Depuis son arrivée en Europe, Levi Townley a connu son lot de challenges. Mais lors du Grand Prix de Grande-Bretagne à Foxhill, le jeune pilote MJC Yamaha a rappelé tout son potentiel.
En Grande-Bretagne, le Néo-Zélandais a signé son deuxième podium de la saison et repart de Foxhill avec une confiance au beau fixe. Absent en début d’année, il retrouve petit à petit son niveau et sa vitesse, alors qu’il tente encore de se reconstruire après deux blessures consécutives à la jambe qui ont entaché ses débuts sur le championnat d’Europe.
Troisième de l’Europe 125 le week-end dernier, Levi Townley revient sur son week-end, ses blessures, sa progression et ses objectifs au micro de notre correspondant Andy McKinstry.
Levi, tu as connu deux manches totalement différentes à Foxhill. Mais tu termines sur une belle note avec une seconde place en deuxième manche après une grosse bataille. C’était comment ?
C’était vraiment cool. Forcément, c’est toujours mieux quand on gagne, mais c’est aussi top d’être dans une bataille comme celle-là. Ça faisait un bail que je n’avais pas été impliqué dans une vraie grosse bagarre pour jouer la gagne.
La piste était vraiment incroyable. Un grand bravo à l’équipe qui l’a préparée. Ce n’est clairement pas la meilleure terre du calendrier, mais c’était probablement l’une des meilleures pistes de toute la saison. Ce que le staff a réalisé était franchement exceptionnel.
J’ai vraiment pris du plaisir à rouler dessus. C’était une vraie piste de motocross, technique, contrairement aux deux derniers Grands Prix où il n’y avait pas beaucoup d’ornières. Ici, il y en avait tellement qu’il était impossible de les compter. C’était un vrai circuit, et ça a forcément donné lieu à de belles bagarres.
Je t’ai entendu dire au staff que tu avais eu mal au bras jusqu’à trois tours de l’arrivée. Pourtant, tu roulais vraiment bien.
Je ne sais pas trop ce qu’il s’est passé pour être franc, car je n’ai quasiment jamais de problème de bras. Je ne me suis probablement pas assez bien échauffé. Je courais de partout pour aller jeter un oeil sur la piste, j’ai grimpé quelques montées, mais mes bras n’étaient clairement pas assez chauds avant la manche.
Pendant la manche, mes deux bras sont devenus bétons. Dans les montées, je serrais le guidon comme un fou. J’ai réussi à revenir troisième. Oppliger et Bauer se livraient une belle bataille devant, puis j’ai regardé le chrono : il restait environ dix minutes.
Je me sentais bien au niveau du rythme, donc je me suis dit que j’allais rester derrière, laisser mon corps se détendre, faire disparaître le problème et attaquer dans les cinq dernières minutes. Mais ce n’est jamais vraiment passé. Dans les derniers tours, j’ai tout donné malgré tout. C’est un peu frustrant parce que je pense que j’avais encore plus sous le coude.
Tu es arrivé en Europe l’an dernier, mais les choses ne se sont évidemment pas déroulées comme prévu : une fracture de la jambe à Arco, un retour assez rapide, puis nouvelle blessure. La deuxième fois, tu n’avais même pas chuté. Ça a dû être difficile, non ?
Mentalement, ça a été vraiment difficile, surtout l’année dernière. Cette année se déroule mieux, mais le chemin a été compliqué pour arriver jusqu’ici. Je commence seulement à retrouver mon niveau.
Le plus dur l’an dernier, c’est qu’une grande partie des blessures n’était pas vraiment de ma faute. À Arco, une pierre s’est coincée dans la chaîne sur un saut. Il n’y avait pas grand-chose que je pouvais faire, la chaîne a bloqué la moto.
De là, on a attendu trois ou quatre mois avant de reprendre: un délai habituel pour ce type de blessure. Le médecin m’a dit que tout était consolidé, que j’étais prêt à reprendre. Dans le premier virage de mon tour de reconnaissance, j’ai simplement posé le pied au sol alors que je roulais au ralenti… Et je me suis de nouveau blessé. On ne pouvait pas y faire grand-chose.
On a écouté les médecins, on a fait tout ce qu’il fallait. Ce n’était juste pas mon année. Maintenant, ça commence à aller mieux. Je suis de nouveau en bonne santé, et mentalement, je me retrouve aussi.
Tu as rapidement décroché un podium sur l’Europe lors de ton retour. Est-ce que tu t’attendais à être aussi vite dans le rythme ?
Je pense avoir un bon potentiel. Je pense même qu’il fait partie des meilleurs potentiels de la catégorie. Si je roule comme je sais le faire, je peux gagner. Après ce week-end, avec la manière dont les choses se sont déroulées et le fait que j’ai presque gagné malgré le problème de bras, je pense que c’est une preuve que j’ai le niveau. Il faut simplement que tout se mette en place. Quand tu prends deux départs dans le top 10 alors que les autres sont dans les deux ou trois premiers, c’est forcément compliqué. Si je peux améliorer un peu mes départs, je pourrai rouler devant.
À quel point es-tu proche de ton meilleur niveau, finalement ? Tu as peu roulé l’an dernier.
Il y a encore beaucoup de domaines où je peux progresser. J’ai un peu perdu sur mes points forts suite à mes blessures, mais ils commencent à revenir.
Je ne suis pas encore totalement revenu à mon meilleur niveau. Je dois simplement redevenir le pilote que j’étais en 85cc, mais en l’adaptant à la 125cc. Je pense que ça me permettra de franchir un nouveau cap. Au plus haut niveau, ce sont les petits détails qui font la différence.
Tu vis à Lommel, je crois. C’est comment de traverser la moitié du globe pour vivre en Belgique ?
On a fait beaucoup de tours de piste à Lommel cette année ! Mais quand on a cette opportunité de traverser la planète pour rouler à l’autre bout du monde, il faut la saisir à deux mains.
Depuis la Nouvelle-Zélande, il faut deux ou trois jours de voyage en avion. Ce n’est pas comme venir d’Italie ou de France avec seulement quelques heures de route. Tu investis tout dans ce projet. C’est simplement ma manière d’être et, quand je roule, je donne tout ce que j’ai.
Tu seras bientôt inéligible à l’Europe 125. Tu as déjà roulé sur une 250 ?
Je crois que j’ai encore une année ou deux dans la catégorie [ndlr: Levi est encore éligible à l’Europe 125 pour une saison de plus, en 2027]. Mais le plan est de passer en 250 quoi qu’il arrive. Je roule d’ailleurs en 250cc depuis quelques semaines. C’est une bonne moto.
Ton objectif est-il de rester en Europe ?
Ce n’est pas encore décidé. J’aimerais rester ici pour continuer à progresser, mais mon rêve est aussi d’aller rouler aux États-Unis. Quand tu discutes avec des pilotes comme les Coenen ou De Wolf, ils disent tous que leur rêve est d’aller rouler en Supercross en 450cc et de remporter un titre là-bas. Mon rêve est d’aller aux Etats-Unis, mais que ce soit l’année prochaine ou celle d’après … On verra bien. On choisira la meilleure option possible !
















