Il aura fallu attendre la toute dernière épreuve de la saison pour voir Haiden Deegan et Jorge Prado se livrer un duel de ce nom. Battu pour le titre SuperMotocross, mais vainqueur de deux des trois rounds, l’officiel Star Racing Yamaha ressort de cette première campagne en 450 avec de solides certitudes. À Ridgedale, Deegan a tout donné pour tenter de faire durer le suspense, avant de voir l’Espagnol conserver son avantage. Désormais tourné vers 2027, le rookie de la catégorie reine compte bien profiter de l’intersaison pour franchir un nouveau cap et revenir avec un objectif clair : aller chercher le titre l’an prochain.
Haiden, on sait que ce n’est pas le résultat final que tu espérais. Jorge disait qu’il était à bloc en deuxième manche et qu’il n’avait pas grand-chose de plus en réserve. Et toi ?
Clairement, j’ai tout donné. C’est difficile parce qu’en 450, ça va vraiment vite. On pourrait difficilement aller plus vite… Du coup, à chaque réception, dans chaque virage, tu essaies d’être parfait. En fin de manche, Jorge a fait quelques erreurs et j’essayais vraiment de lui mettre la pression, mais il a tenu bon.
Après la première manche, je me suis dit que j’avais mes chances. Il faudrait voir au départ de la seconde manche parce que je sais qu’il est très bon dans cet exercice. Il a pris un super départ et était devant. J’ai tenté une attaque, mais je ne voulais pas refaire ce que j’avais fait l’an dernier [ndlr : sur Jo Shimoda]. J’ai essayé d’être propre, de ne rien tenter de trop dangereux. Ce n’est pas passé et, malheureusement, je termine deuxième. Mais sur ce championnat, il y a quand même une belle prime à prendre pour le second.
C’était quoi la stratégie en seconde manche ? Tu attendais un moment précis pour attaquer Jorge ou tu étais à fond partout ?
On était à fond du début à la fin. C’était un sprint de 20 minutes. Je me disais simplement : « Allez Jorge, lâche un peu… lâche un peu », mais il a tenu bon.
Il a fait quelques erreurs, mais il s’est accroché. On a sprinté pendant 20 minutes, il n’y avait absolument aucune gestion de course. J’ai eu une occasion d’essayer de passer et je l’ai saisie, mais il a bien réagi et a recoupé la trajectoire. Donc bravo à lui.
Mais encore une fois, on était à fond pendant 20 minutes. Il n’y avait aucune gestion de course.
Jorge disait que ta motivation était financière. Tu lui réponds quoi ?
Ça me va. Je me fiche un peu de ce qu’il dit. Je vais faire une bonne intersaison et je reviendrai, je l’espère, pour aller chercher la victoire l’an prochain.
Prêt à faire une vraie pause durant l’intersaison ?
Je trouve que j’ai beaucoup progressé. Je n’ai pas gagné le championnat outdoor, mais j’ai remporté deux des trois rounds du SMX. Ça n’a plus vraiment d’importance maintenant, mais si je ne m’étais pas mis au tas lors de la dernière épreuve à Los Angeles, j’aurais eu la plaque rouge ce week-end.
Je sens vraiment que ma progression va dans le bon sens et j’en suis super content. Ça ne fait que monter crescendo. Maintenant, on va pouvoir faire une bonne intersaison. Je vais pouvoir travailler sur la 450 pendant toute l’intersaison, ce que je n’avais pas pu faire l’année dernière. J’avais dû rouler en 250 pour me préparer au championnat de Supercross.
Je vais donc avoir bien plus de temps pour me préparer. Je vais aussi pouvoir adapter mon entraînement, faire davantage de travail de force et me préparer physiquement pour bien tenir la 450.
Quelle est la première chose que tu vas changer dans ton programme pour préparer la saison prochaine ?
Je pense que je dois simplement me concentrer sur moi-même. Ça a fonctionné par le passé, mais il y a beaucoup de gens qui ont les yeux rivés sur moi et je dois vraiment m’entourer d’une petite équipe, comme je l’ai fait cette année.
Comme on peut le voir, ça m’a énormément aidé. J’ai remporté deux des trois épreuves du championnat MX, signé les meilleurs temps en course, mais aussi lors des essais. Quand on voit à quel point tout s’est mis en place rapidement, ça a très bien fonctionné.
Maintenant, faire une préparation complète avec mon petit groupe, ça va être vraiment bénéfique pour 2027.
As-tu atteint tes objectifs pour tes débuts en 450cc cette année ?
Oui. J’ai atteint beaucoup d’objectifs cette année. J’en ai coché pas mal. En fait, je les ai tous atteints sauf un : je m’étais dit qu’on verrait si je pouvais aller décrocher un titre. Je suis passé à côté de peu, de vraiment très peu.
On ne peut pas tout gagner à chaque fois, mais on a validé énormément d’objectifs et j’en suis vraiment très fier. Je pense que c’est une bonne chose pour moi : il faut que je me fixe des objectifs qui me motivent, qui me donnent faim.
Cette fin de saison doit te mettre en confiance avant d’aborder la saison de Supercross en 2027 ?
Je ne peux pas être beaucoup plus en confiance après avoir remporté la dernière épreuve de la saison. Ça te met dans une situation favorable pour l’intersaison. C’est un peu le meilleur scénario possible.
Même si j’ai loupé le titre, tout le monde veut gagner la dernière épreuve et conserver cette dynamique pendant toute l’intersaison, en se disant qu’on est le gars à battre.
Je suis super content. Aujourd’hui, je me suis dit qu’il fallait gagner et qu’on verrait comment ça finirait. C’est ce que j’ai fait. J’ai fait ma part du job et Jorge, lui, a simplement fait ce qu’il fallait pour décrocher le titre.
En 250cc, tu étais toujours le premier à tenter de nouveaux enchaînements. Tu fais pareil en 450cc, mais les autres pilotes le voient et t’emboîtent le pas. Tu as déjà pensé à garder certains enchaînements pour les courses ?
Oui, clairement. Il faut que je bosse là-dessus. James Stewart était un pilote capable de sortir un enchaînement en pleine course. Alors j’y pense parfois.
Ça fait partie de mon développement et maintenant que j’arrive au plus haut niveau, chaque petit détail compte. C’est donc quelque chose que je vais garder dans un coin de ma tête et sur lequel je vais travailler.
La catégorie 450, c’est de la folie. Le top 5 est le même chaque week-end, tout dépend du départ et de l’intensité avec laquelle on roule. Il faut être en forme physiquement aussi, parce que tout se joue dans les dernières minutes. En 450cc, le rythme ne baisse pas autant en fin de course qu’en 250cc, mais certains lèvent quand même un peu le pied et on peut aller les chercher.
Il va simplement falloir beaucoup travailler pendant l’intersaison pour que je sois parfaitement préparé et que je puisse essayer de battre les autres régulièrement.
















