Voilà près de trois mois qu’Alexis Fueri a disparu de la circulation. Depuis sa lourde chute à Agueda, le pilote Beta a dû gérer un pneumothorax, mais aussi des pépins physiques qu’il traînait depuis le début de l’année. Car derrière cette absence se cache une saison 2026 particulièrement éprouvante, marquée notamment par une pubalgie bilatérale qui l’a handicapé pendant plusieurs mois. À quelques jours d’une opération qui doit lui permettre de tourner la page, Alexis Fueri nous donne de ses nouvelles et revient sur ces derniers mois compliqués.
« Je galère avec une pubalgie : c’est un problème courant chez les footballeurs. J’ai eu de la chance de pouvoir travailler avec l’ancien kiné de l’OGC Nice qui m’a orienté vers un docteur du sport à Monaco. Elle m’a pris en urgence et m’a diagnostiqué quelque chose de beaucoup plus important que ce que le premier compte rendu ne laissait penser. Elle avait vraiment vu quelque chose de beaucoup plus grave : “Ton bassin est en feu, il faut t’opérer immédiatement compte tenu de tes inflammations”.
Le problème, c’est qu’elle n’était pas en mesure de m’opérer elle-même vu l’avancement de la pubalgie. Elle a contacté un spécialiste auprès duquel j’avais essayé de me rapprocher, mais il n’y avait pas de rendez-vous avant décembre. Elle lui a expliqué mon problème et j’ai un rendez-vous à Paris en fin de mois, avec une possibilité d’opération dans la foulée. Vraiment, ça fait du bien parce que je me dis que les douleurs de cette saison, ce n’était pas du cinéma. En plus de ça, je me suis aussi fait opérer de l’avant-bras, pour me faire retirer les broches »
Si la chute d’Agueda a mis un coup d’arrêt à sa saison, elle a aussi permis à Alexis Fueri d’enfin mettre un nom sur les douleurs qui l’ont handicapé pendant de longs mois. Les nombreux examens réalisés à la suite de son pneumothorax ont en effet révélé l’étendue des problèmes au niveau de ses hanches et de son bassin. Une blessure passée jusque-là sous les radars, qui explique en partie les difficultés rencontrées par le pilote Beta tout au long de la saison.
« En fait, toute cette histoire est quand même en grande partie liée à ma chute au Portugal. Ce jour-là, j’ai fait un pneumothorax avec des lacérations et une hémorragie au niveau d’un poumon. C’était à prendre au sérieux. Mais je suis sorti de l’hôpital au Portugal contre l’avis du corps médical pour pouvoir rentrer en camion avec le team Maddii Racing, car c’était le seul qui pouvait me ramener. Je les remercie d’ailleurs vraiment.
L’histoire, c’est qu’après cette chute, j’étais interdit d’avion suite à mon pneumothorax à cause des variations de pression atmosphérique. Au Portugal, ils ont voulu me garder jusqu’au mercredi après le GP, mais si je restais aussi longtemps, je me serais retrouvé tout seul là-bas car tout le monde serait déjà parti. J’aurais dû rentrer en bus, ou je ne sais pas… J’ai signé une décharge de responsabilité, et je suis sorti le dimanche alors que je n’arrivais même pas à marcher. Autant dire qu’ils n’étaient pas contents, car j’étais censé rester allongé pendant trois jours, mais je n’avais pas franchement le choix.
Le trajet en camion a duré deux jours et je suis resté allongé pendant ces deux jours. Ils m’ont déposé à Nice, sur leur route. Une fois chez moi, j’ai pris rendez-vous avec un pneumologue pour faire le point. Quand il a vu les résultats des analyses au Portugal et que je lui ai expliqué la situation, il m’a renvoyé directement à l’hôpital. J’ai refait un scanner et j’ai de nouveau été hospitalisé pendant quatre jours en France.
Ça a été une période vraiment compliquée, car dans le même temps, je n’arrivais pas à marcher, à bouger les hanches ni à faire fonctionner mes adducteurs. Le pneumothorax s’est résorbé assez rapidement, mais c’est en faisant des scanners au niveau des hanches qu’on a découvert que j’avais une pubalgie à gauche que je traînais depuis janvier. J’avais vraiment mal toute l’année, ça m’a énormément handicapé cette année. Je n’en ai pas trop parlé, mais ça a été horrible.
