USA

Romain Pape s’engage sur l’outdoor US

Privé de son championnat de prédilection – le national 250 – suite à l’instauration d’une nouvelle règle d’éligibilité à l’intersaison, Romain Pape s’exile outre-Atlantique pour relever un défi de taille et réaliser le rêve de toute une vie en participant au plus réputé championnat national qui soit, l’Outdoor US.

Champion de France National 250 en 2018, 3ème en 2020, vice-champion en 2021, Romain Pape a eu la mauvaise surprise de se voir inéligible à ce dernier en 2022 pour avoir terminé 7ème du championnat de France Elite la saison passée. Les saisons 2020 et 2021 ayant été réduites a minima à cause du Covid-19, certains pilotes ont également tablé sur l’Elite pour amortir leurs saisons, et le piège s’est finalement refermé sur certains d’entre eux à l’intersaison 2021/2022. Germain Jamet, Calvin Fonvieille (250) ou encore Brice Maylin (450) ont également subi le même sort que Romain, et ont également dû – sur le tard – revoir leur programme pour la saison 2022. Qu’à cela ne tienne.

Pas franchement emballé par la contrainte imposée par la nouvelle règlementation qui ne lui laisse guère autre choix que d’évoluer sur l’Elite MX2, Romain Pape a décidé, avec l’aide de son team Berryli4ni Kawasaki et le soutien de Bud Racing, de concentrer ses efforts et son budget vers d’autres horizons en ajoutant les trois premières épreuves du Motocross US à son programme 2022. Ce dernier participera aux rounds de Fox Raceway, Hangtown et Thunder Valley afin de se mesurer à la crème de la crème américaine en matière de Motocross.

Opéré du syndrome des loges début avril, Romain Pape s’envolera dès le 15 mai prochain aux USA. Il récupèrera sur place une 250 KX-F 2022 et bénéficiera du soutien logistique et matériel de Bud Racing, également implanté aux USA.

Romain, tu m’avais fait un teasing de dingue avec ton projet. On peut enfin en parler; c’est quoi le topo ?

« Tu veux le petit ou gros topo ?! [rires]. On a commencé à réfléchir à ce projet suite à mon inéligibilité sur le championnat de France National 250. On a fait appel de la nouvelle règle de la FFM, et on s’était dit que tant qu’à faire, autant partir pour les USA, histoire de bien faire passer le message et aller là où tout le monde rêve d’aller, ce qui n’est pas franchement le cas de l’Elite à titre personnel. Bon, c’est facile de dire que tu vas aller aux USA, mais niveau organisation c’était un peu tendu mais la bonne nouvelle, c’est que là, on est prêts. »

Concrètement, c’est quoi le programme ? Tu as organisé tout ça comment ?

En fait, c’est Yannig Kervella qui m’entraîne à distance – il est basé en Californie et s’occupe de Jo Shimoda. Je lui avais parlé de mon projet, il avait accroché, et on a réfléchi ensemble à la mise en place de ce dernier. Au début, je regardais comment louer une moto sur place, mais c’était compliqué. Du coup, j’ai acheté une 250 KX-F sur place et Bud Racing va me filer un gros coup de main; ils sont basés à Lake Eslinore. Ils vont me prêter la structure, la remorque, tout ce qu’il faut pour que je sois dans de bonnes conditions. Sans eux, ça aurait été trop compliqué de traverser la moitié de la Californie et des USA juste en louant un pick-up.

On part le 15 mai, dans 3 semaines. J’aurais 15 jours pour m’entraîner sur place. On ira chercher la moto, la préparer chez Bud Racing, et on ira s’entraîner en Californie avant de prendre la direction de Pala pour l’ouverture de l’outdoor. Ensuite, on restera une semaine sur place avant de monter à côté de San Francisco pour rouler sur la seconde épreuve d’Hangtown. De là, on va faire 1500KM pour aller jusqu’à Thunder Valley, dans le Colorado, en mode road trip !  Après Thunder Valley, on retournera sur Los Angeles avant de revenir en France le 15 Juin. On part un mois et logiquement, on fera la finale de l’Elite à Basly.

Je me suis fait opérer du syndrome des loges début avril. En début de saison, c’était la catastrophe, je galérais, je n’avais plus de bras après 3 tours. Ce week-end, j’ai fait une course de ligue pour tester, j’ai tout gagné, donc je suis content.

