C’est officiel: Kove fera directement ses débuts en MXGP en 2027, avec sa propre équipe et deux pilotes officiels, après avoir initialement envisagé d’effectuer ses débuts sur l’Europe 250. À la tête du projet, le Belge Tom Steensels aura la lourde tâche d’accompagner le constructeur chinois dans son arrivée en championnat du monde. Olivier Goetstouwers s’est entretenu avec lui pour faire le point sur les ambitions, les défis et l’avancée de ce projet pour le moins inédit. Micro.
Tom, il y a encore quelques mois, le plan était d’arriver sur l’Europe 250 en 2027, puis potentiellement de passer en MX2 en 2028. Désormais, Kove fera directement ses débuts en MXGP la saison prochaine. Qu’est-ce qui a finalement fait pencher la balance ?
La décision a été prise en concertation avec l’usine en Chine. J’avais déjà indiqué que, pour l’heure, la 450cc était plus avancée dans son développement que la 250cc. La 450cc a désormais trois années de développement supplémentaires – et dispose donc de davantage d’expérience. Cette moto est déjà à un niveau plutôt intéressant, alors qu’il reste encore beaucoup de travail à effectuer sur la 250cc. C’est pourquoi on a finalement décidé d’abandonner le plan initial et de faire directement le grand saut en MXGP.
C’est une vraie modification de projet, ou est-ce que le projet de départ était plus ambitieux que ce que vous n’aviez laissé paraître publiquement ?
Non. Se lancer en MXGP, ce n’était pas le plan depuis le premier jour, et ce n’est pas quelque chose qu’on avait volontairement gardé secret. Il s’agit réellement d’une décision qui a été prise au fil de l’avancée du projet. À mesure qu’on avançait, on a pu mieux comprendre où on se situait sur le plan technique et quelles possibilités s’offraient à nous. C’est sur cette base qu’on a finalement pris cette décision.
Au cours des derniers mois, vous avez beaucoup travaillé sur la 250cc avec Christopher Mills et Jean Visser. Techniquement parlant, la Kove se situe où par rapport à une moto d’usine en MXGP ? Quels sont les points forts de la moto et sur quels aspects reste-t-il encore du travail ?
Évidemment, il nous reste encore énormément de travail. On le sait, et on n’est pas là pour essayer de le cacher. En même temps, on continue à progresser à chaque fois qu’on teste la moto et qu’on avance dans son développement. C’est ce qui rend ce projet si intéressant. Je pense que la moto possède beaucoup de potentiel et c’est particulièrement plaisant de participer à la construction de quelque chose qui est encore largement en phase de développement.
N’avez-vous pas pensé à un moment que vous vous lanciez trop tôt ?
Non, pas vraiment. J’aime les défis. Bien sûr, avec un projet comme celui-ci, on sait que tout ne va pas être parfaitement au point immédiatement, mais c’est aussi ce qui fait son attrait à mes yeux. On part d’une certaine base et on essaie de l’améliorer étape par étape. Je trouve ce processus très intéressant.
De quelle liberté disposez-vous pour apporter des modifications à la moto ? Pouvez-vous les développer vous-mêmes en Belgique ou une grande partie du développement doit-elle venir de Chine ?
On a pas mal de liberté à ce niveau-là. On est autorisés à effectuer des modifications et à développer certaines choses nous-mêmes, mais évidemment, tout se fait en concertation avec l’usine en Chine. On est en contact très étroit avec eux. On communique quotidiennement avec les départements ingénierie et compétition. Il s’agit donc véritablement d’une collaboration entre ce qu’on expérimente et ce qu’on développe ici en Belgique et le soutien technique qui vient de Chine.
Où l’équipe sera-t-elle basée ? À Lommel, comme la plupart des teams en MXGP ?
On a choisi d’installer notre nouvel atelier à Pelt, en Belgique. Ce sera la base depuis laquelle on va continuer à développer l’équipe ainsi que l’aspect technique du projet MXGP.
Vous étiez déjà actif dans le paddock par le passé avec TBS Conversions, où sont passés Camden McLellan, Rick Elzinga et Cas Valk. Qu’avez-vous appris de cette période que vous pouvez désormais appliquer au projet Kove ?
On apprend toujours de ses expériences et, bien sûr, des erreurs que l’on commet en chemin. C’est valable pour tout le monde. Mais je garde également un souvenir positif de cette période, car les fondations du projet avec TBS étaient bonnes. On emporte naturellement cette expérience avec soi dans un nouveau projet. Une fois de plus, on va essayer de construire des bases solides et de bâtir notre projet avec Kove à partir de celles-ci.
Qui utilisez-vous actuellement comme référence ? Les constructeurs déjà établis, ou regardez-vous davantage ce que de nouveaux constructeurs comme Triumph, Ducati et Beta font ?
Il m’est difficile de répondre à cette question à ce stade. Bien sûr, on peut regarder ce que font les autres constructeurs, mais au final, il faut le vivre soi-même – une fois que l’on participe réellement aux Grands Prix. C’est à ce moment-là que l’on comprendra véritablement où l’on se situera par rapport à la concurrence et sur quels aspects il faudra encore progresser. C’est quelque chose qu’on pourra vraiment découvrir lorsqu’on débutera sur les épreuves.
Où pensez-vous que Kove se situera dans trois ans ?
Je ne veux pas fixer d’attentes ou d’objectifs au projet à ce stade. On doit d’abord passer par notre première saison et voir ce qu’on peut tirer de cette expérience de 2027. Ensuite, on aura une idée beaucoup plus précise de notre situation, des progrès qu’on aura réalisés et des domaines dans lesquels on pourra encore s’améliorer. Ces objectifs évolueront naturellement au fur et à mesure de l’avancement du projet.
Pour finir, qu’aimeriez-vous avoir accompli lors de cette première saison en MXGP ? Qu’est-ce qui vous ferait dire que la saison 2027 a été réussie ?
Pour moi, une saison réussie, ce serait de ramener de bons résultats tout en réalisant des progrès significatifs dans le développement des motos. On se doit bien sûr de rester réalistes : il s’agit d’un nouveau projet dans une catégorie extrêmement compétitive. Les résultats sont importants, mais je considère que les progrès qu’on pourra réaliser tout au long de la saison seront tout aussi importants. Si on parvient à bien progresser sur ces deux fronts, alors je pense qu’on pourra considérer notre première saison en MXGP comme une réussite.















