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Jason Anderson « je sais que les mauvaises soirées vont arriver, c’est le sport »

Jason Anderson « je sais que les mauvaises soirées vont arriver, c’est le sport »

De nouveau dans le coup ce week-end, mais pas assez rapide pour aller chercher Chase Sexton en finale, Jason Anderson s’est vu offrir une victoire d’épreuve sur un plateau d’argent dans l’avant-dernier tour suite à la chute du pilote Honda HRC. Le pilote Monster Energy Kawasaki signe un troisième succès cette saison et se rapproche d’Eli Tomac au championnat; seulement 3 unités séparent les deux hommes à l’issue de la septième épreuve du championnat … Chaud devant.

Jason, félicitations, mais tu as dit que tu n’étais pas dedans ce soir. C’est la deuxième fois cette saison, tu saurais mettre le doigt sur le problème ?

Ma vitesse était bonne, et ce n’est pas vraiment un truc précis qui me fait galérer. Il faut juste être très concentré sur un tracé comme celui-là, qui se défonce à gauche et à droite. Il y avait un triple en sortie de virage et l’équipe Dirt Wurx n’a pas refait les virages donc c’était vraiment dur de le passer pendant toute la finale. Les whoops, c’était comme de l’endurocross pour nous; c’était un tracé difficile. En terme de vitesse, je me sentais bien, mais je n’étais pas vraiment concentré, il faut être vraiment concentré pour prendre ses traces à chaque fois sur un terrain comme celui-ci.

Tu semblais avoir décidé de te contenter de la seconde place en fin de finale; c’était si difficile que ça de reprendre du terrain ?

Oui, ça l’était. Honnêtement, quand j’essayais de reprendre du terrain, j’étais vraiment à la limite et je me suis retrouvé dans des positions délicates à plusieurs reprises cette année en essayant d’attaquer. C’était dur pour moi mentalement car je veux gagner, je veux pouvoir attaquer pendant toute la finale mais en même temps, j’ai réalisé que je prenais parfois plus de risques que voulut. Je ne veux pas tomber, me blesser, mais je veux aussi signer de bons résultats, il faut penser long terme. J’ai essayé de reprendre du terrain mais Chase roulait vraiment bien et j’essayais de suivre son rythme pour que si quelque chose arrive, je sois en bonne position. Evidemment, quelque chose est arrivé …

3 victoires en 7 épreuves, Jason Anderson revient à son meilleur niveau en 2022

Est-ce qu’il est possible de se préparer pour des tracés qui se dégradent autant pendant la semaine à l’entraînement ?

C’est plutôt difficile à reproduire quand tu roules tout seul à l’entraînement mais dernièrement, on a roulé sur le terrain de Pro Circuit chaque mardi et l’équipe prépare le tracé pour nous. On roule avec les pilotes Pro Circuit et on détruit le terrain autant que possible. J’ai également tenté de rouler au maximum sur des terrains publics pour m’entraîner sur des terrains bien défoncés mais il est impossible de reproduire le tracé de ce soir à l’entraînement. Je pense que si on s’entraînait sur des terrains aussi défoncés que ça pendant la semaine, on n’arriverait même pas au week-end suivant entier.

Est-ce que ces terrains plus difficiles du début de saison t’ont fait changer les settings que tu avais prévus en arrivant à Anaheim 1 ?

J’ai tenté de faire progresser la moto mais je reviens sans cesse à la même base et aux mêmes réglages. Je pense qu’on essaye de me faire ressentir certaines choses avec mes settings quand on les changes, mais ce n’est pas encore au point. C’est un travail en cours, ce que j’ai actuellement, c’est une bonne base et on est allé loin pour la dénicher; je pense qu’il reste quand même des progrès à faire avec ma moto mais c’est difficile de trouver ces réglages magiques.

Ces victoires t’aident-elles à te conforter dans l’idée que changer d’équipe était le bon choix, que tu avais besoin d’un bol d’air ?

Oui. Je n’ai réellement été qu’avec une seule et même équipe, et pendant très longtemps. Le moindre changement allait forcément me rendre nerveux. Je veux prendre les bonnes décisions, être capable de rencontrer du succès, c’est mon objectif depuis que je suis gamin. ëtre en mesure de gagner cette saison, c’est énorme. Ça me fait beaucoup de bien, à ma carrière aussi, et ça me donne envie de continuer; c’est ce qui est cool à propos de ce sport qui va te mettre à terre de nombreuses fois, mais quand tu décroches ces succès, ça te motive à continuer.

Sans ce problème mécanique en début de saison, Jason aurait déjà la plaque rouge. Avec des si …

Ces victoires rendent-elles l’entraînement plus simple la semaine pour toi ?

C’est difficile car quand tu te retrouves dans ma position au championnat, tu essayes de garder la même mentalité qu’au début. Quand tu vas à l’entraînement le lundi tu à toujours le même objectif, améliorer la moto, t’améliorer toi-même, trouver comment devenir meilleur. Moi, au point où j’en suis dans ma carrière, j’ai décidé de fêter la moindre victoire que je pouvais décrocher et ça va m’aider à me sentir bien en allant à l’entraînement le lundi. En même temps, je sais que les mauvaises soirées vont arriver, c’est le sport, mais je vais en profiter tant que j’en peux.

Tu n’as pas l’air de te soucier de la plaque rouge, du leadership du championnat, tu donnes juste tout et advienne que pourras.

Oui, et jusqu’à ce que je décide de mettre un terme à ma carrière, j’y mettrais tout mon coeur à chaque fois. Peu importe les résultats, je continuerais de faire de mon mieux. C’est difficile d’être vulnérable, de souffrir, d’être fatigué parfois, et j’ai décidé de tout donner jusqu’à ce que j’arrête pour de bon. C’est un changement pour moi, mentalement. Evidemment, changer d’équipe a été rafraichissant mais je me sens surtout bien mieux personellemment et je prends du plaisir. J’essaye d’embrasser toutes les émotions qui se présentent, que ce soit suite à une bonne journée, ou à une mauvaise journée.

Images: Kawasaki

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