un titre à la clé, génial. De l’argent, un championnat en poche en 450 et qui plus est, face à de très bons pilotes. Mais encore une fois, il nous reste 4 manches à disputer. Je vais donc prendre les courses les unes après les autres et, j’espère, continuer à gagner.
Pour finir, qu’as-tu fait pendant la pause pour garder le rythme ?
J’aime m’entraîner avec la mentalité du gars qui n’a vraiment rien à perdre. Si je gagne, tant mieux. Si je n’y parviens pas, je n’ai rien à perdre. Je fais mon truc. Je pense qu’en mûrissant un peu, je commence vraiment à apprécier toute la partie entraînement, les week-ends de course, les progrès qu’on fait chaque semaine. Je pense que ce sera difficile pour les gens de le voir, mais je sens que j’ai vraiment gagné en maturité. J’ai le sentiment de sortir progressivement de cette attitude de gamin, et j’essaie juste de devenir meilleur sur tous les aspects. C’est vraiment ma priorité aujourd’hui.
















