Après plusieurs mois passés loin des circuits, Isak Gifting a enfin retrouvé le chemin des Grands Prix à l’occasion du rendez-vous de Foxhill. Victime d’une blessure à l’épaule durant l’intersaison – puis opéré de cette dernière – le Suédois avait dû mettre sa saison entre parenthèses alors qu’il sortait d’un exercice 2025 particulièrement prometteur. Pour son retour à la compétition, le pilote JK Racing Yamaha a évolué aux portes du top 10 et tire un bilan mitigé: Isak manque évidemment de rythme après seulement quelques semaines de préparation. Micro.
Isak, c’est top de te revoir sur les Grands Prix. Heureux d’être de retour ? Ça a dû être long pour toi.
Oui, je suis vraiment content d’être de retour. J’ai enfin l’impression de faire quelque chose qui en vaut vraiment la peine ! Mais ça reste difficile, regarde le circuit sur lequel je reviens … Mon Dieu ! C’était vraiment technique, à l’ancienne, avec les montées, les ornières, les trous. Mes bras ont vraiment morflé, mais globalement, je suis vraiment content de mon retour.
J’ai terminé 15e et 14e des manches, mais j’étais un temps dans le top 5 pendant la manche qualificative le samedi avant de rétrograder. Aujourd’hui, j’étais aussi dans le top 10, puis j’ai chuté, une petite glissade, et j’ai perdu quelques positions. Mais tu sais… La dernière fois que j’ai roulé sur un GP, du moins à ce niveau de compétition, c’était au Motocross des Nations. Ça remonte à octobre dernier, il y a environ neuf mois. Donc forcément, il va me falloir du temps pour retrouver le rythme, mais finalement, ce n’est pas si mal.
Je suis resté raisonnable et je n’ai rien fait de stupide. J’ai roulé à mon rythme, sans prendre de risques inutiles. Qu’est-ce que je peux faire de plus ? Je dois être satisfait de mon week-end, même si je ne suis pas super content du résultat. Je trouve ça un peu frustrant, mais on fait aller.
Un mot sur l’hiver dernier, pour faire le point. Tu semblais être en pleine préparation, puis tu as eu ce problème à l’épaule. Il me semble que c’est une ancienne blessure qui s’est réveillée ?
J’avais une épaule qui n’était pas tip top, mais ça allait. Ensuite, j’ai chuté en Sardaigne. Je me suis déboîté l’épaule, je l’ai remise en place, puis j’ai dû couper l’entraînement pendant quelques semaines.
J’ai repris la moto, ça commençait à bien marcher pour moi, mais l’épaule s’est à nouveau déboîtée. Donc j’ai dû la faire soigner. J’ai subi une opération il y a de ça quatre mois, et la chute remonte à environ cinq mois. Je ne roule que depuis trois ou quatre semaines maintenant.
Ça a dû être frustrant pour toi. Tu avais très bien terminé la saison 2025, tu avais décroché plus de soutien de la part de Yamaha. Ça a dû être difficile à digérer.
Oui, ça a été compliqué à digérer. C’était assez difficile, honnêtement. Comme tu dis, j’avais fait une belle fin de saison 2025. Yamaha m’a vraiment bien soutenu pour 2026, l’équipe aussi, et je sentais qu’on faisait de bons progrès pendant l’hiver.
Mais c’est comme ça avec ce sport …. Malheureusement, j’ai chuté, et c’était terminé. Ça a un peu ruiné ma saison, mais il reste encore des courses à disputer. J’ai quelques objectifs : Uddevalla est un gros objectif pour moi, puis le Motocross des Nations, qui sera également très important. J’essaie de me concentrer là-dessus et de terminer la saison sur une bonne note.
Bien sûr, les autres pilotes ont énormément d’avance sur moi en termes de préparation, mais je peux quand même être là, et rouler avec eux correctement. Même aujourd’hui, alors que je souffre encore de mal de bras et de tout ce qui accompagne un retour de blessure… On va avancer étape par étape. J’espère qu’à Loket, on va pouvoir franchir un cap.