En tombant au Portugal, j’ai aggravé la pubalgie à gauche, j’en ai contracté une à droite et je me suis désinséré le tendon qui tient l’adducteur sur le bassin. Mon bassin est bien endommagé, en gros. Depuis le Portugal, j’ai essayé de rouler une ou deux fois, mais c’est tout simplement impossible. Les transitions assis-debout me font trop mal. Le simple fait d’ouvrir ou de resserrer les jambes me lance des douleurs aiguës horribles. C’est l’une des pires douleurs et l’une des pires complications que j’ai jamais eues au niveau d’une blessure.
Voilà pourquoi je n’ai pas repris après le Portugal, alors que je pensais revenir rapidement puisque je ne m’étais rien cassé. On va donc passer sur le billard fin septembre : je vois enfin la lumière au bout du tunnel. »
Au-delà des aléas de sa saison, Alexis Fueri a aussi beaucoup appris en 2026. Cette année, le pilote Beta a eu l’occasion de travailler aux côtés de Jacky Vimond, mais aussi de partager une partie de sa préparation avec Tom Vialle. Deux approches différentes, mais une même leçon pour le Français qui tire des enseignements pour la suite de sa carrière.
« J’étais au contact de Jacky Vimond et Tom Vialle cet hiver. J’ai fait tout l’hiver avec Jacky en Sardaigne, avec Andrea Uccellini, et j’y suis retourné en janvier avec Tom. Je me suis entraîné avec eux, j’ai fait le même programme que Tom et on est restés au contact depuis. Ça m’a beaucoup appris sur la façon de gérer une saison.
J’avais tendance à être un peu trop besogneux, à trop donner l’hiver et en début de saison, et j’avais souvent un coup de mou à la mi-saison. Jacky m’a appris ça cet hiver, et je l’ai aussi vu par moi-même avec Tom, dans sa façon de travailler. J’avais l’impression d’en faire plus que lui, de vouloir en faire plus que lui également, mais en fait, une saison de mondial — et même d’Europe — c’est très long. Et pour tenir sur la durée, maintenir la forme et le pic de motivation, c’était mieux de travailler sur la régularité que sur la quantité. C’était une leçon importante.
Quoi qu’il en soit, s’entraîner avec Jacky et Tom, ça t’apprend énormément sur tous les aspects du sport, notamment sur l’aspect mental, et ça m’a vraiment servi. Si j’en ai la possibilité, je repartirai en 2027 avec de gros changements dans ma façon d’aborder l’entraînement et la préparation. À voir si je pourrai continuer avec Jacky et si je pourrai m’entraîner avec Tom. »
La saison 2026 marquait la dernière année d’éligibilité d’Alexis Fueri à la catégorie EMX250. Pour l’heure, le pilote Français n’est pas encore fixé sur ses projets mais il ne serait pas étonnant de le voir prolonger l’aventure avec Beta en 2027 – car le constructeur Italien a pour projet de développer sa 250 4 temps sur le championnat du monde MX2 à partir de l’an prochain. Et Alexis Fueri est un candidat crédible pour récupérer ce guidon.
« Effectivement, Beta a pour projet de mettre sa quatre temps derrière les grilles du MX2 en 2027. Est-ce que je suis dans les petits papiers ? Je ne sais pas. Mais je pense que la collaboration de cette année a porté ses fruits. Ils sont contents de moi, je suis content d’eux. Tout s’est toujours bien passé.
Je suis Français, j’habite à côté de l’Italie, je suis sérieux et ils l’ont vu – ils m’ont d’ailleurs remercié pour ça. Je ne vois pas pourquoi je ne serais pas dans l’équation pour eux. Pour l’heure, rien n’est encore fait. Mais de mon côté, je fais tout pour être en forme et opérationnel, pour être prêt à essayer la moto s’il le faut et à signer un éventuel contrat. Il y aura du boulot en 2027, autant de mon côté que du leur avec la moto. »

