Après Calvin Fonvieille sur le SX US, Romain Pape sur l’outdoor !

Niveau budget, comment tu finances-ça ?

Pfiiouuu …. Là [rires] J’ai fait pêter le PEL. C’est mes économies. Depuis que je suis tout petit, on n’a jamais fait les flambeurs, on s’est toujours contenté du minimum, on n’a jamais fait dans la parade à dépenser des milles et des cents pour rouler.

Je me souviens de ta vieille caravane sur le national, une charrette.

C’est ça, on n’avait pas les plus beaux camions, les plus belles caravanes, mais là on va faire un truc de dingue. C’est sûr que ça coûte beaucoup d’argent mais il faut aussi faire des choix.

Niveau licence, AMA, assurances, c’est réglé ?

Yannig m’a donné les bons contacts. Je suis entré en relation avec les organisateurs de l’outdoor et on a tout organisé. Pas de soucis. Niveau assurance, Assure-Ton-Sport m’a fait une proposition pour les trois épreuves et je viens de l’accepter donc de ce côté-là, c’est réglé. La licence sur place coûte 250€, et de tête c’est 200$ par épreuve. Ce qui coûte vraiment cher, c’est l’assurance, mais tu n’as pas trop le choix car si tu n’es pas assuré, tu ne peux pas prendre de licence de toute façon.

Romain Pape participera aux trois premières épreuves du championnat MX US

Tu t’es fixé des objectifs pour l’outdoor, la qualification ?

C’est l’objectif premier. Je vais arriver pour les premières épreuves, ce ne sera pas comme si j’allais faire les trois dernières, lors desquelles la moitié du paddock est blessé. En début de saison, ça va mettre du gaz donc l’objectif sera de se qualifier, j’espère – je pense – que ça va le faire. J’aimerais que les gens en France puissent voir mon nom défiler sur le bandeau en haut de la TV [rires], ce serait le kif. J’ai hâte de voir ce que ça va donner car au final, personne ne sait vraiment comment ça roule là-bas. Il n’y a pas eu beaucoup d’Européens qui y sont allé rouler dernièrement. Je sais que Rick Elzinga avait été faire une épreuve l’an dernier, il avait fait dans les 15 mais il n’était pas dans les meilleures conditions, à voir. Je ne me mets pas de pression, je veux me faire plaisir, on verra, et on va kiffer.

La nuit, ça travaille déjà. Je fais déjà des rêves où je roule aux USA. J’ai déjà été faire un séjour aux USA, j’ai déjà roulé à Pala, donc je n’arrive pas totalement en terre inconnue. Je ne pense pas que beaucoup de pilotes Français soient allé là-bas pour faire quelques épreuves ces dernièrs temps. Je me souviens de Valentin Teillet qui était allé faire Ironman en 2018, je crois.

Concrètement, tu pars avec quoi dans tes bagages ?

À l’aller, pas beaucoup de fringues. On est en discussion avec Fly Racing pour voir s’ils peuvent nous aider sur place, afin de nous éviter d’amener trop de tenues, de casques. Ça nous permettrait d’amener des pièces pour la moto, nos boîtiers CDI, les tés de fourche, les guidons, tout ce qu’on peut emmener avec nous et qui ne sera pas trop lourd. Sur place, on verra pour l’échappement, les suspensions.

Et quand tu reviendras en France, quels seront les projets ?

Pour cette année, les objectifs en France sont mis de côté. Je vais m’entraîner par chez moi jusqu’au départ aux USA, je vais essayer de limiter les frais. Je ne vais pas aller traverser la France pour rouler à Bitche alors que je n’ai plus rien à jouer sur l’Elite. On verra pour l’année prochaine si je peux rouler sur le National 450, car je pense que je ferai la transition, mais là je sature, on s’est pris tellement la tête avec la nouvelle règle que ça ne m’intéresse plus de me pencher sur le sujet.

J’aimerais remercier toute l’équipe Berryli4ni, le Garage des Stuart distinction, Bud Racing, MxECoaching, FNB (moi), Jezeqeul Primeurs, Chez Cabioch, toute ma famille et mes proches.

Romain Pape s’engage sur l’outdoor US
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