Maxime Grau s’impose comme l’une des belles surprises de cette saison sur le mondial MX2. Arrivé chez Maddii Racing Honda sur le tard – seulement quelques semaines avant le premier GP en Argentine – le Français abordait le championnat avec une préparation plus que limitée, et des attentes mesurées. Depuis, Maxime Grau s’est imposé comme un régulier du top 10 capable de se mesurer aux meilleurs pilotes factory. Treizième à Lommel ce week-end, Maxime prend une petite revanche sur un tracé qui lui avait laissé un souvenir amer. Micro avec Andy McKinstry.
Maxime, tu es le spécialiste de la terre et des terrains bétons. C’est là que tu obtiens tes meilleurs résultats. Dans l’ensemble, on sent que tu en veux un peu plus à chaque fois. Treizième à Lommel, qui n’est pas ton point fort, c’est une belle progression pour toi.
Oui, même si j’ai fait quelques chutes qui m’ont compliqué la vie dans les deux manches, alors que j’étais sixième, puis neuvième. J’ai pris de bons départs, j’ai presque fait un holeshot en première manche. Je suis très content de ça.
Lommel, ça a toujours été un endroit très particulier pour moi. Je dirais même que c’est la première fois que j’y dispute vraiment une épreuve. La dernière fois que j’ai roulé à Lommel, c’était pour l’Europe 250 en 2022 de mémoire, et je ne me suis même pas qualifié. Je m’en souviens encore: je suis sorti de la piste et, sans mentir, j’ai pleuré. Je m’en souviens encore, ce Lommel a pendant longtemps été une expérience assez difficile pour moi.
Ce week-end, j’avais une bonne vitesse par moments. Sur certains tours, je me sentais bien, mais je n’ai pas réussi à tout mettre bout à bout jusqu’à la fin, c’est un peu dommage. On a encore pas mal de temps pour travailler là-dessus. Je n’ai pas eu énormément de temps cet hiver pour m’entraîner dans le sable, mais maintenant, on va rester en Belgique pendant 6 semaines jusqu’à Arnhem. On va travailler pour essayer de s’améliorer, même si ça reste assez court en soi. On se construit petit à petit.
Quand tu étais chez Nestaan, tu vivais en Belgique. Tu as dû rouler dans le sable à l’époque, malgré les blessures ?
Tout le monde me dit « Tu te souviens quand tu étais chez Nestaan … » Mais malheureusement, je me suis blessé au genou, donc mon passage là-bas avait été très court. J’aimerais pouvoir revenir en arrière, mais maintenant, je vis dans le présent. Je me concentre sur ce qui se passe ici, et maintenant. Là, c’était mon premier vrai GP à Lommel. On s’en souviendra forcément.

Tu as signé pour Maddii seulement quelques semaines avant le premier GP en Argentine. Quels étaient les objectifs pour la saison ? Est-ce que tu te surprends toi-même ?
Oui. Pour être honnête, mon hiver a été très court et je ne me suis pas entraîné comme je l’aurais voulu. Je n’ai pas eu beaucoup de temps, notamment sur la moto, puisque j’ai changé très rapidement pour passer d’une moto à une autre, qui était complètement différente.
On a réussi à faire du très bon travail en peu de temps pour que ça fonctionne, avec de beaux résultats et une belle régularité dans le top 10. Mon meilleur résultat reste celui de la semaine passée à Loket, avec une sixième place. Pourtant, je ne me sentais pas super sur la piste, surtout après ma chute du samedi. Je n’avais pas les meilleures sensations. J’ai fait au mieux, et j’ai réussi à terminer sixième. Donc j’étais vraiment content.
On parle souvent de l’importance de la confiance dans ce sport. Est-ce que tu commences à croire que tu peux réellement te battre avec les gars de devant ? Il y a quelques années, si tu avais vu ces pilotes devant-toi ça n’aurait peut-être pas été le même refrain. Là, tu dois commencer à t’y habituer.
Si Nestaan m’a choisi lorsque j’étais jeune, ce n’était pas pour rien. À 15 ans, j’avais déjà ce type de vitesse lorsque je roulais sur les terrains un peu secs et bétons. C’était simplement une question de temps, de développement.
Aujourd’hui, je me sens en forme et, course après course, j’apprends et je progresse. Les années précédentes, je ne parvenais pas à tout mettre bout à bout. Là, c’est une saison vraiment spéciale pour moi. L’année prochaine, on devrait être bien. J’apprends à chaque épreuve et je me construis progressivement pour la saison prochaine.
Tu dois être content du travail réalisé par l’équipe Maddii Honda. Deux pilotes ont quitté la structure avant le début de la saison. Chez Maddii, ils ont aussi connu une intersaison mouvementée.
Oui, je suis très content. Mais il n’est pas seulement question de ça. Il y a aussi la motivation que tu mets dans ce que tu fais, et le fait de vraiment vouloir y arriver.
Je ne suis pas passé loin d’arrêter, parce que l’équipe dans laquelle j’étais était quasiment sur le point de mettre la clé sous la porte. On n’avait pas beaucoup d’argent pour continuer, donc ce n’était pas simple.
Puis cette opportunité s’est présentée, et on a réussi à assembler toutes les pièces du puzzle. Ensemble, on a fait au mieux. Je suis très heureux de tout le travail fourni de notre côté, mais aussi de celui accompli par le team.

Un mot sur la 250 CR-F. Elle semble performante, tu prends de très bons départs. Tu bénéficies d’un soutien de l’usine ?
Non, pas encore. Tout est fait maison, en quelque sorte.
Au niveau des départs, j’ai toujours été un très bon starter plus jeune. Je suis donc heureux de continuer à performer dans ce domaine.
Je suis aussi très content de la Honda, et je prends énormément de plaisir à rouler avec cette moto. À chaque fois que je roule, je me sens de mieux en mieux.
Tu as des échos pour l’année prochaine ? Être un pilote d’usine, ce serait quelque chose de super pour toi.
Je ne sais pas. Je n’ai pas encore eu de nouvelles. Je sais qu’il y a beaucoup de discussions, mais pour l’instant, je ne suis pas trop au courant. Mon agent ne m’en a pas encore parlé.
Je sais que j’ai quelques options, on verra bien. Pour l’instant, je me concentre sur ma saison, et elle se déroule plutôt bien.
Je veux simplement terminer la saison du mieux possible, et faire de même l’année prochaine !














