Troisième du championnat du monde MXGP en 2025, Glenn Coldenhoff avait fait le choix de tourner la page du mondial cette saison. À 35 ans, le Néerlandais s’est lancé un nouveau défi au Brésil tout en montant sa propre structure afin de continuer à rouler en Europe.
De retour dans le paddock du mondial à domicile, à Arnhem, le pilote Yamaha a pourtant prouvé qu’il n’avait rien perdu de sa vitesse en allant chercher une superbe cinquième place. Autant dire que Glenn a signé une pige particulièrement réussie devant son public. De quoi faire naître une question évidente : après une telle performance, le Néerlandais pourrait-il être tenté de revenir à plein temps en MXGP en 2027 ? La réponse est claire : non.
Depuis son départ du mondial, Glenn Coldenhoff a ouvert un nouveau chapitre dans sa carrière. En plus de son programme au Brésil, le Néerlandais doit désormais gérer sa propre structure sur les courses en Europe.
« Ça a été assez difficile sur le plan technique. Gérer tout ça moi-même a clairement été un gros défi cette année. Mais j’ai beaucoup appris. En même temps, ça a été une belle expérience. J’ai créé un petit groupe de personnes autour de moi et on a réussi à faire fonctionner tout ça ensemble. Quand on voit ce qu’on a fait en GP ce week-end, je pense pouvoir dire qu’on a fait du bon boulot. Je pense qu’on peut être fier de ce qu’on a mis en place, et de ce qu’on a accompli ici, à Arnhem. Ce week-end, l’idée était avant tout de profiter. Pendant 15 ans, je suis passé d’un Grand Prix à l’autre et dans ces conditions, tu n’as pas vraiment le temps de prendre du recul. Je l’ai clairement fait ce week-end. Ça a été un week-end incroyable pour moi. »
Pilote officiel Fantic, Yamaha, GasGas ou encore KTM par le passé, Glenn Coldenhoff se retrouve dans une position bien différente cette année, et doit aborder les épreuves avec une nouvelle approche. Un van, deux motos, le Néerlandais dispute désormais bien moins de courses en Europe et ne suit plus le même rythme que les pilotes engagés à temps plein sur le mondial MXGP.
« Je pense que lorsque tu fais les Grands Prix, que tu pars, que tu reviens, que tu repars sur le GP suivant et ainsi de suite, tu finis aussi par entrer dans un certain rythme, une routine. Et ce rythme, je ne l’ai plus vraiment aujourd’hui. Je ne fais qu’une course par mois, et c’est vraiment différent. »
La saison de Glenn Coldenhoff est loin d’être terminée. Dans deux semaines, le Néerlandais disputera la dernière épreuve de son championnat au Brésil, avec un titre national encore en jeu face à Enzo Lopes. Par la suite, il devra décider s’il prolonge l’aventure Brésilienne alors qu’un guidon au sein du team officiel Yamaha Brésil (Glenn est dans une structure satellite en Amérique du sud cette année) est à prendre.
« Dans deux semaines, j’ai encore une course au Brésil. Je peux encore devenir champion du Brésil. Je suis à six points du leader et il reste une course. Je dois gagner les deux manches, c’est simple. Je le dis comme si c’était facile comme ça mais clairement, ce ne sera pas le cas. Mais je vais faire de mon mieux. Après ça, on verra de quoi sera fait l’avenir. La semaine prochaine, j’ai une réunion avec Yamaha Brésil pour voir si on continue ou pas. Pour l’instant, rien n’est encore sûr. Mais tu sais, j’aime toujours ce sport. Je pense donc que je vais continuer à faire de la moto jusqu’à la soixantaine [rires], ou quelque chose comme ça. Est-ce que je continuerai à rouler en compétition ? Probablement pas, mais je vais certainement continuer à rouler aux Pays-Bas, je pense. »
Cinquième à Arnhem face aux meilleurs pilotes du mondial MXGP, Glenn Coldenhoff aurait pourtant toutes les raisons de se demander s’il n’a pas tourné le dos au championnat du monde trop tôt. Mais malgré sa performance à domicile, l’intéressé ne semble pas avoir la moindre intention de replonger.
« Non, non et non. Je n’ai pas vraiment regretté le mondial MXGP cette année. Physiquement, c’est très difficile. Semaine après semaine, voyager partout dans le monde est épuisant… Au final, tu passes parfois seulement trois jours à la maison pendant la semaine. Avec deux enfants et une femme, ce n’est pas quelque chose que j’ai envie de faire de nouveau, pour être honnête. J’aime ma vie comme elle est aujourd’hui. »
À 35 ans, Glenn Coldenhoff semble donc avoir trouvé un équilibre qui lui convient parfaitement. Toujours compétitif, toujours passionné, mais désormais avec un calendrier et un quotidien bien différents. Aujourd’hui père de deux enfants, le Néerlandais assure malgré tout que sa façon d’aborder les courses n’a pas beaucoup changé.
« Le fait d’avoir une famille et deux enfants n’a pas changé grand-chose pour moi dans ma façon d’aborder les courses. Une fois que tu enfiles le casque et les lunettes, il n’y a qu’une seule façon de réfléchir. Tu ne te concentres que sur une seule chose: rouler. Tu n’as pas vraiment le temps de penser à autre chose lorsque tu roules sur une piste aussi difficile. Donc c’est pareil qu’avant. C’est simplement que, pendant la semaine, c’est un peu plus chargé car je dois aider ma femme par-ci par-là. C’est simplement que le quotidien est différent à ce niveau-là. »
Une cinquième place à Arnhem, à domicile, pour rappeler qu’il est toujours capable de rivaliser avec les meilleurs mondiaux… mais Glenn Coldenhoff n’envisage pas pour autant un retour en MXGP. Le défi brésilien, sa propre structure et une vie de famille plus équilibrée semblent aujourd’hui davantage correspondre à ce que recherche le Néerlandais.
Reste désormais à savoir si Glenn Coldenhoff sera présent à Ernée pour le Motocross des Nations, en octobre prochain. En conférence de presse ce dimanche, Jeffrey Herlings et Kay de Wolf ont tous deux laissé entendre que, s’ils étaient à la place du sélectionneur national, ils choisiraient Coldenhoff pour compléter le trio néerlandais, quitte à le faire redescendre en catégorie 250.
Si la sélection néerlandaise n’a toujours pas été annoncée, difficile de ne pas penser que le sélectionneur attendait peut-être de voir Coldenhoff évoluer à Arnhem avant de prendre sa décision. Et face à Kay Karssemakers — autre pilote susceptible de prétendre à cette place — le choix semble désormais presque évident, à moins de deux mois de l’événement…
















