Ces dernières semaines, un quatrième pilote a fait son apparition sous l’auvent du team 737 Performance KTM de Valentin Teillet : Sawyer Gieck. Jeune pilote américain du programme Orange Brigade de l’autre côté de l’Atlantique, Sawyer a profité d’une pause dans son calendrier AMA pour faire un détour par l’Europe afin de se mesurer aux pilotes du Vieux Continent.
Titré à quatre reprises à Loretta Lynn’s (50cc, 65cc, 85cc à deux reprises), Sawyer Gieck a traversé l’Atlantique pour participer à l’Elite de Saint-Jean-d’Angély, mais aussi à l’Europe 125 de Riola Sardo et d’Arco di Trento. Des expériences précieuses, qui pourraient s’avérer déterminantes pour la suite de sa carrière. Micro avec notre confrère Andy McKinstry.
Sawyer, pour commencer, comment as-tu eu l’occasion de venir faire des courses en Europe avec le team 737 Performance KTM ?
D’abord, on a eu l’accord de mon team manager, Darian Sanayei. On voulait faire une pause dans les courses aux États-Unis afin de venir rouler en Europe pendant quelques semaines, pour s’entraîner sur des manches plus longues. C’était très compliqué de trouver une équipe européenne prête à m’accueillir pour seulement quelques épreuves.
Finalement, Coen Van Haut, qui est notre préparateur moteur, nous a mis en contact avec Pierre Mourey et le team 737 Performance KTM. Pierre, Valentin et toute l’équipe ont été très accueillants et me soutiennent beaucoup.
Rapidement, pour ceux qui ne te connaissent pas, quel est ton parcours aux États-Unis jusqu’ici ?
Mes résultats les plus marquants sont mes quatre titres à Loretta Lynn’s. L’an dernier, la fédération américaine m’a décerné le titre de meilleur jeune pilote de l’année 2025.
Valentin est un ancien pilote de Grand Prix. Comment se passe la collaboration avec lui ?
Valentin m’est d’une aide précieuse et il m’encourage beaucoup. Il sait très bien à quel point il est difficile d’aller rouler dans un autre pays, puisqu’il a lui-même roulé aux États-Unis par le passé. C’est un honneur pour moi de travailler avec lui, et c’est rassurant d’avoir quelqu’un avec son expérience à mes côtés pour me guider.
Tu as fait ta première épreuve en France, à Saint-Jean-d’Angély, sur le Junior. C’était comment ?
Honnêtement, c’était compliqué. J’ai eu du mal lors des essais chronométrés et j’ai dû passer par la LCQ. J’ai eu du mal à trouver mon rythme sur la piste et j’ai aussi rencontré quelques soucis mécaniques. Mais j’ai réussi à me reprendre, à trouver un meilleur rythme et, le dimanche, j’étais plus proche du niveau que j’attends de moi. Le circuit était vraiment cool, et je suis content d’avoir eu l’opportunité de rouler là-bas.

Tu as ensuite roulé sur l’Europe 125 à Riola Sardo. C’est comment d’être dans le paddock du mondial ?
C’est vraiment impressionnant de voir les meilleurs pilotes des Grands Prix, car je ne les vois pas aux États-Unis. Pouvoir les observer et évoluer dans le même environnement, c’est très inspirant. Ça donne envie de progresser et de s’améliorer. Le niveau sur l’Europe 125 est vraiment relevé : tout le monde est rapide, technique et combatif. Le format de course est aussi différent, et c’est un vrai challenge pour moi. Les essais chronométrés n’existent pas chez les amateurs aux États-Unis, donc je dois m’adapter rapidement.
Riola était un tracé très exigeant. J’ai déjà roulé dans ce genre de sable en Floride, mais je n’avais jamais couru dans des conditions comme ça. C’était une expérience incroyable, et j’ai vraiment le sentiment d’avoir appris à chaque fois que j’étais en piste.
Tu as fait une bonne première manche en Sardaigne — 11e — satisfait ?
En première manche, j’ai réussi à remonter depuis le peloton pour intégrer le top 10 jusqu’à l’avant-dernier tour, où j’ai rencontré un problème mécanique qui m’a fait perdre quelques positions. Globalement, je suis satisfait de ma performance, et avec un meilleur départ, je pense pouvoir me battre devant.
Pour l’instant, tu n’as fait que deux épreuves, sur des pistes très différentes : la terre de Saint-Jean, le sable de Riola, et Arco sera encore différent.
C’est top, mais aussi difficile de rouler dans des conditions aussi variées. Personnellement, j’aime et je me sens plus à l’aise sur les pistes défoncées et creusées, mais je sais aussi que pour progresser, je dois m’adapter à toutes les pistes et conditions.

Tu es du genre à suivre les épreuves du mondial ou de l’Europe ?
Je suis un peu les Grands Prix et je sais que le niveau est élevé depuis des années. Mais cette saison, j’ai commencé à suivre les courses encore plus attentivement, ainsi que les pilotes. J’ai même utilisé MX Simulator pour apprendre les tracés !
Quel est ton programme pour la suite ?
Arco sera ma dernière course en Europe 125 cette année, avant de rentrer aux États-Unis pour débuter les phases qualificatives pour Loretta Lynn’s. Ensuite, je vais continuer à m’entraîner, sur la moto comme physiquement, avec mon entraîneur Jake Weimer. Il joue un rôle essentiel dans mon programme et dans ma vie, et je suis très reconnaissant qu’il ait pu être présent avec moi en Europe. Je vais aussi terminer mon année scolaire… et essayer de faire quelques parties de golf !
Si l’opportunité se présentait, tu aimerais revenir rouler en Europe ?
J’ai déjà prévu de revenir en juillet pour disputer le championnat du monde junior en République tchèque, et j’ai vraiment hâte. Mais si une opportunité se présente pour faire la saison d’Europe 125, je l’étudierais très sérieusement. Je pense que j’apprendrais beaucoup, que je progresserais en tant que pilote et que je pourrais être compétitif.








