Tom Guyon « J’ai envie d’être champion d’Europe »

Tom Guyon « J’ai envie d’être champion d’Europe »

Et d’un top 5 pour Tom Guyon à Ernée sur l’ouverture de l’Elite. Derrière les pilotes du mondial MX2 présents pour l’occasion, le pilote VHR KTM a réalisé une excellente opération en tenant le bon rythme dans les deux manches tout en signant des chronos très prometteurs face aux meilleurs pilotes MX2. Après une saison 2020 compliquée, notamment à cause de blessures, le pilote Français repart à la conquête du titre sur l’Europe 250 cette saison avec sa nouvelle structure, VHR KTM. Micro.

Tom, de VRT KTM à VHR KTM, c’est du pareil au même ?

C’est pareil sans être pareil. La moto reste une KTM, mais le programme est vraiment différent, je me sens bien chez VHR KTM. L’an dernier, ça a été une saison difficile pour moi, je n’ai pas vraiment fait de résultats, j’ai été blessé, je n’avais pas d’entraîneur contrairement à cette année. J’ai commencé à travailler avec Bruno Losito cette saison, c’est quelqu’un de reconnu qui a entraîné beaucoup de bons pilotes; il a ses petits secrets de préparation.

L’an dernier, j’étais limite en condition physique; ce qui fait que je me fatiguais lorsque j’attaquais, et que je tombais, donc je me blessais. Cette année, je me sens bien plus en forme; je suis mieux préparé.

Concrètement, tu étais arrivé à Ernée avec quels objectifs ?

On en a discuté un petit peu avec Bruno et mon entourage, et ils m’ont dit de ne pas trop me prendre la tête car ça reste le championnat de France et s’il faut forcément un peu se fier à la vitesse des pilotes de grand prix, il ne fallait pas chercher à les suivre à tout prix. Il ne fallait pas que je me blesse avant le début de la saison d’Europe 250.

On avait dit qu’un top 5 était envisageable, et voilà, je fais top 5 de la journée. Dommage pour la première manche avec deux chutes, dont la première qui m’a fait perdre le contact avec les premiers, et la deuxième qui me fait perdre le top 5 de manche [doublé par Geerts]. C’est comme ça, on apprend.

Aux prises avec Quentin Prugnières

Tous ceux qui terminent devant toi ce weekend sont des pilotes du mondial. Finalement, c’est toi le meilleur sur l’Elite MX2 aujourd’hui.

C’est sûr. Je vois aussi que j’ai bien progressé par rapport à l’année dernière. L’an dernier, Pierre Goupillon était plus rapide que moi, Arnaud Aubin avait terminé quelques manches devant moi et là, je vois que dans les deux manches, je suis devant, et assez solide. C’était très physique ce weekend. Il faut savoir que j’ai pris une grosse chute à l’entraînement il y a deux semaines, j’ai une entorse au pouce depuis cette chute et j’ai pris un bon trauma crânien aussi; on était sur un beau terrain, une erreur bête et voilà … Ces derniers temps, on a vu pas mal de casse. Je ne m’en suis pas trop mal sorti, entre guillemets, mais passer deux semaines sans rouler avant Ernée, ça ne m’a pas aidé pour ce weekend.

Le dimanche matin, aux essais, je me suis cassé le petit doigt de la main droite… Donc ça fait un pouce gauche, et un petit doit à droite. J’avais mal toute la journée. J’étais derrière René Hofer aux essais chronos dans le premier tour, il m’a envoyé un caillou dans la main d’entrée de jeu, et ça pique. On a mis les protèges mains après [rires]. Je vois quand même que ce que j’ai fait cet hiver, c’est bénéfique.

Un mot sur ce tracé d’Ernée ?

Franchement, au top. Je me suis fait vraiment plaisir dessus. On était venu avec l’équipe de France pour inaugurer le terrain; on s’est tous fait plaisir. Là, j’adore. Le nouveau tracé est vraiment top, ça change, c’est une piste de grand prix de toute façon. Il y a de beaux sauts, notamment ce triple en montée qui est bien costaud.

Gaz en grand pour le triple …

Je voulais justement en parler. Quand je vous regarde envoyer ce saut, ça n’a vraiment pas l’air d’être facile … Je ne compte plus les énormes courts.

Honnêtement, je vois les motos d’usine passer un peu plus facilement que moi (rires). J’ai une très bonne moto, mais le matin, il fallait vraiment tirer très fort sur le guidon pour passer. Il fallait prendre énormément de vitesse avant le saut, et vraiment exploser sur l’appel. Il fallait faire 3 sans monter trop haut avant les vagues, puis deux en essayant de raser au maximum puis gaz en grand et grosse impulsion en bas du triple, pour arriver tout pile en haut. C’était un saut vraiment costaud.

Qu’est-ce qu’on fait pour préparer l’ouverture de l’Europe maintenant ?

Pour commencer, je vais me reposer pour réparer les doigts [rires]. Après, on va continuer à travailler avec Bruno Losito; on a deux ou trois choses à régler sur la moto, des choses dont on s’est aperçu ce weekend. On va s’entretenir physiquement et reprendre un peu en confiance car ma chute d’il y a deux semaines n’a pas arrangé les choses. Il y aura des gros clients sur le championnat d’Europe, ça va rouler vite, il ne faudra pas s’endormir

Objectifs, le titre en Elite, et en Europe ?

Exactement. J’ai envie d’être champion d’Europe, plus que champion de France, mais je vais me battre aussi sur l’Elite, il n’y a pas de soucis pour ça. Pour moi, si je veux monter en mondial MX2 la saison prochaine et essayer de trouver un guidon d’usine, il va falloir que je me sorte les doigts [rires].

6-6 en manches, et un top 5 de journée derrière les meilleurs pilotes du mondial MX2

Toujours avec KTM ?

Toujours en contrat, ils m’ont re-signé cette année

Ton soutien KTM te permet-il d’avoir une moto similaire à celle d’un Vialle, ou d’un Hofer, par exemple ?

Pas du tout. On part des motos du commerce pour les pilotes soutenus par KTM sur l’Europe 250, à part pour les pilotes qui roulent pour l’équipe usine. On part d’un moteur d’origine et ensuite, le team fait tout le boulot au niveau des suspensions et du moteur; c’est l’équipe qui prend tout ça en charge. J’ai quand même une très bonne moto.

En 2021, on te verra faire du mondial MX2 ?

Probablement. Moi, j’aurais bien envie d’en faire en fin de saison d’Europe. Pendant ? Ça dépendra vraiment de mon classement sur le championnat d’Europe 250, mais pour l’instant je vois que je ne suis pas encore prêt à jouer devant en MX2, donc je n’ai pas envie de monter en mondial et d’être ridicule. Quand je me sentirais prêt, je roulerais en mondial, c’est certain.

Médias