Un mot sur la moto. Comment elle se compare à celle de l’an dernier ? Tu as un moteur factory ?
J’ai reçu un très bon soutien de Yamaha concernant le moteur. Il fonctionne vraiment très fort. Globalement, la moto est très bonne. C’est simplement que je n’ai pas eu autant de temps que je voulais pour faire du testing.
On a un peu testé après le Motocross des Nations, puis on s’est lancé dans la préparation hivernale. On était partis pour la Sardaigne, et juste au moment où je voulais réellement commencer les séances de testing et bien préparer la saison, je me suis blessé. Tout m’est passé sous le nez.
Maintenant que je suis de retour, c’est pareil. Je ne peux pas simplement recommencer tout de suite par des séances de testing, car je dois d’abord rouler, retrouver un niveau correct, avant même de pouvoir dire ce dont j’ai besoin avec la moto.
En réalité, j’ai utilisé ce week-end à Foxhill comme une séance d’essais. J’ai beaucoup changé les réglages des suspensions entre les séances, en faisant de petits ajustements, en progressant petit à petit. Les techniciens de chez Kayaba ont fait plusieurs petites modifications qui m’ont beaucoup aidé, donc on a fait quelques progrès. Et je pense qu’au final, ce n’était pas si mal.
Avant ce retour en GP, tu as roulé sur le championnat Italien. Ce n’est évidemment pas comparable à un GP, mais tu devais être satisfait d’avoir pu rouler avec Jan Pancar, puisqu’il est toujours très rapide en Italie ?
Oui. J’ai même été un peu surpris de pouvoir le suivre… Bon, Jan était clairement meilleur que moi, mais j’ai quand même réussi à rester avec lui, surtout en deuxième manche.
Il était plus rapide, mais je me suis dit que ce n’était pas si mal que ça. Au moins, j’avais la vitesse, mais je n’arrivais simplement pas à tenir le rythme pendant toute une manche. C’était un peu la même chose à Foxhill. Je peux tenir 10 ou 15 minutes, ça va plutôt bien, mais ensuite… J’ai besoin de devenir plus fort et de retrouver cette condition physique qui est très spécifique au pilotage.
C’est la vie. Ça prend du temps, mais ça va le faire. Je suis sûr que je vais y arriver. Je suis vraiment motivé. On est à la mi-saison, et pour moi, ça ne fait que commencer. C’est mon seul avantage à ce stade de l’année : je suis extrêmement motivé.
Pour ton premier GP de l’année, ça a dû te faire tout drôle physiquement. Tu semblais avoir la caisse en début de manche … tout se joue sur le plan physique, désormais.
Oui. Bien que je me sente vraiment en forme et que je me sois beaucoup entraîné physiquement, ce n’est pas la même chose que de rouler. Et surtout avec mon épaule, je n’ai pas vraiment pu entraîner le haut du corps. Donc je manque encore un peu de force dans les bras.
C’est tout un ensemble de petits détails qu’il faut remettre en place. Mais ça ira. Physiquement, je suis plus en forme que l’an dernier. Si je peux franchir des caps supplémentaires en roulant, faire disparaître le mal de bras, régler la moto et continuer à progresser… J’espère qu’on pourra terminer l’année sur de bons résultats.
Certains pilotes ont dû être déçus de ne pas retourner à Matterley. Tu avais déjà roulé ici, pour le championnat britannique. Comment compares-tu Foxhill aux autres pistes ?
J’ai trouvé que le terrain était génial. Il était vraiment technique. Pour être honnête, quand je suis arrivé le samedi matin, je me suis demandé ce que je faisais ici: je me disais que je n’étais clairement pas prêt pour ça.
Mais j’ai dû passer au travers, et au fil des séances, ça allait de mieux en mieux. Finalement, j’ai réussi à bien lire la piste, mais c’était… Disons que c’est toujours différent de rouler sur les pistes des grands prix, et celle-là, c’était une vraie piste de GP !
C’était vraiment cool. Je trouve qu’ils ont fait un excellent travail.
















