Après une première saison sur l’Europe 250 avec Maddii Racing Honda, Nicolo Alvisi change d’environnement en rejoignant le team Venum Bud Racing Kawasaki en 2027. Déjà champion d’Europe 85cc et 125cc, l’Italien entend poursuivre sa progression au sein de la structure Française avec une ambition en tête : marcher dans les traces de Valin et Garcia en devenant champion d’Europe 250, avant de monter sur le championnat du monde MX2. Il se prête au jeu de l’interview. Micro.
Nicolo, quel bilan tires-tu de ta première saison sur l’Europe 250 avec Maddii Racing Honda ? Tu as signé quelques top 5 et tu termines le championnat à la sixième place.
Ça a été une saison exigeante pour moi, car je revenais d’une grosse blessure. Je me suis rompu les ligaments du poignet en septembre 2025 et je n’ai pu remonter sur la moto que vers fin décembre, début janvier. Ma préparation hivernale n’a vraiment pas été optimale, et j’ai un peu souffert du manque d’entraînement. J’ai aussi dû m’adapter à une nouvelle moto et à une nouvelle catégorie. Mais, dans l’ensemble, on a bien travaillé avec l’équipe. Ils ont fait tout leur possible pour que je me sente à l’aise et, malgré tout, cette première saison en 250 a été positive.
Quelle a été la principale difficulté lors de la transition de l’Europe 125 à l’Europe 250 ?
Au début, c’était surtout que je devais m’habituer à une nouvelle moto. Il y a aussi clairement plus de très bons pilotes en 250. Les circuits sont les mêmes qu’avant, mais lorsqu’on prend un mauvais départ, il est beaucoup plus difficile de remonter en 250. Cette année, j’ai quand même souffert de mon manque d’entraînement à cause de ma blessure. Il faut aussi que je me développe physiquement, au niveau de la force. Je vais travailler sur ces aspects pour la saison 2027.
Le fait d’avoir un coéquipier comme Maxime Grau, qui évoluait devant en MX2, t’a-t-il aidé à progresser cette saison ?
L’entente avec Maxime, mais aussi avec Elias Escandell, était excellente au sein du team. Ça nous a permis de faire des entraînements productifs. C’était vraiment bénéfique de travailler avec des pilotes plus âgés et plus expérimentés que moi.
Tu as signé avec Bud Racing Kawasaki pour 2027. Au vu des résultats récents de l’équipe avec Valin, Cannon et Garcia, le choix semble parfaitement correspondre à tes ambitions. Qu’est-ce qui t’a convaincu ?
Lorsque l’opportunité de rejoindre le team Venum Bud Racing Kawasaki s’est présentée, j’ai tout de suite pensé que c’était une excellente perspective pour moi. Chez Bud Racing, ils ont démontré qu’ils avaient mis au point une excellente méthode qui leur permettait d’aller chercher de très bons résultats. Il y a manifestement une bonne combinaison entre la moto et l’entraînement, et ça fonctionne chez eux !

On a discuté cette année, et tu m’expliquais que rester en Italie avait été un facteur important dans ta décision de rejoindre Maddii Racing Honda après avoir remporté le titre de champion d’Europe 125 avec KTM. Rejoindre Bud Racing implique de faire beaucoup de changements, de t’adapter à une autre moto et à un nouveau programme.
Au début, c’est vrai que j’étais un peu sceptique. L’année dernière, j’avais choisi Maddii non seulement pour le professionnalisme de l’équipe, mais aussi parce que le team était basé près de chez moi. De cette façon, je pouvais continuer à m’entraîner – en partie – comme je l’avais toujours fait avec mon père, avec une méthode qui m’avait permis d’aller chercher les résultats que j’ai décrochés jusque-là.
Mais par chez nous, on n’a pas de terrains adaptés pour s’entraîner toute l’année dans les conditions qu’exige notre sport aujourd’hui. S’éloigner de la maison, c’était devenu nécessaire pour pouvoir être dans les meilleures conditions possibles. Et Bud Racing était clairement la meilleure option à ce moment-là.
Maddii Racing est un tremplin pour HRC, tandis que Bud Racing en est un pour KRT. Dans quelle mesure les perspectives à long terme ont-elles influencé ta décision de changer d’équipe ?
Dans les deux cas, les liens avec HRC cette année, et ceux avec Kawasaki en 2027, ont clairement beaucoup pesé dans la balance. L’objectif est de pouvoir monter en MX2 dans une bonne équipe, et ces deux structures font partie des meilleures. On a eu une discussion constructive avec Maddii et Gariboldi. La séparation était regrettable, pour eux comme pour moi. Mais avec ma famille, on a vraiment estimé que ce changement était nécessaire pour me permettre de progresser.
Bud Racing possède une solide expérience dans l’accompagnement des jeunes pilotes. Qu’attends-tu de l’équipe et qu’espères-tu que cette nouvelle collaboration avec une structure Française t’apportera ?
J’espère vraiment pouvoir bénéficier de leur expérience. Après autant d’années à collaborer avec la même marque, ils ont forcément approfondi leurs connaissances de la Kawasaki, et ils maîtrisent parfaitement l’aspect technique de la moto; ce qui est particulièrement enviable pour les autres teams. Le fait de pouvoir s’entraîner sur différents types de circuits est également un véritable atout pour eux.

Le communiqué de presse mentionne un contrat de plusieurs années. Beaucoup de pilotes cherchent à monter en MX2 le plus rapidement possible. Il semble que tu puisses évoluer chez Bud Racing pendant – au moins – les deux prochaines saisons, 2027 et 2028. As-tu déjà en ligne de mire un passage en MX2 en 2029 ?
On verra comment se dérouleront les prochaines saisons. On réévaluera la situation avec l’équipe en temps voulu.
Vas-tu participer à un GP l’an prochain en tant que wildcard, ou même partir aux USA pour faire une pige sur l’outdoor à l’image de Garcia et Cannon cette année ?
Ça aussi, il faudra qu’on voit avec l’équipe. Pour l’instant, on n’en a pas encore discuté, mais je suis ouvert à toutes les possibilités !
Tu es déjà champion d’Europe 85 et 125. Ton prochain objectif doit être le titre en EMX250. À ma connaissance, aucun pilote n’a jamais remporté ces trois titres européens.
Gagner, c’est toujours l’objectif, et on va faire de notre mieux pour l’atteindre. Pour 2027, l’objectif sera de faire une bonne saison, de rouler comme je sais le faire. Je pense vraiment que, grâce à l’expérience acquise cette année, je peux viser de bons résultats l’an prochain.
En parallèle de l’Europe, tu participeras également au championnat de France Elite MX2 en 2027, ce qui sera une nouvelle expérience pour toi. Que sais-tu de ce championnat et du niveau en France ?
Ce sera une toute nouvelle expérience pour moi, car j’ai toujours participé au championnat italien, mais ce sera un nouveau défi intéressant. Les circuits français que j’ai pu voir me conviennent plutôt bien, et j’ai entendu dire que le niveau en France était relevé.
Tu vas travailler avec une équipe française et, visiblement, avoir un coéquipier italien. Comment penses-tu que ce nouvel environnement influencera ta préparation ?
Je serai content si mon coéquipier est italien, car ça impliquerait qu’on se connaît déjà. Travailler avec une équipe française, pour moi, ce sera intéressant. D’après ce que j’ai pu constater lors des quelques rencontres que nous avons eues jusqu’à présent, ce sont des personnes chaleureuses et ouvertes, qui feront de leur mieux pour que je me sente à l’aise.














