Brian Hsu est un véritable couteau suisse. Cette saison, le pilote germano-taïwanais aura multiplié les expériences, jusqu’à évoluer sur trois machines radicalement différentes : une 450 CR-F en championnat d’Italie et sur quelques épreuves du mondial, une Stark Varg en SX2 sur le World Supercross, puis prochainement une 350 cm³ de JHL Moto au Grand Prix de Chine. Un rendez-vous qui marquera les premiers pas du constructeur chinois sur la scène mondiale, après avoir jusqu’ici développé son projet dans une certaine discrétion. Car JHL Moto n’est pas le seul constructeur chinois à pointer le bout aux portes du MX international. En quelques mois, ZXMoto, Kove et désormais JHL Moto ont progressivement investi l’espace médiatique, avec l’ambition de se faire une place sur la scène mondiale. JHL Moto franchira cette nouvelle étape à Shanghai, où la marque fera ses débuts en championnat du monde. À quelques jours de cette première apparition, Brian Hsu nous en dit plus sur les coulisses du projet, ses premiers essais avec la machine et les ambitions du constructeur chinois. Micro.
Brian. Un mot sur JHL Moto. Tu peux nous en dire plus sur eux ? Ils sont restés très discrets !
Oui. Ils ont été très prudents dans leur manière d’aborder les choses. Ils ont beaucoup travaillé en coulisses pour développer les motos et comprendre le marché européen et le MXGP avant de faire leur arrivée. C’est un projet très intéressant, car il y a beaucoup d’investissement et d’ambition derrière. Ils sont encore en phase d’apprentissage, bien sûr, mais je pense qu’ils ont de bonnes idées et qu’ils prennent le motocross au sérieux.
Tu vas participer au Grand Prix de Chine pour JHL Moto. Ça s’est fait comment ?
Tout s’est fait grâce aux personnes impliquées dans le projet, et aux séances de testing que j’ai faites avec PU QingQiang. On a d’abord commencé par discuter, j’ai eu l’occasion d’essayer la moto et, à partir de là, notre relation s’est développée naturellement. Lorsqu’ils m’ont demandé si je voulais disputer le Grand Prix de Chine, ça m’a vraiment intéressé. C’est une bonne opportunité pour moi de les aider dans le développement de la moto, mais aussi de rouler et de leur apporter des retours en conditions de course, puisque je parle assez bien leur langue et que je comprends aussi leur culture.
Je crois que tu as eu l’occasion d’essayer la moto plusieurs fois. Quelles ont été tes impressions ?
Ma première impression a été très positive. Il faut garder en tête qu’il s’agit d’un nouveau projet, donc on ne peut pas directement la comparer à une moto qui est passée par 20 ou 30 ans de développement. Mais la base de la moto est bonne, la qualité est incroyable. Le moteur peut encore progresser, le châssis possède certaines caractéristiques positives et j’ai immédiatement pu identifier des domaines sur lesquels on pouvait travailler ensemble pour l’améliorer.

Penses-tu que la moto peut performer d’entrée de jeu ?
Je pense qu’elle peut être performante, mais il reste évidemment pas mal de travail à faire. C’est tout à fait normal avec n’importe quelle nouvelle moto. Pour moi, le plus important est de parvenir à faire fonctionner tous les éléments ensemble : le moteur, les suspensions, l’équilibre du châssis, l’électronique et les sensations générales qu’on ressent sur la moto. À ce niveau, de tous petits détails peuvent faire une grande différence.
C’est une 350 cm³, puisqu’ils n’avaient développé qu’une 250 cm³. Mais comme je ne peux pas rouler en catégorie MX2, ils m’ont préparé un moteur de 350 cm³ pour pouvoir participer au Grand Prix. L’important, c’est que JHL Moto soit à l’écoute et accepte de faire des changements. Ça facilite beaucoup mon travail, car ça nous permet de tester certaines choses, de leur faire part de nos retours, puis de travailler pour améliorer la moto.
Quels sont les projets du constructeur pour l’avenir ? Ont-ils pour objectif de participer au championnat du Monde ?
Je pense que c’est l’ambition. Évidemment, je ne peux pas parler au nom de JHL Moto et dire exactement quand ou comment ils vont procéder, mais d’après les discussions que j’ai eues avec eux, ils veulent développer le projet. Le Grand Prix de Chine est une étape importante pour eux, car ils pourront faire rouler les motos devant leur public et recueillir énormément d’informations. Et puis, avec un pilote taïwanais, c’est assez particulier ! Ensuite, si tout avance dans la bonne direction, je pense qu’il est possible de voir JHL Moto dans le paddock du mondial MXGP.
Je ne connais pas encore leurs plans précis à ce stade. Ils peuvent aborder les choses de différentes manières. Pour un constructeur qui arrive en Europe, il est surtout très important de s’entourer de personnes expérimentées. Travailler avec une équipe existante ou avec des partenaires européens pourrait donc avoir du sens pour eux.

La Chine semble s’attaquer sérieusement au motocross. JHL Moto, ZXMOTO, Kove, CF Moto. C’est une très bonne chose pour la discipline, non ? Il y a un intérêt énorme en Chine autour du motocross !
Absolument. On peut voir que les constructeurs chinois s’intéressent de plus en plus à l’off-road et au motocross, et cela permet de nouveaux investissements, apporte de la technologie et de nouvelles personnes dans la discipline. Il y a également un marché énorme en Chine. Donc, si le motocross continue de s’y développer, cela pourrait devenir très important. Pour moi, c’est très motivant d’être impliqué dans un projet à ce stade de développement et de voir à quelle vitesse les choses peuvent évoluer.
Tu as roulé sur beaucoup de motos différentes cette année: Honda, Stark, JHL Moto. Doit-on en déduire que tu es un bon testeur ?
J’ai eu la chance de rouler sur beaucoup de motos différentes et de travailler avec différents constructeurs. J’ai donc appris que chaque moto possède ses propres caractéristiques. Lorsque tu fais du testing, tu dois être capable d’expliquer ce que tu ressens et, plus important encore, expliquer ce qui doit être changé selon toi. Il ne s’agit pas simplement d’être rapide sur la moto. Et puis, je n’ai pas de barrière linguistique et j’ai une expérience des différentes cultures qui me permet d’interagir avec des personnes partout dans le monde. J’apprécie vraiment cet aspect du motocross. Essayer quelque chose, donner mes impressions, puis ensuite tester les améliorations lorsque tu montes sur la moto et que tu te rends sur la piste, c’est vraiment très satisfaisant.
Peut-être qu’on te verra rouler sur le championnat du Monde MXGP en 2027 pour JHL Moto ? (rires)
(rires) On ne sait jamais ! Pour l’instant, je me concentre sur le GP de Chine et de là, on verra où on en sera. Mais mon objectif principal reste le World Supercross et je pense pouvoir réaliser une très bonne saison en Supercross et prouver que je peux être l’un des meilleurs dans la discipline.















